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Manu Vasseur, talent gâché

Meneur de jeu génial du grand Calais, Emmanuel Vasseur planait au printemps 2000, sa vista et sa patte gauche flanquant notamment des maux de crâne à Christophe Dugarry et Bordeaux en demi-finales de Coupe de France. Issu d’un milieu populaire, ce pur n°10 était destiné à rejoindre le monde professionnel après l'épopée du CRUFC. Les agents ont débarqué, les propositions farfelues et les choix foireux aussi. Vingt ans plus tard, Manu gère un PMU dans sa ville de toujours, mais fait encore des misères sur le terrain, à presque 44 balais. Entre deux clopes et une commande de cuisses de canard, Emmanuel Vasseur revient sur ce qu'il aurait pu être. Ce qu'il aurait dû être.

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Clope au bec, veste de Liverpool sur les épaules, main dans la poche, Manu Vasseur est tranquille quand il ouvre la porte de son repaire, son PMU. Rue Duguay-Trouin, à Calais, encastré entre un cash and carry et le géant des câbles numériques sous-marin, Alcatel Submarine Networks (440 emplois), le quadra nordiste est à la tête du bistro depuis cinq ans avec sa femme Betty, jamais la dernière pour charrier : « Je suis bien ici, le contact avec les gens, j’adore ça. On discute pas mal de foot. Des anciens du CRUFC passent souvent. Et puis au moins je ne suis pas dehors dans le froid. » Confinement oblige, les interactions sont limitées, un film plastique a été dressé, mais le Calaisien gère en bon père de famille. Exit les nuits à se les geler au tunnel sous la Manche, exit aussi la peinture dans le bâtiment où il cravachait à l’aube de l’an 2000. Le jour à retaper un mur, le soir à enchaîner les crochets du gauche et la distrib’ de caviars sur le terrain annexe du stade Julien-Denis. « C’était la grande époque » , lâche-t-il après une commande de cuisses de canard et de vol-au-vent pour le lendemain. L’époque où, l’espace de quelques mois, Calais chassait tour à tour Lille (D2), Cannes (D2), Strasbourg (D1) et Bordeaux (D1) de la coupe. L’époque où Manu Vasseur excellait en retrait de l’attaquant de pointe Mickaël Gérard. Celle où Ladislas Lozano, l’entraîneur maritime, en avait fait son électron libre par excellence.


« J’étais très exigeant sur le repli défensif de chacun, décrypte le technicien. Mais j’ai presque accepté que Manu n’ait pas à faire ça. C’était rarement lui qui faisait la passe décisive. Il pouvait se dégager de deux, trois joueurs, puis servir parfaitement un équipier qui lui faisait la dernière passe. C’est un mec qui ne perdait pratiquement jamais la balle. » En quart devant Strasbourg, Fabrice Ehret perd patience, idem au tour suivant avec Christophe Dugarry, déjà excédé à la mi-temps dans les couloirs de Bollaert. Directeur des sports de Radio France, Jacques Vendroux a encore à l’esprit ce minot de 23 ans « avec un volume physique énorme. C’est quelqu’un de très gentil, bienveillant, mais qui était un battant sur le terrain, un meneur avec des qualités techniques hors normes » .

Entraînement séché, concours de pétanque gagné


Pourtant, deux ans plus tôt, Lozano l’avait éjecté du CRUFC. « Je n’allais pas toujours aux entraînements » , admet, pas vraiment fier, le milieu de terrain qui s’était réfugié à Gravelines en CFA2 et avait perdu sa mère à seulement 17 ans. « Un jour, développe Lozano, je décide de l’envoyer en réserve avec deux-trois joueurs pour maintenir l’équipe. Manu n’est jamais venu. Il ne s’explique pas, et le lendemain, je vois dans le journal qu’il a remporté un concours de pétanque au lieu d’aller jouer. Je ne pouvais pas laisser passer ça. » Bien plus mûr à son retour en 1999, accompli au sortir de la finale perdue devant Nantes (1-2), toujours habitué à la pause clope et la bière de veille de match, parfois aux sorties au 555, le night-club de référence à Calais, on lui prédit le meilleur. Les dorures du grand monde l’attendent, le banquet des professionnels doit lui filer un strapontin. « Bernard Placzek (Calaisien et illustre défenseur du RC Lens, N.D.L.R.) me met en relation avec un agent, Romain Arghirudis, avec qui il avait joué à Lens. » Manu Vasseur ne signe pas de contrat, mais accepte de « voir ce que ça peut donner » . Cannes, Niort, Laval toquent à la porte, Den Bosch aux Pays-Bas aussi, « un club que je ne connaissais même pas. On est allés y voir un match et visiter les installations avec Micka (Gérard), mais on n’a pas accroché. » Avec l’AS Cannes, le deal est posé. Cinq années de contrat, une rémunération progressive, « environ cinq fois mon salaire de l’époque (qui était d’environ 6 500 francs par mois). Je venais de perdre mon ancienne belle-mère, je n’étais pas très bien, j’ai préféré refuser. Mais à ce moment-là, avec toutes les propositions qui déboulent, je crois vraiment que je vais devenir pro. »

Salaire multiplié par dix à Leyton Orient !


