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Mais enfin, c'est quoi ce drapeau confédéré à Nancy ?

Depuis quelques années, un drapeau confédéré était présent en tribune Piantoni du stade Marcel-Picot. Il est associé à un groupe hooligan.

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C’est un élément qui ne marque pas au premier abord. Lorsqu’on est face à la tribune Piantoni du stade de Nancy, on remarque surtout les nombreux drapeaux blanc et rouge, la grande bâche du Saturday FC – le principal groupe ultra nancéien – ou les multiples illustrations de chardons. Et puis, en regardant bien, on voit un drapeau rouge, bleu et blanc : un drapeau confédéré. Un symbole qui a embêté bon nombre de supporters nancéiens durant les dernières années. En mars 2018, un supporter messin s’étranglait de sa présence : « À Nancy, il y a un drapeau confédéré symbole de racisme depuis des années, visible à chaque match. Vous faites quoi la LFP ? » La bannière est complétée par le mot « Brizak » . Un terme du patois lorrain qui se traduit par « Sales gosses » . C’est aussi le nom de ce groupe de hooligans nancéiens créé en 2005 et qui squatte la tribune de Marcel-Picot, comme l’avait indiqué le média StreetPress dans une enquête début janvier. « Je pense qu’ils s’intéressent au foot et au club, mais ils sont plus branchés castagne » , estime un abonné qui va dans la même tribune que les Brizak.


« Je trouve révoltant que cette bannière soit tolérée dans le stade. J’en ai déjà parlé avec des stadiers qui ne voient pas le problème. Ils sont de bonne foi, je pense qu’ils ne connaissent pas le sous-texte de ce drapeau » , enrage un autre supporter du onze du chardon. Car si cet étendard a été utilisé par les forces sudistes lors de la guerre de Sécession américaine au XIXe siècle, il est désormais un emblème d’une idéologie raciste et d’extrême droite, que ce soit aux USA ou en France. Un symbole arboré par Dylann Roofe, le terroriste de Charleston, et récupéré dans les années 1930 par le Ku Klux Klan. En France, il avait été sorti lors d’une soirée de militants d’extrême droite à Tours, à laquelle participaient des membres du Bastion social. Un éphémère mouvement violent de droite radicale, qui avait fédéré des membres de plusieurs groupuscules dans six villes de France, avant d’être interdit par le gouvernement en avril 2019.

Une utilisation dans le Sud


Depuis combien de temps ce drapeau est-il affiché à Nancy ? Longtemps, estiment des supporters ou suiveurs du club. Au moins 2010 selon Nabil El Yaagoubi, le stadium manager et également directeur sécurité du club. « C'est un sujet un peu sensible. Chez nous, tout le monde botte en touche. L'article ne me fera pas que des copains » , prévient-il. Ce dernier s’est intéressé au sujet lorsqu'il l’a remarqué au début de la dernière décennie : « J’avais été interpellé quant à la signification du drapeau. » Il explique que lui et le club ont laissé « le bénéfice du doute » sur l'interprétation que cet étendard pouvait avoir : « La signification à l’époque n’était pas clairement identifiable. Parce que, selon l’endroit où il était utilisé, il pouvait avoir des significations différentes. »


Les South Winners lors de la saison 1987-1988. (Ludovic Lestrelin)

La justification peut faire hausser les sourcils. Elle a pourtant l’histoire avec elle. Les Brizak nancéiens ne sont pas les premiers à utiliser le drapeau confédéré comme emblème. Les South Winners à Marseille avaient utilisé le symbole. De 1988 à 1989 d’après le sociologue Ludovic Lestrelin, auteur de L’autre public des matchs de football. Soit un an après leur création. « C’est une quinzaine d’adolescents de 14 à 16 ans. Ils sont dans une démarche de création de leur identité visuelle et ils mobilisent ce drapeau-là sans aucune conscience de la charge symbolique et politique. Ils le mobilisent, car ils sont dans le virage Sud, du stade Vélodrome, face aux Yankee du virage Nord. Et c’est pour marquer, on imagine, le côté sudiste, méditerranéen, marseillais » , détaille Ludovic Lestrelin qui souligne le côté « artisanal » du mouvement ultra et des Winners à cette période. « Aujourd’hui, si tu sors un drapeau, les groupes sont organisés, ce n’est pas à l’improviste » , rappelle-t-il. Le drapeau est présent pendant une année sur la bâche des Winners et quelques écharpes. Il est même le symbole de la section Allauch, sous-groupe fondé par le mythique Depé (ancien capo marseillais mort en 2000). Il disparaît ensuite. « Assez vite, les Winners affirment un positionnement antiraciste et antifasciste assumé. Il n’y a aucune ambiguïté là-dessus » , continue Ludovic Lestrelin.


