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Míchel creuse encore

Après une mission maintien bien gérée en fin de saison dernière, Míchel galère terriblement à la tête de Málaga depuis la rentrée. Avec un seul point et aucune victoire en neuf rencontres, l’entraîneur espagnol essuie un nouvel échec et pourrait bientôt quitter la lanterne rouge de Liga.

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Tout avait pourtant bien commencé. Avec son élégant costume-cravate-chemise, Míchel était appelé à jouer les sauveurs par les dirigeants d’un Málaga malade et sérieusement menacé de descente en deuxième division. C’était au début du mois de mars, en 2017. Le club, qui avait déjà connu deux coachs (Juande Ramos, puis Marcelo Romero), pointait en quinzième position de Liga, et la chute semblait inexorable. D’ailleurs, la venue de l’Espagnol ressemblait davantage à un choix de désespoir qu’à une véritable solution. Surtout au regard de la précédente expérience marseillaise du Monsieur. Et puis finalement, au bout de trois résultats médiocres (deux défaites contre Alavés et l’Atlético de Madrid, un nul contre Leganés), les Boquerones se sont réveillés, accumulant six succès et un nul en neuf parties, ramenant même le trophée d’entraîneur du mois à leur manager. Conséquence finale : un maintien obtenu facilement grâce à une onzième place pas dégueulasse.


La grande date de cette opération survie ? Le 8 avril. Ce jour-là, Málaga récupère trois points devant le grand FC Barcelone, qui lutte encore pour le titre suprême. Un 2-0 propre, net et sans bavure qui offre une certaine crédibilité à Míchel. Oui, mais voilà : quelques mois plus tard, alors que les deux équipes viennent de se rencontrer, le score s’est inversé, et l’entraîneur hispanique est désormais raillé de toute part. Lui et ses hommes subissent en effet un début de saison cauchemardesque : zéro victoire en neuf rencontres, un minuscule point arraché miraculeusement contre les Basques de l’Athletic Bilbao (ces derniers menaient encore 3-1 à dix minutes du terme), une défense catastrophique (vingt buts encaissés, pire bilan du pays) et un humiliant statut de lanterne rouge qui alerte sur le futur proche de l’entité andalouse.

« Monsieur Míchel González, vous avez commis des erreurs »


Forcément, l’ancien de l’OM est pointé du doigt. Dès la fin du mois d’août, son président Abdullah Al-Thani le prenait publiquement à partie sur Twitter : « Monsieur Míchel González, vous avez commis des erreurs. » Sur le recrutement notamment, le patron reprochant à son employé d’avoir loupé Javi García (parti au Betis Séville) et d’avoir tenté des paris risqués (Paul Baysse, Esteban Rolón, Diego Rolán ...). Plus globalement, la capacité du technicien à faire changer les choses est remise en cause, et ses mauvaises aventures passées sont replacées sur le devant de la scène. Comme s’il n’avait pas les qualités requises pour stopper la descente aux enfers actuelle de son équipe.

Constat tronqué selon Fabio Celestini, qui a connu Míchel à Getafe et en garde un excellent souvenir : « Quand il est arrivé, on était au bord du précipice. Et on s'est finalement sauvés. L'année suivante, on a fini sixièmes, soit le meilleur classement de l'histoire du club. Preuve que Míchel, qui a disputé la Ligue des champions avec l'Olympiakos et qui a eu quelques résultats avec Séville, peut redresser la situation. » Avec quelles armes ? « C'est un homme qui a joué au Real Madrid pendant quinze ans, et qui a donc énormément de caractère, répond l'entraîneur de Lausanne. Et puis, il sait transmettre des émotions, il est très proche des joueurs. D'ailleurs, à Málaga, ils disent tous qu'ils sont à mort avec lui.  »

C'est pas ma faute à moi !


N'empêche que Míchel est chaque semaine questionné sur son avenir, au fur et à mesure des revers qui s’enchaînent. Avec, toujours, le même genre de réponse et la même philosophie « autruchienne » en conférence de presse. Après une défaite 3-1 contre Las Palmas, par exemple : «  Nous allons sûrement trouver des solutions. (...) C’est une situation étrange. Nous sommes tous responsables. Quand les résultats sont mauvais, on pointe toujours l’entraîneur du doigt. Mais n’allez pas croire que je me décourage ou que je me relâche. J’assume ma responsabilité, mais démissionner ne m’est jamais passé par la tête. Je ne pense aucunement à abandonner les garçons. Ils croient en moi. (...) J’ai connu des situations compliquées. À Séville, à Marseille, à Getafe... Le football est très sympa quand on gagne. Je ne pense pas que la situation soit impossible à redresser. »

Ou après une raclée récoltée à Valence : «  Mon futur ? Je ne crains rien. Ce n’est pas à moi de décider. Mon travail, c’est de me concentrer sur le prochain match et améliorer l’équipe. Je veux aussi élever le moral de mes joueurs qui souffrent. Moi, j’ai le moral intact. » Qu’en dit-on au sein de la hiérarchie, où le bordel règne ? Pas grand-chose de différent. Pour Mario Husillos, le directeur sportif qui s’est exprimé sur la Cadena COPE, le club doit «  penser à des solutions qui n'impliquent pas le limogeage du coach  » , car le Madrilène de naissance reste « un excellent entraîneur  » . Encore faudrait-il le prouver sur une longue durée. Une marche assez haute pour un homme qui se ramasse quand même régulièrement.



Par Florian Cadu Propos de Fabio Celestini recueillis par FC
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