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Mais qui es-tu donc, le « pseudo supporter » ?

Le « pseudo supporter » , sa vie, son œuvre. On devrait lui ériger une statue au musée des formules creuses. On aurait même aimé lire ce que ce brave Léon Bloy aurait écrit sur lui dans sa fameuse Exégèse des lieux communs. Facile d’usage et sans risque polémique, il vient toujours quand il faut, en parfait équilibre entre « les vrais supporters » , fidèles béats, et les méchants hooligans « qui n’ont rien à voir avec le foot » . Autopsie d’un cadavre exquis.

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Ils sont là, partout. Vous ne les voyez pas et pourtant ils attendent d’agir, tapis dans l’ombre. Ils n’ont ni visage ni président. Ils lancent des cris de singe, envahissent les terrains, frappent les arbitres ou détruisent les sièges en déplacement. Ils sont la cohorte des « pseudo-supporters » . Et en fait, pire que tout, ils sommeillent en chaque ultra ou fan lambda. Car à l’instar d’un foot qui, au travers du vidéo arbitrage, poursuit la quête d’une justice parfaite se cassant les dents sur des joueurs, ils sont l’humanité malheureuse et souvent attristante de notre foot populaire.

Car dans un monde parfait, les ultras sont polis et respectueux quand ils encouragent leur club. Les joueurs respectent les décisions de l’arbitre et attendent sagement que la vidéo sanctionne scientifiquement. Les présidents ne mentent pas ni ne magouillent jamais. Sauf que notre foot est dans le dur d’une société qui ne se construit pas qu’avec le mode d’emploi du fair-play. Et parfois, l'archétype du supporter abonné et bon client dérape. Il devient un « pseudo supporter » qui crie et frappe. C’est pourtant le même. En pire, diront certains. Les autres voudraient juste qu’on prenne le temps de comprendre de qui et quoi on parle, avant, c’est légitime, de juger les bonnes personnes en connaissance de cause et de responsabilité.

Le côté obscur du foot populaire


À la suite des incidents de Lille-Montpellier, sur tous les plateaux télé, un coupable idéal fut donc immédiatement désigné, sans figure ni représentant : le « pseudo-supporter » . Comme si l’homme – ou la femme – à écharpe, ou le fan de base, avec appli du club sur son smartphone, ne pouvait pas en toute conscience dépasser les bornes ou sciemment commettre l’irréparable. Et parfois l’assumer. Au même titre que le hooliganisme reste encore du foot, le « pseudo-supporter » n’est pas un produit d’importation dans les tribunes. Il n’est pas un virus qui vient contaminer le stade. Toutefois, il permet l’usage d’une rhétorique primaire (le faux contre le vrai, le bien contre le mal) dissimulant à chaque débordement les raisons, pas forcément bonnes, qui ont conduit à pareille situation.


Le président de l'association du LOSC, Patrick Robert, a bien résumé la ligne et le choc ressenti par le monde pro : « Je n'ai jamais vu des supporters ou des pseudo-supporters frapper leurs propres joueurs » . La précision mérite aussi notre attention. Comme s’il fallait absolument ne pas donner l’impression de jeter l’enfant – le supporter – avec l’eau du bain. L’enjeu est simple. Si le « pseudo » est vilain, l’autre, l’authentique, n’a pas de prix, si ce n’est celui des places et des stades – surdimensionnés – à remplir. Or, le « pseudo supporter » existe parce que le «  supporter » en est l’essence. Ils sont pareils. Le football professionnel se vend parce qu’il appelle à la passion. Une démarche sans prendre le risque de l’excès. Il est bien beau de vouloir s’enivrer de chaudron et de fumis, mais difficile d’éviter les tourments ou la fumée sur le rectangle vert. Le foot populaire a aussi son côté obscur, souvent nourri par les besoins contradictoires de son vis-à-vis professionnel.

L’amour vache des tribunes


De la sorte, au-delà de l’indignation compréhensible des représentants des joueurs ou du club nordiste, on a juste envie de leur rappeler que ceux qui sont descendus sur la pelouse dimanche soir n’ont probablement pas découvert leurs couleurs avec l’arrivée de Bielsa. Ils sont peut-être les mêmes qui sont tombés, au propre comme au figuré, à Amiens pour fêter une de leur trop rare victoire. L’amour n’est pas gage de candeur. Il peut être violent et parfois destructeur. Il n'en reste pas moins romantique, et donc parfois franchement disproportionné et bête.


Le recours à la facilité se retrouve néanmoins aussi du côté des ultras. Les DVE (Dogue Virage Est) ont ainsi revendiqué leur action tout en tentant eux aussi de se dédouaner des « violences » de quelques-uns : « Nous assumons l’envahissement de terrain, mais ne cautionnons pas les très rares violences isolées d’hier, largement exagérées par certains médias et déjà démenties par le principal joueur intéressé. Ces événements sont la suite logique et inexorable du flou financier entourant le club et de l’investissement personnel irrégulier ou inexistant de la majorité des joueurs. L’action de samedi est une réaction de contestation, excessive sur certains aspects, mais sincère et spontanée. Après tout le soutien, sûrement trop long, dont les joueurs et la direction ont bénéficié, ils méritaient amplement de se faire secouer. »

Entre Dostoïevski et le CFC


Finalement le « pseudo supporter  » peut donc vous sembler violent, excessif, stupide, vulgaire, parfois malheureusement raciste, il n’en reste pas moins un supporter. On ne peut se contenter de le virer de la famille du foot comme on cacherait un vieil oncle gênant à un dîner de famille. Il nous ressemble trop. Le contexte de 2018 va lui laisser encore tristement de beaux jours devant lui. La ministre des Sports Laura Flessel a réagi depuis les Jeux paralympiques en Corée en appelant à « rééduquer  » (dédicace à Kim Jong-un) les supporters, alors que son ministère diffuse depuis peu un précieux « code  » à leur intention avec une toute jolie maquette, petit guide du savoir-vivre ultra. Or, la vie étant ce qu’elle est, il faudra bien trouver des coupables idéaux quand, de nouveau, la marmite explosera chez tel ou tel pensionnaire de L1 ou L2. Le pseudo supporter, quelque part entre Dostoïevski et le CFC, peut entrer sur la piste du cirque.

Par Nicolas Kssis-Martov
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