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Mais qui es-tu, la pyriculariose ?

Le nouveau super-méchant de la Ligue 1 n'a pas le maquillage du Joker ou le monocle du Pingouin, mais une gueule jaune qui sied ironiquement bien au FC Nantes. Alors, quelle est cette maladie réputée pour gangrener les stades français à la vitesse d'une Batmobile lancée pleine balle ? Portrait de la pyriculariose, le cauchemar de Jonathan Calderwood.

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Comme toutes les bonnes épidémies de films de zombies, elle commence par une petite fièvre. Le genre de coup de chaud que l’on impute souvent à une exposition trop longue au soleil, et dont les premiers signes sont souvent balayés d’un revers de stéthoscope par un type en blouse blanche : assèchement, perte de densité... Mais ce teint jaunâtre, c’est normal ? Puis, peu à peu, c’est le physique qui se dégrade. Des trous en surface, d’abord, suivis de crevasses. Et un jour, les premières victimes. Alors, à quel stade les pelouses françaises en sont-elles ?


À en croire Bernard Blaquart, entraîneur du Nîmes Olympique, celui de s’inquiéter sérieusement. « On a interdit le stade de Béziers. Peut-être qu’il faut interdire celui de Monaco, glissait-il après le nul des siens au Louis-II, vendredi soir. Je le dis avec humour, mais c’est un terrain très dangereux. Alakouch et Briançon se sont fait mal sur la pelouse et à cause de la pelouse. (...) Je dis chapeau à Monaco s’ils jouent toute la saison là-dessus. » Un état global des pelouses devenu invivable en France à cause de la propagation d’un champignon dévastateur durant l’été, dont on peine d’ailleurs à chiffrer les victimes. Un indice, toutefois : selon les prévisions les plus alarmistes, la pyriculariose aurait déjà contaminé une dizaine d’enceintes de Ligue 1 et de Ligue 2.

Il profite de la panique


Monaco, Nantes, Montpellier, Toulouse, Béziers, Lorient, Bordeaux, Lyon, Reims. Liste non exhaustive pour autant de victimes potentielles, car ce bon vieux Pyricularia Oryzae ne s’affranchit pas des frontières. Problème, le mal des pelouses est aussi difficile à débusquer qu’un phasme sur sa branche, les spécialistes de la question s’accordant sur le fait qu’ils ne savent de toute manière pas grand-chose de l’assaillant, et que si beaucoup de rumeurs circulent, la pelouse de La Mosson reste la seule officiellement reconnue comme infectée. En cas de flou, alors, s’en tenir aux faits : les prés de Ligue 1 sont dans un piètre état. Jaunis, creusés, comme celui de Lorient, déclaré « injouable » et « dangereux » par Mickaël Landreau début août. Même champ lexical pour Bruno Génésio et le Groupama Stadium à cette période, quand Lucas Tousart pestait de son côté à coups de « c’est un peu bizarre » . La faute à la contamination d’une composante des gazons de stade, le ray grass, herbe rampante utilisée pour boucher les trous au sol et favoriser le développement d’un terrain « bien vert » .



Repérée au Brésil en 1985, la pyriculariose a traversé le Pacifique voilà dix ans, probablement via des semences de blé ou de riz contaminées. Avant d’atterrir en France... on ne sait comment. Et si pour Didier Tharreau, chercheur au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), « les changements de supports préconisés par l’UEFA dans certains stades au moment de l’Euro 2016 ont pu favoriser le développement de la maladie » , aucun moyen de savoir comment cette dernière s’est propagée aussi facilement entre les différents stades. Une certitude, toutefois : l’été caniculaire et les taux d’humidité élevés ont constitué un parfait terrain de développement. Ajoutez à cela des évènements favorisants comme le Festival Interceltique de Lorient ou le Monster Jam à Lyon... Tharreau enchaîne : « On voit traîner dans la littérature que le champignon saute de tout à n’importe quoi, ce n’est pas vrai. Dans les champs de riz, par exemple, c’est une maladie qui ne se disperse que sur quelques mètres, par l’air. Or, les stades de foot et les champs sont rarement tout à côté. » La question brûle désormais autant les lèvres que les pelouses : la maladie a-t-elle pu se transmettre via les crampons des joueurs ?

