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Bodmer : « Quand un joueur m’intéresse, je regarde tous ses matchs »

Mathieu Bodmer a raccroché les crampons en juin 2020, à Amiens. Deux ans plus tard, l’ancien milieu de terrain a été nommé directeur sportif du Havre, qui a profité de la trêve estivale pour chambouler son organigramme. Entre ses nouvelles fonctions chez l’actuel deuxième de Ligue 2 et son activité de consultant pour Prime Video, le Normand est un homme très occupé. Qui se retrouve parfois à regarder des matchs pour le moins improbables.

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Ta nomination en tant que directeur sportif du Havre a été annoncée le 20 juin dernier. C’était dans les tuyaux depuis longtemps, ou tout s’est fait rapidement ?
Ça s’est fait rapidement. On a commencé à discuter avec M. Volpe dans le courant du mois de mai, pour exposer notre projet et la manière dont on voyait le fonctionnement d’un club professionnel. Après ça, il y a eu une deuxième rencontre et, aux alentours du 10-15 juin, il a décidé de nous faire entrer au club. Je dis « nous » , parce qu’à mes côtés, il y a Jean-Michel Roussier (nommé président, NDLR), Mohamed El Kharraze (directeur sportif adjoint) et Julien Momont (data analyst).

Accéder à un poste de dirigeant, c’est quelque chose qui te branchait déjà avant même la fin de ta carrière sur les terrains ?
J’avais déjà dirigé le club d’Évreux pendant quatre ans. Je faisais tout en même temps : président, directeur sportif, manager général, DG... Ça m’a donné un petit aperçu de toutes les fonctions, sauf celle de coach, qui ne m’intéresse pas. Rentrer dans un club pro, oui, c’était un souhait.


Qu’est-ce qui te plaît, dans ce rôle de DS ?
Ce qui me plaît, c’est de mettre en place mes idées, ma politique sportive, discuter avec le staff technique qu’on a choisi, avec les joueurs qu’on a amenés, donner leur chance à certains, en relancer d’autres, élaborer une stratégie de recrutement chez les adultes comme chez les jeunes... C’est un travail qui prend beaucoup de temps, mais qui est passionnant.

« Il y a énormément de ressources dans ce club. Seulement, elles ont parfois pu s’endormir pour diverses raisons. »

Comment on s’y prend pour insuffler une nouvelle dynamique dans un club tel que Le Havre, doté d’une riche histoire, mais qui végète en Ligue 2 depuis maintenant treize ans ?
Bonne question ! (Rires.) On essaie de faire avec nos idées, en faisant confiance à un coach (Luka Elsner, NDLR) qui correspond à ma vision du football, en allant chercher des joueurs qui ont une certaine mentalité, en lançant des jeunes du centre, et ainsi de suite. Au quotidien, il faut montrer aux gens qu’on travaille énormément, discuter avec les uns et les autres afin d’inciter tout le monde à tirer vers le haut. Il y a énormément de ressources dans ce club. Seulement, elles ont parfois pu s’endormir pour diverses raisons.

Comment résumer tes trois premiers mois au HAC ?
Très prenants, parce que je n’ai pas encore pris un jour de repos. Mais c’est le début, c’est normal ! Il a fallu aller chercher un staff technique, gérer des dossiers brûlants sur le marché des transferts... Ça a été chargé, mais intéressant.

Mathieu Bodmer avec Nicolas Douchez, l'entraîneur des gardiens du HAC.


Dans quelle mesure as-tu pu mettre ta patte sur le mercato, qui avait déjà commencé lorsque tu es arrivé ?
Les joueurs qu’on a recrutés, soit j’avais déjà joué avec eux par le passé, soit je les connaissais via mon réseau. Grâce à ça, on a évité de partir trop loin. Heureusement, parce qu’il fallait prendre des décisions rapides et avoir une équipe compétitive dès la reprise du championnat.

« Quand nos jeunes joueurs comptent 30 ou 50 matchs avec Le Havre et que des clubs de Ligue 1 font des offres, c'est difficile de les retenir. »

Le HAC est un très bon club formateur, mais il n’arrive pas à garder ses meilleurs jeunes, comme on l’a encore vu cet été avec Isaak Touré (19 ans, Marseille) ou Saël Kumbedi (17 ans, Lyon). Ça doit quand même être sacrément frustrant, non ?
Non, c’est juste qu’on se heurte à des situations contractuelles compliquées et à une réalité financière qui est celle d’un club de Ligue 2. Quand ces gamins comptent 30 ou 50 matchs avec Le Havre et que des clubs de Ligue 1 font des offres, c'est difficile de les retenir. Eux veulent partir, c'est la suite logique. Maintenant, à nous d’anticiper davantage la signature de contrats aspirants ou stagiaires. On doit aussi réussir à inscrire ces jeunes dans un projet, à les garder une ou deux saisons de plus, les faire toujours bien travailler et, à un moment donné, espérer monter en Ligue 1 avec eux pour les conserver plus longtemps.

