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Mais qui es-tu le buteur de L2 ?

Jean-Pierre Orts, Didier Monczuk, Amara Traoré, Robert Malm, Jean-Michel Lesage… Ces gloires de deuxième div’ sont nombreux à avoir claqué à ce niveau sans réussir à faire autant une fois dans l’élite. Est-ce à dire qu’il y a des attaquants propres à la L2 ?

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La victoire du Stade de Reims sur Lille (2-1) du 12 janvier a fait plaisir en Champagne, saluant la perf' du collectif d'Hubert Fournier. Malgré ces fleurs lancées, l’attaquant Gaëtan Charbonnier a quand même eu le droit de se faire tailler un petit costard par le chroniqueur de RMC, Daniel Riolo, pour qui le grand blond est « un attaquant de L2, il n’y a pas de honte à dire ça » . Pas de honte vraiment ? Si Charbonnier l’a entendu, pas sûr qu’il soit de cet avis. Pour autant, à la question de savoir s’il existe des renards plus adaptés que d’autres à la L1 ou à la L2, les archives et les statistiques de l’antichambre fournissent une première indication. Parmi les « top-scorers » du championnat des villes qu’on ne sait pas situer sur une carte de France, figurent en effet une chiée de joueurs ayant planté à la pelle à ce niveau, sans jamais trop en faire de même en D1 ou L1, selon l’époque. Tout en haut, on retrouve une figure des années 80 et 90 Jean-Pierre Orts (ex-Montpellier, Lyon ou Rouen), un mec qui a enfilé 182 filoches en quelque 300 parties de D2, mais seulement 9 en 60 matchs D1.

Un cas de figure qui en rappelle d'autres, toutes époques confondues. Jugez plutôt avec le neuf et demi du Red Star, Samuel Michel (135 buts en D2, 2 en D1), le père de Nolan, Bruno Roux (124 buts en D2, 8 en D1), l’ancien Strasbourgeois Didier Monczuk (123 buts en D2, 24 en D1), le plus sénégalais des Forgerons, Amara Traoré (119 buts en D2, 16 en D1), le consultant de beIN Sport Robert Malm (100 buts en D2, 2 en D1) ou, plus près de nous, le Guingampais Cédric Fauré (101 buts en L2, 13 en L1) ou le Cristollien Jean-Michel Lesage (68 buts en L2, 11 en L1). Encore plus fort, l’actuel avant-centre du Gazélec Ajaccio Jean-François Rivière (79 buts en L2) ou l’illustre gloire du Stade Lavallois Guilherme Mauricio (119 buts en D2), malgré des totaux plus que respectables, n’ont jamais connu les joies d’un déplacement télévisé au Parc des Princes ou au stade Vélodrome, un dimanche soir à 21 h. Autant de destins qui donneraient du grain à moudre à l’hypothèse d’un type de buteur plus taillé pour l'étage d'en dessous.

« Pas une insulte  »

Une hypothèse validée sans hésiter par deux des joueurs cités ci-dessus. Actuel coach adjoint dans le club phare du 93, Samuel Michel, passé aussi à Caen, Sochaux, Guingamp ou Niort, n’a en tout cas aucun problème avec ce genre d’étiquette : « J'assume le statut d'attaquant de L2, ça me va bien. Je crois vraiment qu’il y a des garçons plus aptes que d'autres selon le niveau. En L2, le mec qui sent le but mais quand même un peu moyen, il peut s’en sortir. Au-dessus, c’est autre chose… » Autre témoin à abonder dans ce sens, Bruno Roux, ancien de Beauvais, Le Havre et Châteauroux : « La deuxième division, c’était mon niveau. J’ai pu tenter ma chance au-dessus, au Havre ou à Paris, après ma saison comme stagiaire en D3. Mais j’ai senti à chaque fois un net écart. Surtout au niveau des gardiens de but.  » Coach emblématique de cet échelon pour avoir écumé ses bancs de touche durant plus de vingt saisons, Victor Zvunka penche aussi pour ça. « Ça ne me gêne pas qu’on qualifie quelqu’un d’attaquant de L2. Il faut être objectif quant à ses qualités et sa capacité de s’adapter. La L1 et la L2 sont bien différentes pour les attaquants. Tout en haut, le marquage est beaucoup plus serré, et défensivement, c’est vraiment pas mal chez les dix premiers. Les passes y sont aussi plus rapides, il y a moins de temps pour dribbler ou enchaîner un contrôle. Ce sont des petits détails... Un buteur marquera toujours, mais au lieu d’en mettre 10 ou 12 en L2, il en restera à quelques-uns.  »


