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Milan mangé à la sauce bolognaise

Pourtant bien aidé par un arbitre nullissime, le Milan AC n'est pas parvenu à battre Bologne, cet après-midi, au stadio Renato Dall'Ara (2-2). Les Milanais se retrouvent quatrièmes, à égalité avec la Lazio, et voient l'Udinese s'envoler à la première place, grâce à son succès face au Chievo (2-1). La Juve joue demain soir contre la Roma.

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Parfois, il est écrit que vous ne devez pas gagner une rencontre. Prenez le Milan AC. L'équipe d'Allegri se déplaçait aujourd'hui à Bologne. Un terrain qui lui est plutôt favorable, sachant que les rossoneri s'y sont imposés 3-0, l'an dernier, sans forcer. A y regarder le classement, plus aucun doute à avoir : Milan devait écraser son adversaire, lui qui reste sur neuf matches sans défaite en Serie A, et sur quatre rencontres sans encaisser le moindre but. Et Bologne? Une dix-septième place peu rassurante, à deux points du premier relégable. Or, tout au long de la rencontre, l'histoire semble vouloir tourner en faveur du club de via Turati. Sauf que... Sauf qu'aujourd'hui, un petit malin avait décidé d'écrire l'histoire à l'avance. Non : Milan n'allait pas gagner. Qu'importe les statistiques. Qu'importe le déroulé de la rencontre. Qu'importe l'arbitre. Le champion d'Italie a pourtant eu toutes les cartes en main pour gagner : à commencer par une égalisation immédiate de Seedorf (frappe en lucarne, facile) après l'ouverture du score de Di Vaio. Une réaction qui aurait dû mettre un coup de massue sur la tête des Bolognais. Bah non.

L'équipe de Pioli ne s'est pas démontée, a continué à attaquer, profitant des largesses de la défense milanaise. Peu avant la pause, monsieur Rocchi ignore honteusement une faute de main du même Seedorf dans la surface. « Si j'ai fait une erreur, je m'en excuse » dira à la fin du match l'homme en jaune fluo à un entraîneur bolognais furieux. Non monsieur l'arbitre, vous n'avez pas fait une erreur. Mais bien de nombreuses erreurs. Comme ce pénalty sifflé en faveur du Milan AC, pour une belle simulation d'Ibrahimovic. Ibra, qui n'a aucun scrupule, transforme la sentence. 2-1. Un sentiment d'injustice plane. Il ne dure que 22 secondes : le temps pour Diamanti d'expédier un bolide qui transperce les gants d'un Marco Amelia loin d'être irréprochable. 2-2. Milan se relance à l'attaque, et monsieur Rocchi préfère siffler un hors-jeu inexistant sur Zlatan, alors que le défenseur de Bologne avait touché le ballon de la main. Une erreur de plus. Non. Il était écrit que Milan ne gagnerait pas cette rencontre. Et Milan n'a pas gagné, dégringolant à la quatrième position. Voilà une belle offrande pour la Juve.

La Lazio attend l'Udinese

En revanche, l'Udinese, elle, ne fait pas d'offrandes. Les Frioulans n'en ratent pas une, et se sont encore imposés, cet après-midi, face au Chievo (2-1). Le bilan est parfait : sept victoires en sept rencontres au stadio Friuli cette saison en championnat. Une performance qui permet à la bande de Francesco Guidolin d'être, pendant une nuit, leader de Serie A. Le coach aura beau dire qu'il « joue le maintien » , il ne peut désormais plus se cacher, tant son équipe continue de séduire chaque semaine. L'Udinese peut notamment compter sur un Antonio Di Natale toujours aussi magistral, auteur aujourd'hui de son dixième but en championnat. Une réalisation qui a permis de débloquer la situation après l'heure de jeu, alors que le Chievo était en mode bunker. Di Natale d'abord, Basta ensuite. La formation de Vérone réduit la marque en fin de rencontre par Paloschi, mais cela ne suffit pas. L'Udinese commence à prendre goût à ce fauteuil de leader, et n'a aucune intention de le céder. La semaine prochaine, elle devra aller défendre son rang à Rome, face à une Lazio qui, en cas de succès, lui passerait devant. Les biancocelesti, grâce à leur succès 3-2 sur la pelouse de Lecce, sont ce soir troisièmes, grâce à une différence de buts particulière favorable par rapport au Milan AC. Le choc du week-end prochain sera un véritable révélateur pour les deux équipes.

