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Marinette Pichon : « Les Lyonnaises sont des machines à gagner »

Autrefois tête d'affiche du football féminin français, Marinette Pichon prend aujourd'hui un grand plaisir à voir sa discipline évoluer, que ça soit par les espoirs mis dans l’équipe de France ou les performances de l'Olympique lyonnais. D'ailleurs, elle sera ce mercredi au micro de France 2 pour commenter la finale de la Coupe de France féminine, opposant les Fenottes au LOSC.

08/05/2019 à 19h
Coupe de France féminine
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Cette finale entre l’Olympique lyonnais et le LOSC paraît sacrément déséquilibrée. Qu’est-ce qui pourrait empêcher les Lyonnaises de filer vers une dixième Coupe de France ?
On a affaire à une équipe qui va disputer sa quatrième finale européenne consécutive et qui a remporté un treizième titre de championnes de France d’affilée... Ça montre la suprématie de l'Olympique lyonnais. Mais lors de cette finale, le seul piège dans lequel elles pourraient tomber, c’est de surfer sur une certaine euphorie. Après, quand on voit leur armada, on peut émettre des doutes sur le fait qu’elles puissent être déstabilisées. Mais les Lyonnaises n’aiment pas être menées au score : elles ont souvent du mal à réagir et se réorganiser pour revenir dans la partie, et c’est une situation dans laquelle elles se sont rarement trouvées. Pour en arriver là, le LOSC devra réciter parfaitement sa partition, à la fois tactiquement et techniquement.

On connaît peu cette équipe du LOSC, car elle a rarement l’occasion de jouer les premiers rôles et est officiellement reléguée en D2 depuis le week-end dernier. À quoi faut-il s’attendre ?
Je n’ai pas particulièrement étudié cette équipe, mais c'est un collectif solide et solidaire. Défensivement, elle encaisse assez peu de buts et a la capacité de jouer ensemble. C’est une vraie équipe. Complémentaire entre les lignes. Après, ça reste un effectif jeune, comparé à Lyon qui fonctionne avec des leaders présentes depuis de nombreuses saisons.



Les Lyonnaises n’ont manqué que deux finales sur 18. Est-ce que cela galvaude un peu cette compétition relativement jeune ?
C’est impressionnant. D’ailleurs, on se demande qui va être en capacité de les arrêter. Aujourd’hui, elles ont la possibilité de signer un triplé championnat-coupe-C1 (ce serait le quatrième de leur histoire, N.D.L.R.) et, en plus de ça, une bonne partie de l’effectif vient alimenter l’équipe de France.


Ça vous impressionne cette capacité à répéter les succès ? Quelles en sont les clés ?
Ce sont des machines à gagner. Clairement, elles sont impressionnantes : elles ont cette soif de gagner peu importe les joueuses qui sont incorporées. À chaque fois qu’une joueuse signe, elle s’intègre et comprend que dans ce club, il faut produire du jeu et gagner. Quand on voit Shanice van de Sanden, quand on voit Dzenifer Marozsán, quand on voit Delphique Cascarino qui est revenue de blessure et a apporté sa plus-value au moment de réintégrer l’effectif, ce sont des joueuses de classe mondiale.

« On aimerait aussi avoir un stade identifié comme ça l’est pour les garçons. On pourrait très bien envisager de jouer chaque année la finale au Parc des Princes, s’il y avait une bonne communication. »
Cette année, la finale est organisée à Châteauroux. Un choix étonnant, puisque sur une année de Coupe du monde, on aurait pu profiter de l’engouement pour attirer les foules dans un plus grand stade et une plus grosse ville, d’autant plus que l’expérience de la Meinau la saison précédente avait été plutôt concluante (12480 spectateurs, un record, N.D.L.R.).
C’est difficile à dire, mais je comprends qu’il y ait une volonté de la Fédération de continuer à assurer la promotion du foot féminin sur l’ensemble du territoire. L’objectif est d’aller à la rencontre des différents publics et de montrer de l’accessibilité. À partir de là, je trouve que ça permet de proposer un match de haut niveau dans une région qui œuvre pour le développement du foot féminin. C’est quelque part une juste récompense aussi. Mais c’est vrai qu’on aimerait aussi avoir un stade identifié comme ça l’est pour les garçons. On pourrait très bien envisager de jouer chaque année la finale au Parc des Princes, s’il y avait une bonne communication. Au Stade de France, peut-être pas, parce qu’on a pas encore cette capacité aujourd’hui, même si on pourrait être surpris.


Cette saison, le football féminin a vu des records d’affluence tomber en Espagne, en Italie et en France (OL-PSG en avril). C’est le signe d’un vrai changement ?
Oui, je pense qu’il y a aujourd’hui un vrai intérêt pour notre football, aussi grâce à une bonne communication. Il y a des égéries dans chaque club. Il ne faut pas comparer les garçons avec les femmes, mais on arrive à produire quelque chose qui rend aujourd’hui ce football attractif. Des gens viennent en famille, ils viennent encourager des joueuses, donc c’est bon signe pour la Coupe du monde, mais surtout l’après Coupe du monde.