Guilherme Mauricio n’a pas eu cette opportunité, lui qui n’a jamais été appelé à faire partie du gratin par quelconque club : « C’était plus compliqué à notre époque de se défaire de cette image de buteur de D2. Et peut-être que les moyens financiers de cette période permettaient plus au club d’aller rechercher à l’étranger, plus qu’à l’heure actuelle où on explore davantage les divisions inférieures. Mais je n’ai aucun regret sur mon parcours, il y en a beaucoup qui restent sur le carreau. » Si on peut souligner la modestie de celui qui évoluait encore en CFA2 l'an dernier avec la Vitréenne, Victor Zvunka, qui l'a eu sous ses ordres à Laval, estime qu'il aurait pu, ou dû, partir quand la progression était encore possible : « Lorsqu'un attaquant, comme ce fut le cas avec Guilherme (Mauricio), est en réussite, il doit essayer de viser plus haut avant ses 25 ans environ. Après, c'est plus compliqué... (...) Et il faut aussi arriver dans un club en adéquation avec ses capacités et où on puisse s'exprimer dans son registre et malgré la concurrence. » Une référence valable par exemple pour Jean-Michel Lesage qui, lorsqu'il est arrivé à Auxerre en provenance du HAC, évoluait sur un couloir et non dans un registre d'électron libre plus propre à ses aptitudes techniques, sa patte gauche et son côté roublard.


Un profil idéal pour la Ligue 2 ?

Reste une question en suspens : existe-t-il un profil type pour faire trembler les filets des stades Gabriel-Montpied ou Parsemain ? Tous sont catégoriques : c'est non ! Samuel Michel s'explique, avec un comparatif avec ses compères goleadors des années 1990. « Robert Malm usait de sa vitesse et de sa percussion, Guilherme Mauricio aussi. Amara Traoré faisait, lui, avec sa puissance. Et personnellement, j'étais plus à l'aise en neuf et demi, je tâchais de faire avec mon intelligence de jeu. » Bruno Roux aussi se rappelle ses années fastes et de ses concurrents au classement des buteurs, dans les années 80 : « Personnellement, j'étais petit et bagarreur, j'avais de la détente et de la puissance. Je marquais essentiellement dans les 18 mètres. Monczuk et Orts avaient beaucoup plus de percussion. » Guilherme Mauricio adhère : « Bruno (Roux) marquait de la tête à tout bout de champ. De mon côté, disons que j'étais plus malin, avec toujours une part de réussite. » Un parallèle valable au XXIe siècle. Pas besoin de s'appeler Alex Dupont pour se rendre compte que Cédric Fauré, David Suárez ou Jean-Michel Lesage n'ont pas misé sur le même business technique ou physique depuis leurs débuts en pro.

Victor Zvunka voit tout de même un attribut qui doit ressortir et que ciblent les recruteurs : la grinta. « Est-ce qu'il y a un profil type pour réussir, peut-être pas, mais il ne faut pas être fainéant. L’avant-centre à l’ancienne, pas très mobile et dans les 18 mètres, ça n’existe pratiquement plus. Un gars comme Andy Delort, je trouve que c'est assez idéal pour ce niveau car il retrousse ses manches. Je le compare un peu à Bruno Roux lorsqu’il était à Brest. C'est un atout plus largement pour le haut niveau. Quelqu'un qui se dépense, pèse sur l'adversaire, il peut marquer dans beaucoup de situations. » Toutefois, que les buteurs de L2 se rassurent. D'abord, la formation plus complète qu'auparavant et la pérennisation d'entraînements spécifiques attaquant offrent plus d'armes pour bâtir pierre après pierre jusqu'au plus haut possible. On recense d'ailleurs des contre-exemples contemporains de progressions fulgurantes. Olivier Giroud ou Steve Savidan en sont les preuves.

par Arnaud Clement
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