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  3. // Transfert annulé de Kanon

Mais qui es-tu, la visite médicale infructueuse ?

Felipe Santana, Sydney Sam, Rodrigo Caio, Nicolaj Thomsen… Que ce soit en Allemagne, en Espagne ou en France, de nombreux transferts ont encore été annulés suite à des visites médicales infructueuses durant ce mercato. Des échecs qui semblent se répéter beaucoup plus fréquemment qu'il y a quelques années, mais qui s'expliquent.

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« Les résultats de la visite médicale du défenseur ivoirien n'ayant pas donné satisfaction, un avis défavorable a été émis pour le transfert du joueur. Wilfried Kanon ne rejoindra pas par conséquent le LOSC, qui souhaite au joueur de rapidement se rétablir afin d'accomplir la carrière qui lui est promise. » Par ces lignes concises publiées sur son site officiel, le club lillois annonce le 9 juillet dernier le bide du faux transfert Kanon. Pourtant considéré comme un renfort de poids pour les Dogues, le défenseur ne foulera pas la pelouse du stade Pierre-Mauroy la saison prochaine. La raison ? Un genou moisi et un cœur pas tout à fait au point. Des problèmes diagnostiqués par le doc nordiste. Kanon rejoint ainsi la longue liste des transferts échoués à cause de la dernière étape nécessaire à la transaction : la visite médicale. Et il se trouve que dernièrement, les cas se multiplient à vitesse grand V. Alors, trompe-l'œil ou véritable épidémie ?

« La première explication, c'est la surmédiatisation, indique Anthony Tondut, médecin du SCO d'Angers depuis neuf ans. Je ne sais pas s'il y a plus de cas avérés qu'avant, mais les clubs communiquent beaucoup plus sur les raisons médicales qui justifient l'échec d'un transfert. Aujourd'hui, les supporters veulent connaître les détails, quitte à flirter avec les limites du secret professionnel. » La transparence est donc quasi totale. Twitter, Facebook, site officiel, communiqués de presse… Impossible de ne pas voir fuiter une info, contrairement à une autre époque où on ne connaissait même pas la date précise de la visite médicale. Sauf lors des gros transferts ratés qui s'achevaient en fin de carrière pour le joueur, comme les cas de Steve Savidan à l'AS Monaco ou Lilian Thuram avec le PSG.

Meilleur matos = des blessures mieux identifiées


Hervé Schulc, lui, y voit plutôt la conséquence de l'enchaînement des matchs. En 2009 déjà, l'actuel médecin du Stade Malherbe de Caen note pour Ouest France que « les sportifs deviennent des Formule 1. Les efforts ont énormément augmenté en vingt ans, aux entraînements, en match. C'est là qu'il faut chercher les explications, pas ailleurs. » Pas vraiment l'avis de Pascal Maillé, médecin de l'équipe de France des jeunes pendant sept ans et aujourd'hui responsable du centre médical de Clairefontaine : « Le jeu, l'intensité des matchs et les répétitions des efforts s'élèvent, mais la préparation et le suivi des joueurs évoluent aussi. De ce point de vue-là, je ne pense pas qu'il y ait plus de risques de blessures qu'il y a quinze ans. »

En revanche, le développement des équipements a permis des examens plus poussés, qui diagnostiquent forcément le moindre petit problème. « Au SCO, avec les bons résultats et les montées, on a désormais du matériel bien plus perfectionné et plus performant. Les bilans sont donc grandement améliorés  » , témoigne Anthony Tondut. Anticiper le risque d'une blessure particulière ? Aucun problème. Vérifier l'état d'une articulation ? Facile. De quoi rendre parano pas mal d'équipes médicales, d'autant que cette science est loin d'être exacte : « Les clubs font des examens de plus en plus exhaustifs, de plus en plus complets, afin d'appréhender au maximum les risques de blessures à l'avance, reprend Pascal Maillé. Ils prennent dorénavant un maximum de précaution, notamment au vu des antécédents. » Logique : qui voudrait se retrouver avec un Yoann Gourcuff ou un Abou Diaby sur les bras ?

Appréhension du corps médical


Il n'est donc pas rare de voir certains médecins flipper devant un profil pas vraiment convaincant. Surtout à l'heure où les membres du staff deviennent des recrues presque comme les autres : « Aujourd'hui, on assiste aux premiers transferts de médecins, éclaire Anthony Tondut. On est dans une ère où les clubs suivent de très près leurs parcours. Du coup, il n'y pas plus vraiment le droit à l'erreur. » Sans compter le désastre sportif et économique qui incombe au doc' si le joueur est une chèvre niveau physique et qu'il s'en rend compte après coup : « Si vous faites signer un joueur qui fait dix matchs dans l'année, c'est compliqué. Il y a quand même un énorme manque à gagner : prix du transfert, salaire, performance de l'équipe... »

Enfin, la tendance à recruter à l'étranger, hors Europe qui plus est, rend la tâche encore plus difficile, selon Anthony Tondut : « On a une moins bonne visibilité pour ces footballeurs-là, on les voit moins jouer, ils débarquent un peu en anonyme à nos yeux. Alors que pour les joueurs locaux, on les connaît bien, on en discute avec les confrères des autres clubs qui s'en sont occupés. » D'où les mauvaises surprises comme Wilfried Kanon, footballeur ivoirien qui a évolué en troisième division roumaine et aux Pays-Bas. Le LOSC a eu chaud : il est peut-être passé à côté du nouveau John Mensah.

Par Florian Cadu
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