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Messi, le coup de la panne ?

Avec un seul but en cinq rencontres, la machine Messi serait-elle en crise ? Oui, répondront les statistiques. Non, contestera le bon sens. Malgré une légère baisse de régime, rien d’inquiétant pour l'Argentin et son Barça qui dispose d’autres armes de destruction massive.

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« 我的身体状态还未100%恢复,但随着比赛的进行,我一定会逐渐进入状态 » . Les amoureux du mandarin – et abonnés au réseau social chinois Tencent Weibo – l’ont compris, Lionel Messi n’est pas « physiquement à 100 % » . Après le derby de Barcelone, l’unique message laissé par la Pulga ne pousse pas à l’optimisme. Pas vraiment remis de ses deux gênes musculaires contractées depuis le début de saison, l’Argentin galère à retrouver son rythme de croisière. Un coup de moins bien qui n’occulte pas le meilleur départ de l’histoire du club. Mais qui, période de Ballon d’or oblige, pousse les suiveurs du Barça à s’interroger sur cette « méforme » soudaine. Une fois la question soulevée, les premiers éléments de réponse rappellent que la machine à marquer peut se gripper. Depuis l’arrivée de Gerardo Martino sur le banc, les traitements de faveur lui sont retirés et les joies des rotations lui sont également appliquées. Surtout, avec un Alexis Sánchez en feu et un Neymar à l’adaptation supersonique, le jeu offensif barcelonais ne repose plus uniquement sur sa simple personne. Un bien fou pour le fanion blaugrana et le principal intéressé.

Les choix de Tata

Arithmétiquement, les versions azulgrana de Tito Vilanova et de Tata Martino connaissent les mêmes débuts. Après 12 journées de championnat, ils cumulent tous deux le total de 34 points – l’unique différence est le goal average (+24 pour Tito, +27 pour Tata). Mais, contrairement à l’exercice précédent, ce Barça est un tantinet moins dépendant de son quadruple Balon de Oro. Il y a un an, à la même époque, le génial Messi caracolait en tête du classement du pichichi avec déjà 17 unités au compteur. Cette saison, il n’en est « qu’à » huit. Plus intéressant et significatif, alors qu’il inscrivait 44 % des buts barcelonais l’an dernier – toujours après la première douzaine de journées – ce ratio est redescendu cette saison à 24 %. Des chiffres qui appuient une dépendance moins forte à Lionel Messi. Et qui prouvent que ce Barça version 2013-2014 a retrouvé de sa superbe collective. Les péripéties musculaires (un biceps fémoral défectueux) de la Pulga y sont pour beaucoup, les choix de Gerardo Martino également.

Arrivé sur la pointe des pieds, l’ancien sélectionneur du Paraguay a rapidement mis son effectif au diapason. Premier choix fort de son management, le système de rotation. Adepte d’un roulement de l’effectif, Martino n’hésite pas à faire souffler ses cadres. « Leo n’aime pas sortir, Neymar n’aime pas sortir, Andres n’aime pas s’asseoir sur le banc, Xavi et Cesc non plus, avouait Tata Martino avant d’affronter le Celtic Glasgow. Mais moi, on m’a recruté pour prendre des décisions pour la santé de chacun de mes joueurs. Je dois m’y plier pour que les joueurs soient tous aptes dans les moments cruciaux de chaque compétition. Donc je vais continuer à le faire. » Des paroles aux actes, le boss barcelonais n’a donc pas hésité à sortir Messi en plein match. Une banalité pour bon nombre de clubs dont le Camp Nou avait perdu l’habitude. Malgré son appétit gargantuesque, Messi s’est plié aux nouvelles exigences. Avec un Mondial en ligne de mire, l’Argentin n’a de toute façon d’autre choix que d’écouter son corps, à défaut de regarder ses statistiques.


Un Clásico à droite

Les fulgurances du duo chilo-brésilien ont aussi leur part de responsabilité dans la moindre dépendance du Barça à Messi. Transfiguré, Alexis Sánchez n’apporte pas que ses déhanchés et a déjà claqué autant de buts en trois mois qu’en un an – 12 sous les liquettes barcelonaise et chilienne. Neymar, lui, a mis son monde d’accord. Plus qu’un goleador, l’international brésilien est un passeur fantasque et fantastique. Ajoutez-y le bon début d’exercice de Cesc Fábregas, et une grande diversité des profils s’ouvre à Martino. Pour le premier Clásico annuel, c’est donc un Lionel Messi ailier droit qui s’est présenté face à Marcelo. Un retour aux sources qui, à défaut d’un succès total, peut donner des idées à Martino. Avec un tel positionnement, Messi, moins buteur, serait un chouïa plus au service du collectif. Un collectif qui le dorlote puisqu’en ce début de semaine, les capitaines (Valdés, Iniesta, Puyol) emmenés par Xavi se réuniront avec l’Argentin pour désamorcer tout début de crise de confiance. À l’heure actuelle, seul un but suffirait au bonheur de la Puce. Ça tombe bien, le Milan est sa cible favorite sur la scène européenne.

Par Robin Delorme, à Madrid
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