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Lukaku, diable au cœur

L'attaquant des Diables rouges, longtemps étiqueté déménageur sans style, prouve en Russie qu'il est probablement l'un des attaquants les plus complets et réguliers de sa génération.

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Treize secondes pour un modèle. Le mouvement, la disponibilité, les espaces créés, tout ce qui touche à la dimension collective : le foot à l’état brut, celui qui se joue avec la tête et sans ballon. Peut-être faut-il enfin commencer à regarder Romelu Lukaku avec astuce, soit en s’autorisant un décrochage vers les mouvements. Rostov, il y a quelques jours à peine. D’un côté la Belgique, de l’autre le Japon, et au centre, un bon pour ouvrir la porte d’un quart de finale de Coupe du monde face au Brésil. Si rien ne bouge, ce sera la prolongation : il ne reste rien, juste quelques secondes, quand Keisuke Honda décide soudainement de changer le cours des choses. Un corner joué (et non maîtrisé), Courtois qui intercepte le ballon, trouve rapidement De Bruyne. Déclic, Lukaku emmène Nagatomo sur un premier appel, laissant Kevin De Bruyne trouver Meunier côté droit. Second déclic, Lukaku se plante devant Hasebe et s’efface pour faire apparaître un Chadli chargé du coup fatal. Scotché devant son banc, Akira Nishino semble avoir vu passer la mort et regarde ses joueurs tomber au sol, un à un. Romelu Lukaku, lui, frappe à répétition son poing contre le gazon : mission terminée.

Vidéo

« Thierry, t'as vu le Fortuna Düsseldorf ? »


Quatre jours plus tard, place au Brésil. Encore une fois, on regarde ailleurs : Eden Hazard fait sauter les pendules et signe une feuille de stats parfaite (dix dribbles réussis sur dix, un record par le nombre et sur le ratio lors d’un match de Coupe du monde) ; Kevin De Bruyne, génie naturel installé ce soir-là en faux neuf parce qu’il peut « évoluer à tous les postes lors d’un match de haut niveau, sauf gardien » (Roberto Martínez, lundi), impressionne de nouveau ; Courtois vole, décolle, sauve... Et Lukaku ? Toujours dans son rôle, à l’ouverture d’espaces, allume les bougies pour éclairer la salle. On tend l’oreille : Martínez parle de son attaquant comme d’un type avec un « cerveau d’élite » et souhaite faire ressortir en maître d’œuvre le nom de Thierry Henry, « pièce » qui manquait pour enfin pouvoir refermer correctement les contours du « puzzle » belge. Comment expliquer le travail réalisé par Henry avec l’attaquant belge de Manchester United ? Il suffit d’écouter l’élève : « Lorsqu’on était gosses, on n’avait pas la chance de pouvoir regarder Thierry Henry à Match of the Day ! Aujourd’hui, j’apprends de lui chaque jour en sélection. Je suis aux côtés de la légende, en chair et en os, et il m’explique comment utiliser l’espace à la manière dont il le faisait en tant que joueur. Thierry est peut-être la seule personne au monde qui regarde plus de foot que moi. On débat de tout. Parfois, on s’assoit et on discute de la seconde division allemande. » Ce que Lukaku demande à Henry : « Thierry, t’as vu le style de jeu du Fortuna Düsseldorf ? » Ce qu’Henry lui répond : « Ne sois pas bête, évidemment. » Où est le secret ?


Trous dans les pompes


Il n’existe pas, le haut niveau ne fonctionnant pas aux mystères, et en Russie, Romelu Lukaku est venu rendre compte à la face du monde du joueur immense qu’il est devenu, à vingt-cinq piges. Soit, sans débat, l’un des meilleurs de ce Mondial, au point de voir Roberto Martínez l’utiliser dans un rôle excentré contre le Brésil (impensable il y a encore deux saisons de ça) pour plier en quatre la défense de Tite. Avant ça, on avait déjà vu le buteur : quatre buts en deux matchs de poule, que des modèles du genre. Mais où est passé l’attaquant du troisième type ? En fait, il n’a jamais existé, répondant à une question qu’il avait posée tout fort il y a quelques années de ça : « Quand je regarde Suárez, Lewandowski, Cavani, Benzema, je me demande si je peux être à leur niveau. Est-ce que je peux être l’un des meilleurs attaquants du monde ? » Dans son registre pur, oui, définitivement, Lukaku a trouvé son fauteuil.


Le foot étant un jeu de petits espaces, il faut voir par quelle issue du labyrinthe ce gars a fait passer ses larges épaules : un père, Roger, pro en première division belge qui voit un transfert au Standard de Liège capoter, une famille qui se retrouve au tapis, la maison coupée de toute électricité, d’eau chaude, et Romelu qui se fait la promesse de tout casser pour sortir le clan du piège. Lui parle d’une « mission » : celle de devenir « le meilleur footballeur belge de l'histoire. Pas bon. Pas génial. Le meilleur (...) à cause des rats qui se promenaient dans notre appartement... à cause du fait que je ne pouvais pas regarder la Ligue des champions... à cause du regard des autres parents à mon égard. » Comme ce jour où, en U12, Romelu Lukaku doit aller chercher sa carte d’identité dans son sac pour prouver à tous les abrutis du coin qu’il a bien son âge. Depuis, il a écrit son histoire, fait sauter les ponts et a même réglé le cas de ceux qui ne le voyaient en aucun cas réussir à Manchester United. Voilà l’étape du moment : grâce à Henry, grâce à Mourinho, grâce à sa tête, grâce aussi à l’action héroïque d’une Coupe du monde, c’est les avis qui s’alignent, enfin, sur son cas. En 2002, Romelu Lukaku avait des trous dans ses pompes. En 2018, il a validé une partie de ses promesses sans toucher un ballon. C’est aussi à ça que se joue une place en demi-finale de Mondial.







Par Maxime Brigand, à Saint-Pétersbourg Propos de Martinez recueillis par MB, ceux de Lukaku tirés de The Player's Tribune.
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