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Lyon, l’histoire sent la fin

La Coupe de la Ligue est le plus court chemin pour espérer glaner un titre en fin de saison. Pas sûr que ce soit le plus facile quand il faut se frotter à des Parisiens en quête de doublé (21 heures). Après leur succès de la semaine dernière en championnat, les Lyonnais ne sont plus à un exploit près. Sinon, à quoi sert de disputer une finale ? À bien plus que ça si l’on s’en tient à l’histoire récente de l’OL.

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Trois jours trop tard. Une semaine trop tôt. Faut croire qu’il en va des exploits comme des ennuis pour l’Olympique lyonnais : ils n’arrivent jamais au bon moment. L’exploit a pris la forme, dimanche dernier, d’une victoire dans le premier round face au PSG. À voir leurs réactions en fin de match, on a compris que les joueurs ne savaient pas trop quoi en faire. D’abord, la joie spontanée d’un groupe de fortune qui prouve qu’il tient la distance face à deux des cadors européens du moment, la Juve puis le PSG. Avant que Gomis et Biševac ne réclament une certaine retenue en ramenant tout ce petit monde au principe de réalité : « Ils sont plus forts que nous ! »

Une histoire entre parenthèses

L’affaire aurait pu mettre à jour toute la distance qui peut séparer de jeunes pros pas encore au fait des pratiques du grand monde et deux vieux briscards qui s’improvisent en tauliers de service. Vendredi après-midi, Rémi Garde a fini par remettre un peu d’ordre là-dedans : « Je ne vais certainement pas m’excuser pour la joie de mes joueurs. » Une façon comme une autre de valider les choix en cours, à commencer par cette volonté de confier une partie du destin du club à la jeunesse montante. Comme d’autres tendances du moment, du projet Grand Stade à la cession progressive des meilleurs actifs du club – comprendre ses joueurs les plus bankables –, celle-là demanderait à voir au-delà de la seule finale de samedi soir. À moins de se rappeler qu’une finale, pour peu qu’elle soit remportée, a souvent permis à l’OL de basculer d’une histoire à l’autre. En 2001, c’est sur une Coupe de la Ligue que s’ouvrent les années de domination. En marquant, Cláudio Caçapa y gagne un contrat plus long que prévu et les dirigeants lyonnais la conviction de s’en remettre un peu plus à la filière brésilienne. Sept ans plus tard, la parenthèse enchantée vient à peine de se refermer sur une victoire en Coupe de France grâce à un but de Govou qu’Aulas voit déjà plus loin. Ou trop grand, si l’on s’en tient au bilan des années Puel : recrutement à grands frais, masse salariale exponentielle et un projet OL Land qui plombe un peu plus les finances du club. En 2012, il faut à nouveau en passer par la Coupe de France pour exorciser toute la crispation accumulée durant l’intermède et convaincre Rémi Garde de s’engager pour un bail allant au-delà du simple intérim.

Pour le moment, l’OL n’a jamais qu’une finale à disputer. Ce qui suffit déjà largement à repérer les quelques fins qui précipiteraient l’ouverture d’une nouvelle période dans l’histoire du club en cas de victoire. C’est d’ailleurs à se demander s’il n’a pas été question que de cela toute cette semaine. Aulas s’en est chargé en personne lorsqu’il a fallu évoquer la situation contractuelle des uns et des autres. Si le fond de l’air reste le même – on se défait des gros salaires et on espère une vente au prix fort pour renflouer les caisses –, il n’en fait pas moins apparaître de possibles évolutions pour la suite. La première d’entre elles vise à dessiner le groupe qui accompagnera l’OL jusqu’à l’inauguration du Stade des Lumières.

Poser les cadres


Le club pense avoir trouvé les nouveaux hommes forts autour desquels doit se construire son futur proche. Alexandre Lacazette en serait la part la plus visible. Après avoir passé le plus clair de sa jeune carrière à raccrocher les wagons qu’il était bien parti pour manquer, de son passage chez les pros à une éventuelle sélection parmi les 23 pour le Brésil, l’attaquant de Mermoz est devenu en une saison ce joueur sans qui plus rien ne paraît possible. Après avoir affirmé sa volonté de marquer l’histoire du club au même titre que quelques-uns des grands attaquants de la maison (Anderson, Benzema, Lisandro), il a fini par infléchir son discours ces derniers temps. Normal quand c’est une prolongation de contrat qui se discute en coulisses. De là à en faire le nouveau visage de l’OL en cas de départ de Gonalons, il n’y a qu’un pas que le club semble déjà avoir effectué. Encore faut-il tenir les quelques joueurs qui encadreront le reste de la bande. Dans le jeu où l’on devrait compter d’autant plus sur Grenier que l’histoire avec Gourcuff en revient toujours au même point à chacune de ses blessures. Partout ailleurs où certaines personnalités ont eu le temps cette saison de s’imposer comme des titulaires dont il est devenu difficile de se passer : Fofana, Umtiti et Anthony Lopes figurent déjà parmi les quelques candidats appelés à prendre la succession de Gonalons pour le brassard de capitaine.

On a dès lors compris que la seule question de prolongation qui valait la peine d’être prise en considération ne concernait ni Gomis ni Gourcuff. Aulas a déjà tenu à lever toutes les ambiguïtés à leur sujet : ou bien ils acceptent les termes du contrat qui leur est proposé – à la baisse, forcément –, ou bien l’histoire se poursuit sans eux – ce qui est déjà en partie le cas. En vrai, la dernière incertitude concerne le cas Rémi Garde. En 2012, l’entraîneur lyonnais avait fait de la victoire en Coupe de France une des conditions de sa prolongation à la tête de l’équipe. Deux saisons plus tard, les évolutions en cours portent tellement son empreinte, entre le recours à une formation qu’il a largement accompagnée depuis son arrivée au club et le jeu pratiqué, qu’Aulas ne semble envisager la suite sans son protégé. Ou alors dans une configuration qui étendrait son champ de compétence, quitte à rapprocher Lacombe un peu plus de l’emploi fictif : « L'idéal serait d'entrer dans le Grand Stade avec Rémi comme directeur sportif ou comme entraîneur. » (Le Progrès) La décision de l’intéressé appartient déjà à l’histoire de cette finale. Où, contrairement aux apparences, toutes les fins ne sont pas jouées d’avance.

Par Serge Rezza
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