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Mesut Özil, la tête de Turc

Fatigué de devoir s'expliquer après une photo prise avec le président Erdoğan, blessé de voir les critiques teintées de racisme pleuvoir sur lui, Mesut Özil a claqué la porte de la sélection allemande. Ou quand les désillusions sportives ne peuvent plus cacher les malaises sociétaux.

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Le football international a ça de fort et de puissant, mais aussi de réducteur. Il est relié aux symboles, aux déclarations, aux gestes et aux prises de position que peuvent envoyer les membres d’une sélection pour prouver leur attachement et leur dévouement à une nation. Quand Cristiano Ronaldo chante l’hymne portugais avec les yeux rivés sur le drapeau rouge et vert, cela en fait partie. Quand Luís Suárez explique à Antoine Griezmann ce qu’est le « sentiment uruguayen » , également. Quand Zinédine Zidane embrasse sa liquette bleue après son deuxième but face au Brésil en 1998, idem. À l’inverse, chaque écart peut coûter cher, notamment quand ceux-ci émergent en parallèle de questionnements au sein d’une société sur son identité ou d’un contexte diplomatique tendu. Tout ce qu’a pu apprendre Mesut Özil à ses dépens.


On aurait pu lui tomber dessus pour son niveau de jeu, lui qui n’a pas empêché la Nationalmannschaft de couler en Russie. Sauf qu’il n’était pas le seul à ne pas être au niveau cet été. Mais non, si Mesut Özil a annoncé ce dimanche sa décision de se retirer de la sélection, c'est à cause du climat orageux qui traîne au-dessus de sa tête depuis deux mois. « C'est avec le cœur lourd et après avoir beaucoup réfléchi aux récents événements que j'ai décidé que je ne jouerai plus avec l'Allemagne au niveau international tant que je ressentirai ce racisme et ce manque de respect. J’ai porté ce maillot avec tant de fierté et d’excitation, mais ce n’est plus le cas désormais » , a-t-il écrit dans un long document publié sur Twitter et découpé en trois parties distinctes.

Photo bombe


Dans la première, le milieu d’Arsenal est d’abord revenu sur les faits qui lui sont reprochés. À savoir une rencontre dans un hôtel londonien avec le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, aux côtés duquel il pose avec son coéquipier İlkay Gündoğan.



Le tout dans un contexte de campagne électorale en Turquie et de relations germano-turques durcies sur la scène diplomatique. Une courbette fort mal perçue outre-Rhin, où classe politique et Fédération sont alors tombées sur les joueurs d’origine turque, bientôt suivis par l’opinion publique. Rares étaient alors leurs soutiens, même si Angela Merckel et Joachim Löw sont restés solidaires.


Une élimination précoce et une pluie de critiques plus tard, au tour du joueur « aux deux cœurs, l’un allemand, l’autre turc » , de s’expliquer. « Ma mère m’a toujours dit de ne jamais renier mes racines, mon héritage et mes traditions familiales, explique-t-il. Pour moi, faire une photo avec le président Erdoğan n’a rien à voir avec la politique ou les élections, mais relève du respect envers le plus haut représentant du pays de mes parents. Je suis un footballeur professionnel, pas un politicien, et notre rencontre n’est en aucun cas l’approbation de quelconque politique. » Après tout, pourquoi lui en tiendrait-on rigueur quand « la Reine et Theresa May font de même quand elles accueillent Erdoğan à Londres » ?

Özil aus-born


Dans le second chapitre, le natif de Gelsenkirchen déplore la façon dont cette affaire a été instrumentalisée pour s’attaquer personnellement à lui. En plus des partenaires qui lui ont tourné le dos, il accuse les médias d’avoir « essayé de retourner la nation allemande contre lui » , s’acharnant sur « le Turc » plutôt que sur la rencontre entre le bien Allemand Lothar Matthäus et Vladimir Poutine, qu'il cite indirectement en exemple. Enfin, les reproches les plus durs sont dirigés vers le président de la DFB, Reinhard Grindel, qui pour se couvrir après la bérézina allemande a « demandé publiquement des explications sur ces actions et rejeté la faute des mauvais résultats en Russie » sur lui, en dépit du discours bienveillant prononcé quelques semaines plus tôt en privé.



Un couteau dans le dos qui vient s’ajouter au flot de pressions et d’insultes dont il a fait l’objet et qui le poussent aujourd’hui à prendre congé de la sélection. Avec un questionnement aussi légitime qu’amer : et si toute cette histoire était seulement due au fait qu’il soit d’origine turque. « Mes amis Lukas Podolski et Miroslav Kolse n'ont jamais été inquiétés par le fait d'être germano-polonais, alors pourquoi le serais-je en tant que germano-turc ? Est-ce parce qu'il s'agit de la Turquie ? Est-ce parce que je suis musulman ? »

Sous une bonne étoile


Reste que l’Allemagne voit désormais s'éloigner un de ses plus talentueux et élégants joueurs, quand bien même son irrégularité est agaçante. À 29 ans, et malgré les difficultés perçues sur le terrain (et qui peuvent être analysées différemment vu l’ouragan dans lequel il était), le milieu aurait pu être un des cadres de cette équipe pour lui permettre de relever la tête. Mais la bulle enchantée du titre de 2014 s’est évaporée et laisse l’Allemagne à de sombres débats. Le genre de polémiques qui sont estompées dans les moments de gloire et qui resurgissent à chaque crise. La France est passée par là, comme lorsque les joueurs ne chantant pas la Marseillaise étaient désignés comme les responsables des échecs ou quand Didier Deschamps était accusé par Karim Benzema d’avoir « cédé à une partie raciste de la France » . Comme s’il fallait trouver des occupations sordides quand l’ivresse du succès n’a plus d’emprise. Et avec cette affaire Özil, c’est toute l’Allemagne qui ne peut plus cacher sa gueule de bois.



Par Mathieu Rollinger
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