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Marseille sans forcer

Au terme d'un Classico moyen, Marseille l'a logiquement emporté sur un PSG en bois (3-0). Une lueur pour Didier Deschamps, le début d'une longue semaine de galère pour Antoine Kombouaré, abandonné par ses joueurs...

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Olympique de Marseille - Paris SG: 2-0
But: Rémy (9e), Amalfitano (65e) et A.Ayew (83e) pour l'OM.

"C'est le bon moment pour les jouer", avançait Antoine Kombouaré avant le Classico. Une manière d'assumer le rôle de favori du club de la capitale pour le premier OM-PSG de l'ère QSI. Et comme les Franciliens se faisaient un peu dessus, malgré tout, AK alignait les gros bras d'entrée avec une charnière Lugano-Sakho pour résister à l'ambiance du Vélodrome. Pour le reste, du classique avec un vrai duo de milieux défensifs Sissoko-Matuidi et les quatre fantastiques devant. Paname avance ses cartes. Deschamps, lui, a surpris son monde en titularisant Mbia et Lucho au milieu, pour ne pas bousculer sa charnière N'Koulou-Diawara. Une doublette qui recale Valbuena et Cheyrou sur le banc. La Dèche muscle son milieu avec deux armoires dans l'entrejeu (Diarra et Mbia) et laisse le trio Rémy-Amalfitano-Ayew faire mumuse avec la défense francilienne. Au coup de sifflet final, c'est Didier Deschamps qui lâche un sourire après la victoire 3 à 0 d'un OM solide, efficace et tactiquement impeccable. En revanche, ça devient délicat pour le PSG qui vient de prendre un seul petit point en trois matches. Sans parler des nombreuses faillites collectives.

Le ton est donné très vite avec un Sissoko balancé par Lucho. L'OM affiche la couleur : défendre bas, laisser la gonfle au PSG et attendre, pour mieux contrer. Une tactique, qui, conjuguée à la grève d'encouragements des locaux, donne un début de match à l'ambiance moribonde. Et puis arrive Loïc Rémy. Sur un délice de centre d'Azpilicueta, Rémy s'interpose entre Lugano, à l'ouest sur le marquage, et Jallet, pour trouver le petit filet opposé de Sirigu d'une tête géniale (1-0, 9e). Sans prévenir, l'OM vient de planter Paname. Scénario idéal. Paris est vexé. C'est le septième pion encaissé par Sirigu dans la première demi-heure. Preuve que Kombouaré n'a toujours pas trouvé sa charnière centrale. Tout l'inverse d'un OM fringant, même Lucho retrouve un peu de touché de balle. Paris est asphyxié, la moindre relance, même dégueulasse, est compliquée. Lugano est en dessous de tout et Marseille enchaîne les corners. Pendant ce temps, Gameiro et Pastore cherchent encore la porte du vestiaire. Une chance pour les visiteurs, Rémy se pète la cheville tout seul et doit laisser sa place à Ayew. La seule éclaircie de cette première demi-heure parisienne. Un immobilisme duquel Momo Sissoko tente de faire sortir son équipe en touchant le poteau de Mandanda sur une belle frappe en dehors de la surface. C'est beau, mais inutile. Mais c'est beau. Il en faut plus pour perturber l'OM qui maitrise bien son match. Sans forcer. Sans s'inquiéter. D'autant que les frères Ayew sont bouillants. Vifs et efficaces, ils martyrisent les latéraux parisiens. Dans les tribunes, Leonardo et les dirigeants parisiens tirent la tronche. C'est sans doute la plus mauvaise première période du PSG. Rien à voir. Rien à manger.

Air Jordan Ayew

Alors qu'on imaginait les Franciliens vexés, ce sont les Olympiens qui rentrent mieux dans cette seconde période. Amalfitano et Azpilicueta continuent leur balade sur le côté droit de la défense parisienne. C'est le moment que choisit Jordan Ayew pour casser les reins de trois Parisiens avant de servir Lucho dans la surface, malheureusement, l'Argentin zappe Amalfitano, seul, à droite de la surface. Marseille est facile. Paris s'enfonce dans le néant. Comme Pastore qui continue de creuser sa tombe, multipliant les pertes de balle. Histoire de ne pas s'endormir, Ayew et Sakho se chauffent, ça fait frémir 5 secondes et puis rien. C'est le moment que choisit Kombouaré pour sortir Gameiro et Pastore, encore en survêtements, pour lancer Erding et Bodmer. Un choix logique, mais couillu de la part du coach parisien. Un coup d'épée dans l'eau. Sur une perte de balle de Matuidi, Ayew lance Amalfitano qui rigole de la défense de Lugano pour fusiller Sirigu d'une frappe croisée du droit (65e). 2-0, c'est plié. Et c'est logique. Paris n'y est pas et n'y a jamais été, transformant ce pseudo choc en un match quelconque, maîtrisé de bout en bout par les locaux. Comme sur le troisième but venu d'un caviar d'Amalfitano qui envoie André Ayew crucifier Sirigu d'une magnifique tête. 3-0, Paris est à poil et n'a même pas d'excuse. Sauf si la faiblesse en est une...

On craignait pour la santé de Didier Deschamps, et force est de constater que les Marseillais ont rendu une copie presque parfaite. Sans être géniaux, les Olympiens ont été appliqués, disciplinés et efficaces. Surtout, les choix de DD se sont avérés payants (M'bia, Amalfitano et Ayew). Tout l'inverse d'un Kombouaré qui a sans doute perdu gros. Mais bon, que peut-il faire ? Les Franciliens ont payé leur indigence offensive et leur passivité défensive où Pastore, Gameiro et Lugano ont été limites, pour ne pas dire nuls. Pour son premier Classico, QSI sort par la petite porte. Il manque un patron dans cette équipe. Les millions ont tout acheté, sauf des couilles. Après 90 minutes d'un match moyen, Marseille se relance, proprement, Paris s'offre une semaine d'acharnement médiatique et Montpellier, bien au chaud, se marre. A juste titre.

Par Mathieu Faure
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