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Mondial 1970 : l’envol du bombardier Gerd Müller

Meilleur buteur du tournoi avec dix buts, Gerhard Müller, dit « Gerd » , s’est révélé au monde entier. Artisan prolifique de la troisième place de la RFA au Mundial 1970, le renard des surfaces devenu tigre insatiable, avait pris date pour le futur...

Et de trois qui font sept ! Avec son hat-trick contre le Pérou (3-1) et donc sept buts en trois matchs de poule, Gerd Müller est sur les temps de passage du record des treize de Just Fontaine. Gerd qui ? GERD MÜLLER ! Bien sûr, à 24 ans, l’avant-centre du Bayern Munich n’est pas tout à fait un inconnu, loin de là. Il a déjà été meilleur buteur de Bundesliga en 1967 et en 1969. Et aussi en cette année 1970 : 38 buts et Soulier d'or européen ! Mais lors de cette saison 1969-1970, le Bayern a perdu son titre de champion, remporté par le Mönchengladbach de Günter Netzer, et en Coupe d'Europe (la C1), ce sont les Verts de Saint-Étienne qui lui ont fait mordre la poussière dès le premier tour (2-0, 0-3)... Mais ce que l’on sait moins, c’est le carnage que Müller a réalisé en éliminatoires de ce Mundial 1970, après trois années en pointillé avec la sélection : 9 buts sur les 17 inscrits par la RFA, dont un pion à chaque match. Une perf qui a ravi les supporters allemands. Autrefois, ils chantaient dans les tribunes « U-We ! U-We ! » , à la gloire d’Uwe Seeler, légendaire buteur de Hambourg et du Nationalelf (le Onze national). Désormais, c’est des « Mü-ller ! Mü-ller ! » qui déferlent des tribunes. À presque 33 ans, Seeler, capitaine de la Mannschaft, est l’âme du football allemand. Une icône respectée pour son efficacité, sa longévité et sa compétitivité encore intacte qui l’autorisent à disputer sa quatrième Coupe du monde d’affilée depuis 1958. Problème pour le sélectionneur à casquette, Helmut Schön : qui, de Gerd ou de Uwe, doit-il choisir en avant-centre pour le Mundial mexicain ?

Le foot allemand qui voue un culte biblique aux numéros 9 ne rigole pas sur ce sujet crucial... Alors coach Helmut tranche : il alignera les deux en attaque au Mexique ! Müller jouera pleinement avant-centre, et Seeler un peu plus en retrait. Les médias allemands, toujours prompts à inventer des embrouilles, parlent de rivalité entre Gerd et Uwe. Tout faux, les blaireaux ! « Tout s’est très bien passé, insistera Müller. Contrairement à ce que les gens pensaient, je m’entendais bien avec Uwe Seeler. Au Mexique, nous faisions chambre commune. » La preuve sur le terrain, dès le premier match contre le Maroc, le 3 juin 1970 à León. Menée 1-0 à la mi-temps, la RFA rétablit la situation grâce à Müller. C’est après un petit numéro de jongles pied gauche-pied droit que Gerd a servi Uwe, dont la reprise a fini au fond (1-1). À la 80e, le buteur bavarois a repris de la tête un ballon renvoyé par la barre (2-1, score final). La paire Seeler-Müller a plutôt bien fonctionné. Mais la presse allemande se déchaîne en fustigeant cette victoire étriquée contre le tout petit Maroc ! Sale moment pour Helmut Schön : l’Allemagne (ou du moins, la RFA) ne lui a jamais pardonné la « Honte de Tirana » (Die Schmach von Tirana). En décembre 1967, le sélectionneur trop confiant s’était passé de Seeler, Müller, Beckenbauer et Maier pour affronter la minuscule Albanie en qualifs de l’Euro 1968. Un 0-0 calamiteux avait éliminé la RFA au profit de la Yougoslavie... Pas fou, après le Maroc, Helmut Schön a compris qu’avec ses deux numéros 9, il devait abandonner son jeu direct et vertical pour l’élargir à deux vrais ailiers. Ce seront désormais Hannes Löhr (à gauche) et Reinhard Libuda, techniques et très bons centreurs, qui prendront les ailes tout au long du tournoi afin de pourvoir Gerd et Uwe en bons ballons.