(Ludovic Lestrelin)

Les Marseillais s’étaient peut-être inspirés de l’Italie. Le drapeau confédéré a été utilisé par plusieurs clubs de la Botte durant les années 1980 et 1990. Notamment chez les South Boys du Napoli, avec des écharpes et des stickers, ou sur des bâches des ultras de Sassari (qui côtoie un drapeau rastafari) ou de Salernitana.



Le drapeau sudiste était aussi accroché aux tribunes niçoises en 2009. À l’époque, des supporters du GYM s’en étaient émus sur les forums spécialisés. « Je trouve ça désolant que ce genre de drapeau soit arboré pendant un match de football » , avait écrit l’auteur du post. « On est du Sud ou quoi ? Arrêtez de tout prendre au pied de la lettre et de la jouer moralisateur et SOS Racisme. Ce drapeau, ça fait plus de 35 ans que je le vois au Ray et il ne m'a jamais dérangé. Tout simplement parce qu'il n'a jamais été là pour prôner l'esclavagisme » , avait répondu un autre supporter.


La fin du bénéfice du doute


Si l’argument sudiste peut s’expliquer à Nice, Marseille ou Naples – où les drapeaux confédérés ont tous fini par disparaître –, la justification marche beaucoup moins pour Nancy. La tribune Piantoni est pourtant « apolitisée » selon Nabil El Yaagoubi : « Il n’y a pas de rattachement de nos ultras à quelque mouvance que ce soit. » « C’est vrai qu’il n’y a pas de drapeau politique dans la tribune, outre le confédéré, note Cédric Lieto, journaliste chez France Bleu Lorraine. Il n’y a aucun drapeau d’aucune nationalité. Même pas le Cap-Vert pour Vagner Dias. »


En 2017, Nabil El Yaagoubi décide d’agir contre les sudistes de la Lorraine. La raison ? « Le contexte a évolué » , rappelle le stadium manager. Un nouvel étendard a germé aux côtés des Brizak : celui du Strasbourg Offender. Un groupe dont les membres sont issus du GUD et ont participé au Bastion social. « Si on pouvait avoir jusque-là le bénéfice du doute vu le caractère apolitique de la tribune, ce n’était plus possible avec la présence du Strasbourg Offender parce qu’ils sont d’extrême droite et le revendiquent » , reprend Nabil El Yaagoubi. Les deux entités sont très proches et posent fièrement ensemble à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. « Une firme, une famille » , a même commenté un membre des Offender sur une photo commune.

Des discussions depuis 2017


La présence du drapeau fait « l’objet de discussions » sur la saison 2017-2018, sans effets. Elles ont repris en début de saison. Pour ce faire, le club de Nancy est passé par les ultras du Saturday FC, car les hooligans des Brizak n’ont pas de groupe à proprement parler et n’ont pas d’interlocuteur avec le club. « J’ai remis le sujet sur le tapis, car je n’avais pas eu gain de cause auprès des autorités, au sens large du terme. Tant qu’il n’y a pas de débordements ou de troubles, le reste comme ce drapeau intéresse moins » , raconte Nabil El Yaagoubi. Le drapeau est resté en tribune durant les premiers matchs de la saison. « Ça a été un peu compliqué par moments. La difficulté qu’on a, c’est qu’on n’est pas toujours assez forts pour faire le tri de ce qui rentre, sans le soutien d’un gros effectif de stadiers » , complète le stadium manager.


Le drapeau a fini par disparaître au milieu de la saison. Avant de réapparaître lors d’un match au Mans, « dans le secteur visiteur » , note Nabil El Yaagoubi, qui l’a vu de la tribune centrale, car il accompagnait Jean-Louis Garcia, suspendu. « Normalement, je suis dans le parcage, donc je ne le vois pas » , précise-t-il. Le directeur sécurité des Rouge et Blanc n’a pas vu le drapeau confédéré lors du match précédent à Lorient et il ne l’a pas aperçu lors du match suivant, à Rodez. Et il n’a pas pu le voir à domicile puisque la tribune Piantoni a écopé de deux matchs de huis clos contre Sochaux et Guingamp. « Est-ce qu’au Mans, ils avaient oublié l’autre et n’avaient que celui-ci ? Est-ce que c’était lié spécifiquement aux personnes présentes ? Je ne sais pas encore comment l’interpréter » , s’interroge Nabil El Yaagoubi. En attendant, la présence depuis plus de dix ans d’un tel drapeau n’a suscité aucun commentaire de la part de la LFP. En 2018 pourtant, Nathalie Boy de la Tour avait été catégorique : « Tout acte de racisme n’a rien à faire dans un stade. » Des années après, Nancy et la tribune Piantoni attendent toujours.

Par Christophe-Cécil Garnier
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