Quand vous étiez joueuse, aviez-vous imaginé que votre sport connaîtrait un tel essor ?
Pas forcément à ce point, mais c'est dû à la volonté des différentes instances. Que ce soit les présidents de club, la Fédération, l’attractivité du championnat de France... Tout ça fait qu’à un moment donné, on a une meilleure visibilité, on travaille mieux, on va plus vite, on est dans la volonté de faire vivre le ballon. Et ça, c’est plutôt agréable à voir.

« La Fédération a aussi mis beaucoup de moyens pour développer le foot féminin et on commence à en récolter les fruits. »
À l’époque, vous étiez obligée d’aller aux USA pour connaître des structures professionnelles. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Aujourd’hui, c’est l’inverse, oui. On a vu Megan Rapinoe, Alex Morgan, Hope Solo venir en France. Ça veut dire qu’on a vraiment franchi un palier. Lyon y est pour beaucoup, parce que c'est ce club qui rayonne sur le toit de l’Europe et de France. Maintenant, je pense que la Fédération a aussi mis beaucoup de moyens pour développer le foot féminin et on commence à en récolter les fruits. Il y a 700 000 billets qui ont été vendus pour le Mondial. C’est plutôt bien.


Autre preuve de l'évolution du foot féminin, la disparition des clubs 100% féminins (Soyaux récemment, Juvisy qui a fusionné avec le PFC) au profit de sections féminines des clubs pros. Faut-il le déplorer ?
C’est incontournable aujourd’hui, si le foot féminin veut vivre. C’est indispensable de se rapprocher d’un club qui peut apporter de la solidité dans les infrastructures, les moyens financiers et aussi un ADN professionnel. Soyaux, c’est le club historique de la D1 féminine. Pour ne pas le voir mourir, il faut trouver des solutions et donc se rapprocher d’un club qui a les ambitions d’accompagner ces clubs.

Évidemment, la grosse actualité, c’est la Coupe du monde féminine organisée à domicile. Vous êtes plus impatiente que d’habitude à l’approche de cet événement ?
Sur le plan sportif, j’attend une performance de l’équipe de France. La fête populaire va forcément être liée aux résultats des Bleues. Sur l’aspect technique, il est toujours compliqué d’aborder une compétition majeure surtout quand on en est le pays hôte. Il va falloir gérer le contexte, mais je fais confiance aux joueuses et au staff de Corinne Diacre pour gérer cette pression. Après, il n’y a plus qu’à. Il faut prendre du plaisir. Ce n’est pas rien une Coupe du monde sur son territoire. Tous les éléments sont réunis pour que ça soit une belle Coupe du monde. J’espère que ça suscitera des vocations auprès des jeunes et moins jeunes.

Vous avez joué avec Corinne Diacre, ça vous fait quoi de la voir aujourd’hui sélectionneuse ?
Ça a toujours été quelqu’un qui a été leader au sein d’un groupe sur le terrain. La voir sur un banc en une zone technique, ça ne me surprend absolument pas. Elle a montré toutes ses capacités et ses compétences quand elle était à la tête des garçons de Clermont Foot.


« Il y a une mixité générationnelle au sein de cette équipe de France qui fait que la pression n’est pas toujours évidente à gérer. On peut avoir peur de se trouer. »
Cette pression, aussi exacerbée, c’est quelque chose de nouveau pour cette sélection ?
C’est difficile de savoir si les joueuses seront boostées par ça ou inhibées. Ça dépend de chaque individu. Moi, je sais que ça me transcenderait de savoir que je joue chez moi devant mon public et qu’il ne peut rien m’arriver. Mais une fois encore, il y a une mixité générationnelle au sein de cette équipe de France qui fait que ce n’est pas toujours évident à gérer. On peut avoir peur de se trouer.

Vous qui avez mis un pied dans le monde des médias, trouvez-vous que le football féminin est correctement médiatisé ?
C’est compliqué, parce qu’on se plaignait toujours de ne pas être assez suivies médiatiquement. Aujourd’hui, on l’est plus. On sait très bien qu’il nous faudra des résultats pour entériner ça. Et c’est sur le terrain que l’on prouve l’évolution de la pratique. Aujourd’hui, on va être diffusées sur TF1, M6, Canal... Je crois qu’on a atteint un certain niveau de reconnaissance. Après c’est comme le soufflé au fromage. Il ne faut pas avoir peur d’ouvrir la porte du frigo, pour être sûr que ça ne va pas retomber. Tout simplement.

Un des enjeux médiatiques n’est-il pas que les gens puissent suivre le foot féminin en dehors des gros événements (Coupe du monde, JO) ?
Exactement. Il faut entériner très clairement ce qui a été réalisé. On a besoin d’une grosse performance de l’équipe de France pour asseoir définitivement la médiatisation autour du foot féminin. Propos recueillis par Mathieu Rollinger