« Dieu pardonne. Moi pas. »


Bingo ! Pour son second match au Mexique, la Mannschaft écrase la Bulgarie 5-2 à León. Et Gerd s’est déchaîné ! Une reprise du droit de près sur un centre de Libuda (2-1), un penalty en force (3-1), une passe décisive pour Seeler (4-1) et un coup de tête canon du pointde penalty sur coup franc de Libuda envoient la Bulgarie par le fond. Vient ensuite le match contre le redoutable Pérou, le 10 juin. En 39 minutes, Gerhard Müller va changer de dimension... Centre de Libuda pour Gerd : après un amorti de la poitrine, il glisse le ballon du droit sous le gardien sorti pour le contrer (1-0, 19e). Sur un centre en retrait de Löhr venu de la gauche, il reprend du gauche aux six mètres, seul devant le but (2-0, 26e). Sur un centre de Seeler côté droit, il reprend très haut d’une tête décroisée du coin des 6 mètres au second poteau un ballon lobé qui finit dans la lucarne opposée (3-0, 39e). Un hat-trick pour une victoire finale 3-1. La légende est en marche ! Müller a marqué du droit, du gauche et de la tête. Malgré sa taille moyenne (1,76m), Müller subjugue par son jeu aérien : timing parfait, détente phénoménale, cadrage de précision et puissance inouïe de ses coups de boule. Son flair devant le but, d’une létalité bientôt légendaire, et son adresse incroyable de flexibilité corporelle indiquent qu’on est bien face à une machine à marquer dans toutes les positions. Prodigieux dans l’anticipation, il est doué d’un sixième sens hors du commun : « J’avais une seconde d’avance sur les défenseurs. J’avais cet instinct en moi dès mon plus jeune âge. Je ne pensais qu’au but. Et peu importait la manière. »

Court sur pattes, affligé de cuisses énormes et de petits bras musclés, un peu bedonnant (il raffole de la kartoffelsalat, patates en salade), il ne paie pourtant pas de mine. Arrivé à 19 ans en 1964 au Bayern (en D2 à l’époque), Gerd, gros garçon joufflu et campagnard de Nördlingen, s’était fait gentiment chambrer par son entraîneur Zlatko Cajkovski : « Qu'est-ce que je suis censé faire d'un culturiste ? » Le « culturiste » a pourtant inscrit 180 buts en 1962-1963 dans l'équipe juniors du TSV Nördlingen... Après dix matchs sur le banc, sous la pression du président Wilhem Neudecker, Zltako-le-comique lui donnera sa chance en octobre 1964 (deux buts face au Freiburger FC). Séduit, le coach baptisera Gerd, Kleines dickes Müller (le petit gros). Étoile offensive de la sainte trinité munichoise (Maïer-Beckenbauer-Müller), il contribuera à la montée du club en Bundesliga 1 en 1965, aux victoires en Coupe d’Allemagne 1966 et 1967, à la C2 1967 et au doublé coupe-championnat en 1969. Le « petit gros » se répandra comme une peste dans toutes les surfaces du monde entier, châtiant impitoyablement tous les Cerbères trop confiants en leur marquage individuel. « Dieu pardonne. Moi pas » , avait-il averti. Son numéro 13 porte-malheur floqué au dos abrégera les présentations, façon Sympathy for the Devil des Rolling Stones : « Please to meet you / I hope you guess my name » ...