Humainement, est-ce que c’est compliqué de dire à des joueurs restés pendant des années au club, comme Jean-Pascal Fontaine ou Alexandre Bonnet, que vous ne comptez plus sur eux ?
Ce sont deux cas différents. Jean-Pascal avait décidé de rentrer chez lui (à la JS Saint-Pierroise, à La Réunion, NDLR), il m’avait appelé par courtoisie pour m’expliquer son choix. Alexandre, lui, aurait bien aimé rester. Ce n’était pas la volonté des actionnaires, alors j’ai pris mon téléphone et j’ai assumé mes responsabilités. Ça fait partie du travail, on ne peut pas annoncer que des bonnes nouvelles.


T’attendais-tu à un aussi bon début de saison ?
Honnêtement, non. Il n’y avait pas d’objectif ni de pression particulière, si ce n’est de mettre en place un staff et de construire une équipe compétitive. Les résultats sont plutôt bons (Le Havre occupe la deuxième place après quatre victoires d’affilée, NDLR), ce qui veut dire que les joueurs ont adhéré à la manière de travailler du coach et du préparateur physique. Mais ce n’est que le début du championnat et on a encore du boulot, il nous manque des joueurs à certains postes et on va tenter d’y remédier dans les prochains mois.

« Quand j’ai envie de parler foot à 23h, il faut que je trouve des gens qui répondent au téléphone, et avec Luka, c’est le cas. »

Quelle relation entretiens-tu avec Luka Elsner ?
C’est une super relation. On s’était connus lors de son passage à Amiens. Il n’est resté que quelques mois, mais ça s’était très bien passé entre nous. Alors, quand j’ai eu la chance de rentrer au HAC, c’est Luka que j’ai choisi comme entraîneur. On est très contents du travail qu’il propose. À l’image de son staff, c’est quelqu’un qui ne compte pas ses heures, qui dort et qui vit football, comme moi. Quand j’ai envie de parler foot à 23h, il faut que je trouve des gens qui répondent au téléphone et avec Luka, c’est le cas.



Dans ton équipe, il y a aussi Julien Momont qui, en tant que journaliste, s’était fait connaître pour ses analyses tactiques. Qu’est-ce qu’il t’apporte, concrètement ?
Avec lui et Mohamed El Kharraze, on est trois dans le même bureau. Julien, c’est celui qui met en place toutes mes idées. J’en ai beaucoup, toute la journée, et comme je ne suis pas ou peu capable de les transposer sur des logiciels ou d’établir des algorithmes, il fait ça pour moi, en y ajoutant sa réflexion personnelle. Il fait en dix minutes ce sur quoi je passerais peut-être une journée entière, car les ordinateurs, ce n’est vraiment pas mon truc. Donc quand une idée me passe par la tête, je la dis à haute voix, et lui, il la réalise. C’est un gain de temps inestimable. Désormais, le fait d’être au bord du terrain avec nous lui permet de comprendre des choses qui lui échappaient auparavant. Il apprend très vite.

On sait que tu regardais énormément de matchs. Est-ce toujours le cas, ou laisses-tu cette mission à d’autres ?
J’en regarde encore plus qu’avant ! (Rires.) Ça fait partie du travail. Quand le profil d’un joueur m’intéresse, il faut que je regarde tous ses matchs, parfois dans des divisions que je ne suivais pas ou peu. Avant, je n’avais pas forcément le temps. Aujourd’hui, je le fais un petit peu plus.

Par exemple, tu t’es retrouvé devant des matchs de quelle division improbable, récemment ?
(Rires.) J’ai regardé des matchs en Libye !

« Mon activité de consultant me permet d’être au contact des dirigeants de clubs et d’autres staffs pendant le week-end. Sur la fin du mercato, ça s’est avéré très utile pour boucler 2-3 dossiers. »

En parallèle, tu officies toujours comme consultant chez Prime Video. Ce n’est pas trop compliqué de mener ces deux activités de front ?
C’est pour ma famille que c’est un peu plus dur ! Il y a beaucoup de déplacements, de voyages, mais je reste en lien avec Le Havre en permanence, grâce à mon ordinateur portable et à mon téléphone. D’ailleurs, cette activité me permet d’être au contact des dirigeants de clubs et d’autres staffs pendant le week-end. Sur la fin du mercato, ça s’est avéré très utile pour boucler 2-3 dossiers.



Tu veux dire que tu profites de ces déplacements pour Prime afin de lancer ou poursuivre des négociations avec d’autres clubs ?
Bien sûr. Je vois des joueurs, je discute avec des DS, des présidents, des entraîneurs... Je peux avoir des infos sur tel ou tel joueur, connaître sa situation contractuelle, savoir à combien est estimé son prix de vente, si un prêt est envisageable, ou encore s’il y a des joueurs de chez nous qui pourraient intéresser le club en question dans le futur. Bref, on peut commencer à nouer des liens. Et puis, la finalité, ça reste quand même que j’aime beaucoup être consultant.

Tu as commencé ta carrière professionnelle à Caen. Est-ce que certains t’en ont voulu d’avoir pris des responsabilités au sein du club rival ?
Absolument personne. J’ai été formé à Caen, c’est Caen qui m’a lancé en D2, mais c’était il y a vingt ans.

D’ailleurs, l’un de tes fils (Mathéo) est au Havre et l’autre (Timéo) est à Caen, donc de ce point de vue, il n’y a pas de jaloux...
Tout à fait. On est deux au Havre contre un à Caen, ça fait donc 2-1 pour le HAC ! (Rires.)

Propos recueillis par Raphaël Brosse