Oui, car aussi bien l'Udinese que la Lazio ont fait le trou sur le cinquième du classement, le Napoli. Quatre jours après sa qualification en huitièmes de finale de la Ligue des Champions, Naples, visiblement fatigué, n'a pas réussi à faire mieux qu'un nul (1-1) sur la pelouse de Novara. Et encore. Les Napolitains auraient pu perdre, mais ont sauvé les meubles à cinq minutes du terme par Dzemaili, qui a répondu au coup-franc supersonique de Radovanovic. Naples pointe ce soir à sept points du Milan AC, un retard qui va commencer à devenir conséquent et qui ne sera, quoiqu'il advienne, pas comblé avant la trêve hivernale. La Ligue des Champions, c'est bien. Mais encore faut-il se qualifier pour la prochaine édition. Même discours pour Palerme, battu hier soir à domicile par Cesena (0-1), et qui reste bloqué à la sixième place, à huit points du duo Milan-Lazio. Comme lors des saisons précédentes, les Siciliens se montrent bien trop inconstants pour aller titiller les premières positions. Dommage.

L'Atalanta, imbattable à domicile

Finalement, la bonne opération du jour, elle est pour le Genoa. En allant s'imposer sur la pelouse de Sienne (0-2), l'équipe d'Alberto Malesani gratte cinq places et se retrouve huitième, à seulement trois longueurs du Napoli, mais surtout avec un match en retard à disputer contre l'Inter. Le technicien, critiqué après les derniers résultats négatifs, prend ainsi une revanche méritée, et prouve que son Genoa peut, avec un peu plus de bouteille et d'abnégation, réaliser de belles choses dans ce championnat. On aurait envie de dire la même chose de l'Inter. Mais... Mais on ne sait pas. Les nerazzurri ont, certes, obtenu une victoire importante face à la Fiorentina (2-0). La zone de relégation s'éloigne, et l'Inter retrouve une position digne. Mais bon. La manière laisse encore à désirer, malgré les quelques bribes de jeu aperçues face à la Viola. La troupe de Ranieri semble fragile, et donne surtout l'impression de pouvoir prendre une rouste contre n'importe quel autre ténor du Calcio. Massimo Moratti le sait : cette saison très mal engagée ne pourra être sauvée que par quelques achats lors du mercato. N'en déplaise à son portefeuille.

Dans le reste de la journée, Cagliari et Parme ont offert le fameux "match de merde" de la journée, avec un 0-0 tout moche, qui permet juste à chacun de prendre un point au classement. En revanche, c'était beaucoup plus animé entre l'Atalanta et Catania. Un match pour anciens, puisque c'est Legrottaglie, 35 ans, qui a ouvert le score pour les Siciliens, et que l'Atalanta a égalisé par le chauve Tiribocchi, 33 ans. Le nul (1-1) donne un peu d'air à Vincenzo Montella, qui restait sur trois défaites lors des quatre dernières journées, et permet à l'Atalanta de conserver son invincibilité au stadio Azzurri d'Italia, passant même devant la Fiorentina et le Chievo, tous deux battus. Les Bergamaschi, à l'instar du Milan AC, de la Lazio et de l'Udinese, n'ont concédé que deux défaites cette saison. Aucun doute : ce promu là décrochera son maintien à la fin de l'année. Au diable la pénalisation. Ouais, peut-être même que c'est déjà écrit.

Les résultats :

Lecce - Lazio 2-3
Di Michele 12', Ferrario 59' / Klose 28' et 87', Cana 47'
Siena - Genoa 0-2
Rossi 59', Palacio 92'
Inter - Fiorentina 2-0
Pazzini 41', Nagatomo 49'
Palermo - Cesena 0-1

Mutu 64'
Bologna - Milan 2-2
Di Vaio 11', Diamanti 73' / Seedorf 17', Ibrahimovic 72'
Udinese - Chievo 2-1
Di Natale 68', Basta 79' / Paloschi 83'
Atalanta - Catania 1-1
Tiribocchi 71' / Legrottaglie 18'
Cagliari - Parma 0-0
Novara - Napoli 1-1
Radovanovic 70' / Dzemaili 84'
Roma - Juventus, lundi soir, 20h45


Eric Maggiori
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