« Et ça fait boum ! »


Première de son groupe, la RFA reste à León où elle affronte en quarts l’Angleterre, le 14 juin. La revanche de Wembley 1966 disputée par une chaleur inhumaine démarre très mal, puisque les Anglais mènent 2-0 à la 49e (buts de Mullery et Peters). Heureusement, un tir de Beckenbauer puis une tête renversée de Seeler envoient les deux équipes en prolongation (2-2). Comme il faut un vainqueur, Müller se dévouera à la 108e : centre de Grabowski de la droite, tête de Löhr au deuxième poteau qui volleye le ballon devant le but et reprise en saut de carpe de Gerd à bout portant dans les buts de Bonetti : la RFA est en demies ! Et de huit pour son buteur... C’est une Mannschaft épuisée qui doit se rendre à Mexico afin de rencontrer l’Italie le 17 juin. Gerd Müller a expressément demandé pour toute l’équipe à Helmut Schön de pouvoir zapper une des journées d’entraînement. Mieux acclimatée à l’altitude, la Squadra qui ouvre le score dès la 8e minute par Boninsegna défend son avantage bec et ongles avant de céder à la 90e sur un but de Schnellinger. Il faut jouer la prolongation... En Allemagne, malgré l’heure tardive (00h45 du matin), tout le pays veille devant la télé. Or, après 120 minutes contre les Three Lions, la Mannschaft a encore beaucoup donné pour égaliser. Et après ses deux changements, elle ne peut remplacer Franz Beckenbauer, blessé à l’épaule et qui jouera avec le bras bandé.

Durant cette demi-heure de folie qui vaudra à cette demie d’être nommée « Le match du siècle » , Gerd Müller marque à deux reprises. Bas baissés sur des mollets impressionnants, il plante le but de filou du 2-1 sur un ballon cafouillé par Poletti devant le gardien Albertosi. Puis, à la suite des deux buts de Burgnich et Riva (2-3), il égalise à 3-3 en prolongeant d’une tête en vol plané une tête de Seeler réceptionnée sur corner. Deux buts inesthétiques au possible... Mais qui démontrent un féroce instinct de chasseur et une avidité de charognard que dédaignent tous les autres avants-centres. Gerd commentera son doublé avec une grande sportivité : « J’ai profité de la sortie de Rosato, le stoppeur italien, à la fin du temps réglementaire. Ce fut mon plus redoutable adversaire. Il voulait dévorer l’adversaire. » Rivera marquera pour l’Italie à la 111e, avant que Müller ne négocie mal en toute fin de match un une-deux avec Beckenbauer, rendu furax sur cette action qu’il pouvait concrétiser. C’est fini ! L’Italie vainqueur (4-3 a.p) jouera la finale contre le Brésil.

Müller ressassera longtemps cette défaite : « Si Franz ne s’était pas démis l’épaule, nous aurions gagné ce match. » Lors de la petite finale contre l’Uruguay, Gerd Müller ne marquera pas, mais offrira à Overath le but de la victoire et de la médaille de bronze (1-0). Il décroche le Soulier d’or du tournoi avec dix buts inscrits, soit à trois unités de Just Fontaine. « Je ne songeais pas à battre le record de Fontaine, mais à devancer Jaïrzinho qui en avait marqué sept » , affirmera-t-il plus tard. Auréolé par l’attribution du Ballon d’or France Football de l’année 1970, il est devenu dans son pays Der Bomber der Nation, le bombardier /canonnier national. L’artificier encore plus prolifique explosera les compteurs lors de l’année civile 1972 avec 85 buts (72 avec le Bayern et 13 en sélection). L’ogre barbu marquera quatre des huit buts en finales de C1 remportées par le Bayern en 1974-1975-1976. Surtout, ses buts décisifs en finales offriront à la RFA l’Euro 1972 et la Coupe du monde 1974. Champion du monde, il dit adieu à la Mannschaft sur le total ahurissant de 68 buts pour 62 sélections. Pas mal pour le « petit gros » qui chantait en 1969 sur son petit hit de zizique bavaroise, Dann macht es bumm ! : « Et ça fait boum ! Et ça fait but ! / Et tout le monde crie : Allez Müller ! »

Par Chérif Ghemmour
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