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Messi plonge le Barça dans les bras du Roi

Emmené par un Lionel Messi une nouvelle fois divin, le FC Barcelone succède à lui-même au palmarès de la Coupe du Roi après une victoire contre un Deportivo Alavés valeureux (3-1). Une cerise savoureuse sur ce gâteau barcelonais pour le départ de Luis Enrique.

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FC Barcelone 3-1 Deportivo Alavés

Buts : Messi (31e), Neymar (44e) et Alcácer (45e+2) pour le Barça // Theo Hernández (33e) pour Alavés

L’histoire retiendra que le dernier match de l’histoire du Vicente-Calderón se sera faite sans l’Atlético de Madrid, hôte du stade depuis sa création en 1966. Une année où l’Angleterre devenait championne du monde, où les Beatles offraient à leurs fans un dernier concert en tournée à San Francisco et où l’Argentine subissait un coup d’État initié par le général Juan Carlos Onganía. 51 ans plus tard, les temps ont changé et les classiques divergent. L’Angleterre est championne du monde des transferts à gros sous, Phil Collins poursuit sa tournée Not Dead Yet à Paris le mois prochain et l’Argentine vit sous le joug d’une dictature imposée par un homme : Lionel Messi. Condamnée à 21 mois de prison par la justice espagnole, La Pulga suit sa propre loi dans les faits. Sur le côté droit de l’attaque barcelonaise, Messi reçoit la balle et se défait de cinq joueurs comme des quilles de bowling avant de servir Paco Alcácer pour un strike de qualité. L’arbitre s’apprête à siffler la fin de la première période que le Barça file déjà vers sa troisième coupe d’Espagne consécutive. Merci Messi.

Parole aux gauchers


Le match commence avec l’hymne espagnol, chanté par la moitié d’un stade, sifflé par l’autre. Les forces identitaires se font face en tribunes, comme sur le terrain, où Marcos Llorente, madridista prêté chez Alavés, se heurte au duel aérien avec Javier Mascherano. Le crâne maculé de sang, El Jefecito s’en sort plus sonné que son vis-à-vis et cède sa place à André Gomes. Une triste fin de saison pour l’homme multifonctions des maux blaugrana, qui jouait peut-être là son dernier match sous le maillot culé. Llorente enfile quant à lui un filet à viande sur la tête pour le reste du match et serre les dents mieux que Piqué ne sert le jeu. Sur une erreur de relance, Shakiro offre la possibilité à Ibaí Gómez de faire passer un premier test à Jasper Cillessen. Manchot de qualité, le portier batave manque de peu de faire rentrer la balle dans son propre but après que celle-ci a touché le poteau. Un coup de chaud pour les socios du Barça, que Messi s’apprête à rafraîchir d’un velouté du gauche en une-deux avec Neymar (31e). Où est la concurrence ? Pas si loin.

Deux minutes après cette sublime ouverture du score du quintuple Ballon d’or, Theo Hernández envoie un coup franc létal dans la lucarne du spectateur Cillessen (33e). Alavés fait son retour sur le devant de la scène, et les Barcelonais commencent à s’impatienter, à l’image de Messi, sans cesse pris à partie par la défense basque. Qu’à cela ne tienne, le génie à la barbe rousse va attendre le moment propice pour frapper fort. D’une, il emmène toute la défense adverse d’un crochet du gauche pour servir André Gomes, esseulé côté droit. Le centre de l’entrant, plutôt bon ce soir, trouve Neymar au second poteau pour voir le Més que reprendre de l’avance au tableau d’affichage (44e). De deux, il met au supplice une défense essoufflée avant la pause et punie par la frappe croisée d’Alcacér. Deux buts du Barça en trois minutes, la Messi dite.

Alavés et à l’envie


Mis en confiance par le savoir-faire de son diamant, le Barça se relance dans le second acte sans trop forcer son talent. Un peu à l’image de cette saison, il laisse toujours une once d’espoir à son opposant de revenir dans la partie. Ibaí Gómez envoie un coup franc très tendu juste au-dessus du but. Pas de quoi fouetter un chat, mais de quoi inciter Messi à se mettre à nouveau en évidence. À la suite d'un habile râteau d’Andrés Iniesta, l’esthète argentin adresse un subtil centre à destination de Paco Alcacér non conclu par ce dernier. Revenir avec un titre en Catalogne est une obligation pour le club sous peine de connaître une saison blanche, même si Alavés ne démérite pas. Deyverson oblige Cillessen à un arrêt peu académique devant son but, mais plus le temps tourne, plus les Babazorros commencent à s’inquiéter de voir leur équipe incapable de revenir au score. Non, l’envie ne fait pas tout. Le talent compte aussi. Et Messi le sait mieux que personne.



Par Antoine Donnarieix
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