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  1. // Concours – La Coupe de France avec Volkswagen

Moi, arbitre en Ligue Nord-Pas-de-Calais

Cet été, So Foot et Volkswagen vous proposaient d'écrire un article portant sur la Coupe de France. Parmi vos nombreux, et souvent superbes, synopsis, nous en avons retenu trois. Dont celui de Cyrille, qui évoque ses souvenirs d'arbitre.

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Comme chaque dimanche à 15 heures, un bruit strident émane de plusieurs milliers de prés verts éparpillés dans toute la France. Il est synonyme de coups d'envoi d'autant de rencontres de football amateur. La particularité de ces dimanches de septembre/octobre est qu'un week-end sur deux, Dame Coupe de France apporte avec elle surprises, moments festifs, anecdotes en tout genre. En tant qu'arbitre de la Ligue Nord-Pas-de-Calais, je suis désigné sur le match opposant les Cheminots d'Avion (petit club de quartier qui évolue dans les basses divisions du district Artois, dans l'ombre du grand CS Avion) et Biache-Saint-Vaast (ne pas prononcer « Biatch » pour les anglophones) qui joue dans une autre cour, 7 divisions séparant les deux clubs. Pourtant l'incroyable va se produire.

Pleine lucarne


Peu avant la demi-heure de jeu, sur ce qui sera l'un des seuls corners du match pour le petit Poucet, le ballon repoussé par la défense de Biache atterrit dans les pieds d'un joueur d'Avion qui reprend la balle instinctivement... Dans la lucarne ! Il a sûrement dû tenter ce genre de gestes des dizaines de fois à l'entraînement, non sans que le ballon n'atterrisse chez la voisine d'à côté ou dans les carreaux du club house. Toujours est-il que cela fait 1-0 pour le petit club des Cheminots. Quelques minutes après, contre-attaque pour Biache avec son attaquant qui part seul au but, rattrapé par un défenseur local, moins habile que son compère buteur : faute dans la surface sanctionnée d'un penalty, d'une exclusion et d'une égalisation pour les visiteurs. 1-1, il reste une heure à jouer. On se dit que le reste de la rencontre va être une formalité pour Biache. Il n'en est rien.

Il fait beau, il fait chaud dans le Pas-de-Calais en ce dimanche, une fois n'est pas coutume diront les Sudistes. Un de mes assistants se plaint de maux de tête, je suis contraint de le changer à la mi-temps et de faire avec les moyens du bord... Un homme rondelet, la cinquantaine, un fort accent ch'ti (ça ne s'invente pas) se présente aux vestiaires en tant qu'arbitre. Mes assistants le reconnaissent, et faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je repars en seconde mi-temps avec lui, priant fort pour qu'il n'arrive pas de scandales de son côté.

Des expulsions en pagaille


En seconde mi-temps, paradoxalement, Biache faisant face à un public hostile venu en nombre (plusieurs centaines de spectateurs pour un club qui ne doit pas en attirer plus d'une dizaine dans la saison, animaux compris) et dix joueurs vendant chèrement leur peau. Un peu trop d'ailleurs, ce qui vaut une nouvelle exclusion pour un second avertissement à un joueur local, bientôt compensée par une exclusion d'un joueur adverse, ceinturant un Avionnais qui partait au but. 1-1 au bout des 90 minutes, Avion jouera la prolongation à 9 contre 10.

Une tension forte plane alors sur Avion, et tout le monde se met à croire au miracle, à l'impossible. Il n'en sera rien, puisque Biache se décide enfin à marquer : 1-2 puis 1-3, la messe est dite avant la courte pause marquant la fin de la première partie de la prolongation. Le gardien d'Avion reste au sol, lui aussi échaudé par le soleil et la nervosité déployée depuis 105 minutes. En ayant pris soin de vérifier son état, je donne le coup d'envoi de ce qui seront les 15 dernières minutes du match. À la 109e minute, un Avionnais confond adversaire et serpillière et s'essuie les crampons sur le genou d'un Biachois. Nouvelle exclusion. S'en est trop pour le coach local qui ordonne à son gardien de rester par terre et de simuler un malaise. Il savait qu'à sept, nous ne pouvions pas mener la rencontre à son terme. J'en profite alors pour siffler la fin du match. Les joueurs de Biache, eux-mêmes dégoûtés de la situation, me proposent de nous accompagner aux vestiaires. Je décline l'invitation de peur que les spectateurs pensent que nous étions de mèche avec les visiteurs. Erreur...

Doigts dans les yeux


Pour rentrer aux vestiaires, nous devions passer un petit portique et traverser une zone où les spectateurs se massaient. Sauf qu'une fois tous les joueurs sortis du terrain, j'ai compris que les spectateurs n'attendaient plus que nous. Et pas forcément pour nous féliciter. Le cerveau chauffé par les degrés du soleil et de la pression servie à la buvette (Avion n'est la banlieue de Lens par hasard), l'un d'eux perd le nord : il plante ses doigts dans mes yeux. Nous décidons de rester sur le terrain et d'attendre l'arrivée de la gendarmerie, appelée grâce au délégué de terrain du club local. S'ensuivent 45 minutes d'attente avant que trois officiers n'arrivent, alors que plusieurs dizaines de spectateurs continuaient de vider les fûts et accessoirement de nous regarder de manière dédaigneuse.

J'ai alors pu regagner enfin mon vestiaire et commencer la longue rédaction de la feuille de match, du fait de l'arrêt de celui-ci et des différentes exclusions. L'entraîneur d'Avion fait alors irruption dans mon vestiaire avec son capitaine : « Nous posons réserve. Nous étions 8 sur le terrain, vous n'aviez pas à arrêter le match. » J'avais évidemment d'autres soucis en tête comme par exemple la gêne rétro-oculaire qui me perturbait depuis le moment de l'agression. Le président de Biache, seul restant pour signer la feuille et récupérer ses licences, était aussi outré de la requête.

Suspension de terrain et forte amende


J'ai finalement pu repartir tranquillement du stade, soutenu moralement par mes assistants, en direction non pas de chez moi, mais des urgences du CHR de Lille pour un examen ophtalmologique qui, par bonheur, n'a rien détecté. Le lendemain, coup de téléphone du responsable des compétitions de la Ligue, me demandant pourquoi j'avais arrêté le match alors qu'il restait huit joueurs. Ma profession m'a sauvé, puisque je lui ai répondu qu'en tant qu'ostéopathe, je n'aurais pas permis au gardien souffrant de malaise de finir la rencontre.

Le lendemain, nouveau coup de téléphone, cette fois nettement plus réconfortant du coach de Biache que je remercie encore une fois pour avoir pris de mes nouvelles. Il s'est dit désolé de ce qui était arrivé, conscient que si son équipe avait joué à son niveau réel, rien de ceci ne serait arrivé. Au final, les sanctions contre le club ont été lourdes : suspension de terrain, forte amende et deux ans d'interdiction de Coupe de France. Pour l'agresseur, la justice s'en est chargé : 6 mois d'interdiction de stade. Encore un spectateur en moins au stade Bollaert...

À lire : l'article de Thomas, notre premier gagnant

Par Cyrille F.
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