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Les Lyonnaises en route pour le sixième ciel

L’Olympique lyonnais tentera de glaner un sixième trophée européen, ce samedi (18h) en finale de Ligue des champions face au FC Barcelone. Un Barça qui ambitionne de devenir le premier club à soulever une Coupe d'Europe chez les femmes après l'avoir fait chez les hommes.

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Elles se nomment Sarah Bouhaddi, Amel Majri, Griedge Mbock, Wendie Renard, Amandine Henry, Eugénie Le Sommer et Delphine Cascarino. Leur point commun ? Ces six Fenottes pourraient toutes faire partie du onze de départ aligné par Reynald Pedros ce samedi à Budapest face au FC Barcelone (coup d'envoi à 18h). Avec elles, cinq sparring-partners qui permettront de juger l’état de forme de l’ossature de l’équipe de France, à quelques semaines de la Coupe du monde. Voilà pour le programme des observateurs tricolores. En attendant de troquer leur tunique blanche pour le maillot bleu, les Lyonnaises ont un dernier défi à accomplir. Certains parleront d’une formalité : remporter la Ligue des champions pour la quatrième fois consécutive et entrer un peu plus dans l’histoire d’une compétition qui existe sous sa forme actuelle depuis neuf ans. Et pour ajouter un peu de sel à l’affiche qui s’annonce, on soulignera le fait que cette dernière est aussi inédite qu’historique.

Un nouveau départ

La présence du Barça en finale n’a rien d’un hasard. Au contraire, elle illustre l’évolution du football féminin à l’échelle européenne et la volonté des grands clubs de garçons de rattraper leur retard dans une discipline injustement boudée pendant longtemps. Le temps des clubs 100% féminins emblématiques comme le Turbine Potsdam (vainqueur en 2010), le FFC Francfort (2015) ou le Tyresö FF (finaliste en 2014) semble (hélas) révolu. Pour preuve, en dehors du Lillestrøm SK (Norvège), tous les clubs présents en quarts de finale cette saison ont un équivalent masculin qui truste les premières places dans leur championnat national, et – en dehors de l’Italie qui poursuit sa progression pas à pas – tous les représentants du Big Five étaient présents.


Il est à noter que, hormis la déculottée infligée par le Bayern au Slavia Prague (6-2, score cumulé), aucune valise n’a été à déplorer en quarts, comme en demies. Preuve s’il en est de l’homogénéité qui s’installe au sommet de l’élite européenne et qui relègue au stade des tours préliminaires les scores-fleuves dont le football féminin s’est longtemps fait une spécialité. Et surtout, que les nationalités des finalistes commencent à bouger. Depuis la création de la Ligue des champions, c’est en effet la deuxième fois seulement que la joute ultime n’opposera pas un club français et un club allemand.

Profiter avant que le vent ne tourne

Pour leur première finale, les joueuses de Lluís Cortés ont un objectif : devenir le premier club à remporter une finale de C1 masculine et féminine. La tâche ne sera pas simple face aux ogresses rhônalpines qui, de leur côté, lorgnent un sixième trophée continental. Mais les Blaugrana, quart-de-finalistes en 2018 et demi-finalistes un an plus tôt, peuvent cependant compter sur un effectif solide, bâti sur base de talents internationaux que l’on aura plaisir à retrouver lors du Mondial en France (7 juin-7 juillet). À commencer par la Néerlandaise Lieke Martens, héroïne du sacre des Oranje lors de l’Euro 2017 et sacrée meilleure joueuse continentale cette année-là. Mais aussi l’Anglaise Toni Duggan et la Nigériane Asisat Oshoala, toutes deux arrivées lors du mercato hivernal. En revanche, l’ancienne Lyonnaise Kheira Hamraoui ne sera pas de la partie, en raison d’un carton rouge reçu lors d’une demi-finale pourtant parfaitement maîtrisée face au Bayern (2-0, score cumulé).


En face, les Lyonnaises se sont fait peur en concédant le nul face à Chelsea (surprenant vainqueur du PSG en quarts de finale) lors de la demi-finale retour (1-1), ce qui ne les empêche pas pour autant de partir avec l’étiquette de favorites. Mais pour combien de temps encore ? Actuellement, les Fenottes jouent le rôle du gros poisson dans une petite mare, et ceci, en partie grâce à toute l’attention que leur porte Jean-Michel Aulas, longtemps esseulé dans la course aux investissements liés au football féminin. Mais les lignes bougent, et ce, partout en Europe. En Italie et en Espagne, on a connu deux affluences-records cette saison (39 000 personnes pour un Juventus-Fiorentina, 60 000 pour un Atlético de Madrid-Barça). En Angleterre, la réforme de la Premier League a redonné une nouvelle vie à une compétition pour laquelle moult investisseurs se bousculent désormais au portillon pour se tailler une part du gâteau. Et d’aucuns attendent d’ores et déjà l’arrivée de Manchester United, tout juste promu dans l’élite, pour un derby face à City, dauphin d’Arsenal lors de l’exercice qui vient de s’achever. Tous les voyants sont désormais au vert pour que la Ligue des champions féminine gagne en intensité au cours des années à venir. Et les Lyonnaises seront là pour défendre leur couronne d’impératrices. À la condition préalable de freiner les ardeurs barcelonaises.

Par Julien Duez
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