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Mais qui es-tu, Markus Weinzierl ?

Augsburg-Liverpool, ce sera certes David contre Goliath, mais ce sera avant tout un duel entre tacticiens. D'un côté, Jürgen Klopp, qui a déjà prouvé ce qu'il savait faire. De l'autre, Markus Weinzierl, qui fait des merveilles avec le FCA et qui est d'ores et déjà promis à un grand avenir.

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Belgrade, le 10 décembre dernier. Sur la pelouse du Partizan, Raúl Bobadilla inscrit un troisième et dernier but en toute fin de rencontre et offre une qualification inespérée au FC Augsburg pour les 16es de finale de la Ligue Europa. Inespérée, parce qu'il s'agissait de la première campagne européenne de l'histoire du FCA. Un club qui s'est coltiné le Partizan donc, mais aussi l'Athletic Bilbao et l'AZ Alkmaar, et qui, suivant son credo « In Europa kennt uns keine Sau » (Personne ne nous connaît en Europe), a réussi à s'en sortir. Un club modeste qui jouait encore en Bayernliga (4e division), il y a une quinzaine d'années et qui fréquente la 1. Bundesliga depuis quatre ans seulement.

Parce qu'on vient de loin


L'histoire est belle. Et si elle a pu être écrite, c'est en grande partie grâce à un homme : Markus Weinzierl. Tout comme le FC Augsburg, Weinzierl vient de très loin. Défenseur moyen, il a porté entre 1995 et 1999 la tunique du Bayern Munich, sans parvenir à fouler la pelouse de l'Olympiastadion pour autant. Celui qui est originaire de Basse-Bavière fera l'essentiel de sa carrière aux deuxième et troisième étages du football allemand – dans des clubs du Sud du pays – et en 2005, quand il décide de raccrocher les crampons, il choisit d'embrasser la profession d'entraîneur. Dès 2006, il apprend le métier en tant qu'adjoint au SSV Jahn Regensburg (son dernier club en tant que joueur), avant d'en prendre les rênes en 2008. « C'est fort ce qu'il a fait là-bas, avec si peu de moyens » , raconte dans les colonnes de 11Freunde l'entraîneur Stefan Krämer, qui a passé ses diplômes en 2010/11 avec Weinzierl. « Il savait exactement ce qu'il voulait : un pressing du milieu, où chacun savait ce qu'il avait à faire, pour pouvoir vite récupérer la balle et aller rapidement de l'avant. » Une recette qui fonctionne, puisque le SSV Jahn Regensburg se maintient en 3.Liga avant de connaître les joies de la montée à l'issue de la saison 11/12.

La montée en puissance


Ces performances n'échappent pas à Augsburg, qui a besoin d'un coach, à la suite du départ de Jos Luhukay, malgré la montée. Weinzierl et ses idées arrivent donc à l'été 2012. Seulement, ça ne fonctionne pas très bien au début. Lors de la Hinrunde 2012/13, le FCA ne récolte que neuf points. Pas grave : les dirigeants continuent de faire confiance à leur jeune entraîneur (38 ans à l'époque), et décident même de lui ramener un manager ambitieux : Stefan Reuter. Ensemble, les deux hommes vont parvenir à motiver leurs troupes et assurer le maintien du club. Et la saison d'après, la folie commence. Tel un bon chineur, Reuter réussit à attirer de bons joueurs à moindre prix. Weinzierl, lui, continue de s'appuyer sur son 4-1-4-1 bien huilé et parvient à faire terminer Augsburg à la 8e place, aux portes de l'Europe.

Ce n'est que partie remise : malgré le départ de joueurs importants (Ostrzolek, Hahn...), Augsburg ne faiblit pas. Mieux : le club des Souabes de Bavière progresse. Sans doute perturbés par l'hymne du FCA, des clubs comme Gladbach et Wolfsburg mordent la poussière à la WWK Arena. Augsburg s'autorise même quelques victoires de prestige chez les deux Borussia et à Munich, et finit l'exercice en 5e position. Une place surprenante, mais qui fait tellement plaisir, tant cette équipe apporte de la fraîcheur et envoie du rêve. Quant à Weinzierl, sa cote ne cesse de grimper. À l'heure actuelle, il est l'un des entraîneurs les plus jeunes de Bundesliga, et celui qui est le plus longtemps en poste au sein d'un même club. Et tant pis si les résultats en championnat ne suivent pas cette saison : Gladbach a pensé à lui pour remplacer Lucien Favre, démissionnaire. Le RB Leipzig aimerait bien l'avoir sur son banc l'année prochaine, en cas de montée. Bref, si personne ne connaît Augsburg en Europe, l'Europe apprendra bientôt à connaître Markus Weinzierl.

Par Ali Farhat
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