Finalement, il rempile en quatrième division (CFA) à Calais, comme l’ensemble de ses compères finalistes. Il faudra attendre décembre 2000 pour qu’il daigne enfin prendre son baluchon. Direction l’autre rive de la Manche et Leyton Orient, au sud de Londres, en D3. Ladislas Lozano parle d’une trahison, évoque vingt ans plus tard surtout « la manière dont ça s’est déroulé » et le principal intéressé de revenir sur une démission posée le soir de la Saint-Sylvestre : « Leyton Orient m’avait déjà approché depuis quelques mois. Quand ses dirigeants sont revenus à la charge, j’ai dit banco. » Un an et demi de contrat à 70 000 francs par mois, pas question de faire la fine bouche. Mais hormis la qualité des pubs, le métro et la possibilité « de jouer à midi et d’aller voir un autre match ensuite » , Manu déchante. « C’était de la boucherie, que du physique, pas de football. À l’entraînement, ça allait, mais en match, c’était très compliqué. Je fais 1,71m, il n’y avait que des gaillards d’1,90m. C’était deux-trois passes et boum. » Six mois après, il retraverse le détroit dans l’autre sens pour revenir à Calais en National, « à la maison » . Été 2002, le Cannes de Bernard Casoni reprend de ses nouvelles. « J’y vais faire un essai, je dois signer, mais le club est interdit de recrutement. » Direction le Racing Club de Paris avec Jean-Guy Wallemme, « mais en fin de saison, il y a dépôt de bilan » , puis Perpignan, relégué administrativement en DH peu après l’officialisation de son contrat. Il passera deux saisons en Catalogne sous les ordres de Michel Sánchez, mais l’Orient Express est passé...

« Il était de la trempe de Franck Ribéry »


« Il a réalisé en partie son rêve en allant en finale de la Coupe de France, puis a joué en Angleterre quelque temps, poursuit Jacques Vendroux. Ce n’est pas non plus un martyr de la société. Mais c’est vrai qu’avec ce talent qu’il avait, c’est du gâchis. Il était de la trempe de Franck Ribéry. » Même Guy Roux, un soir de janvier 2005 en 32es de finale de Coupe entre Calais et Auxerre, y met son grain de sel
« C’est à s’en mordre les doigts jusqu’au coude qu’un garçon comme lui ne soit pas devenu professionnel. » Guy Roux
: « C’est à s’en mordre les doigts jusqu’au coude qu’un garçon comme lui ne soit pas devenu professionnel. » Ladislas Lozano martèle « qu’il aurait dû avoir une autre vie. Il avait sa place au haut niveau. Mais il faut aussi avoir le coup de pouce du destin pour réussir, ce qu’il n’a pas eu. » Difficile de mesurer ce que pense au fond de lui Manu, qui jure toutefois qu'il vit sans le moindre regret. « À mon niveau, j’ai fait la carrière qu’il fallait, je ne regrette pas trop, j’ai joué en National, dans un championnat où on jouait contre Toulouse, Brest. À chaque fois que je revenais à Calais (il effectuera un dernier séjour au CRUFC entre 2008 et 2014, N.D.L.R.), je n’avais rien perdu, c’est mon club de toujours, je connais beaucoup de monde ici, je ne voulais pas décevoir les gens. »

En septembre, il plantera 44 bougies dans le gâteau d’anniversaire et ses crampons seront toujours dans son sac. « Je vais rempiler pour une saison encore au Fort-Vert (D1 près de Calais, N.D.L.R.). Je ne m’entraîne pas la semaine à cause du boulot, mais j’arrive encore à tenir 90 minutes, même s’il me faut trois jours pour m’en remettre. » Depuis cinq ans, Betty entend chaque année, « "j’en ai marre, je vais arrêter", mais à chaque fois il continue. Il ne peut pas s’en passer » . « Je n’ai jamais pris le foot trop au sérieux, admet Manu. C’était juste du plaisir. Certains diront que j’ai gâché beaucoup de choses, je le pense un peu aussi. Si je dois en vouloir à quelqu’un, c’est bien à moi. Mais je ne pense pas que je laisserai une image négative. Nous avons apporté du bonheur aux gens. Je suis une personne simple. » Au même moment, un client entre dans le bistro. « Tu reparles encore de l’épopée 2000 ? C’était énorme ce que vous nous avez fait vivre, hein Manu ? » Une journée comme une autre dans la vie de Manu Vasseur.

Par Florent Caffery, à Calais
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