Les pédiluves comme solution « complémentaire »


À Reims, Arnaud Denis a paré au pire. Après la détection de la maladie au niveau du rond central, courant juillet, ce patron de la société ID Verde – qui s’occupe de la pelouse d’Auguste-Delaune – a ressemé et installé des pédiluves en bord de pelouse. Passage obligé pour quiconque est amené à fouler la pelouse. Une solution dont l’efficacité fait marrer Didier Tharreau, mais décrite par l’intéressé comme une « garantie complémentaire » , façon charlotte ou gants pour un chirurgien. Même principe appliqué à Nancy contre Niort lors de la cinquième journée de Ligue 2, ou encore à Bordeaux par le passé :



Le souci, c’est que non traité dans le fond, le champignon revient l’année suivante. Plus virulent, plus fort, plus résistant. Repéré dès 2016 en compagnie de l’un de ses cousins, le pythium, le voilà désormais retrouvé sur le terrain de Clermont, un stade de rugby ! « Est-ce que c’est venu des gens qui s’occupent des pelouses ? On ne peut pas écarter la possibilité que les joueurs transportent avec eux la maladie, tout comme on ne peut pas réellement l'affirmer avec les données que l’on a, soliloque Didier Tharreau. Mais il me semble que les chaussures sont lavées, non ? (Rires.) En fait, beaucoup de gens vous disent qu’ils ont la pyriculariose, mais on ne sait pas comment ils l’ont repérée. Par ses symptômes ? Par isolement ? Aucune info n'est vérifiée ou vérifiable. Ce sont des on-dit, mais il n’y a aucun diagnostic qui me revient. Les seules certitudes, ce sont celles-là : Montpellier et Clermont. » Du côté de Reims, Arnaud Denis parle justement de « déduction » , en appelant d’autres clubs « concernés » .



Winter is coming


Coup de pouce du destin : pas la peine de s’affoler, le champignon n’aime pas l’hiver. Sa propagation est donc destinée à être freinée par les températures hivernales, alors que Jean-Marc Lacourt, président de la Société française des gazons (SFG), expliquait récemment au Point que « pendant de longues années, les jardiniers se sont surtout focalisés sur la façon de pouvoir disposer de belles pelouses l’hiver, comme le chauffage dans certaines enceintes. Ainsi, le gazon peut être plus sensible à telle ou telle maladie l'été. » Vincent Savourat, ingénieur expert en sols sportifs qui s’est notamment occupé des pelouses de Nice, Bordeaux, Rennes, Metz ou Le Havre, s’attend lui à une « multiplication » des maladies de ce type. La faute à quoi ? L’augmentation des exigences du monde professionnel (plus d’engrais, plus de tontes, donc plus de facteurs fragilisants), et le réchauffement climatique : « La pyriculariose, c’est une maladie qui se développe quand il fait plus de trente degrés jour, et plus de vingt degrés nuit, avance-t-il. Je ne l’avais seulement vue jusqu’ici que sur des terrains de golf. »


La chasse à la sorcière est donc sur le point d’être endiguée grâce à la blanche saison, avant, peut-être, de reprendre de plus belle l’an prochain pour ceux qui n’auront pas investi suffisamment en profondeur. Un métier de ratisse-brin d’herbe qui transformerait presque Vincent Savourat en paranoïaque : « À la moindre tache, il faut se poser des questions. Il faut s’attendre à ce qu’il y ait des nouveautés qui arrivent. À Monaco, on m’a même dit qu’il y aurait une maladie qu’on n'aurait pas encore définie, mais je ne sais pas si c’est vrai.  » Tant que la rumeur court plus vite que la maladie, on peut encore éviter l’invasion zombie.

Par Théo Denmat
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