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Luis Aragonés, le vieux fusil

Après quatre ans d’inactivité, Luis Aragonés annonçait sa retraite jeudi. C’était l’heure de dire adieu à l’homme qui avait inventé la Roja. Et puis en fait, c’était pas sûr. Enfin, c’était quand même peut-être.

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Luis Aragonés est un peu raciste, un peu grossier et un peu aigri aussi. Enfermé dans sa maison en briques du quartier d’Hortaleza, il rumine tous les griefs entassés sur ses étagères : contre un monde moderne qui l’a jeté du train, contre ces jeunes ingrats qui ne viennent même plus voir celui à qui ils doivent tout, contre ce successeur à moustache (Vicente del Bosque) qui croit arrondir les angles, mais qui les ramollit, contre Patrick Vieira et son copain « este negro de mierda » Titi Henry, contre tous ces Français qui pissent de l’eau de Cologne, contre tous ceux qui disent que le foot appartient aux bien-pensants, aux marques, aux stars, aux puissants. À 75 ans, Luis a passé 853 matchs sur un banc de touche à gueuler sur des gamins apeurés, à appeler tous les juges de ligne par leur prénom, à ne pas serrer la main de ceux qui l’ont un jour insulté, surtout s’ils sont journalistes, surtout s’ils sont anglais. Luis parle de lui à la troisième personne parce que, depuis 1974, Luis n’a jamais passé plus de deux saisons sans entraîner un Betis, un Barça, un Sevilla, un Valence, un Oviedo, un Atlético Madrid et puis surtout une Roja championne d’Europe en 2008.

« Le plus con ici, c’est celui qui fait des montres en bois. Le pire, c’est que ça marche »

Mais depuis quatre ans, Luis n’entraîne plus, ne va plus au stade, préfère regarder les matchs depuis son salon. Paraît même que Luis aurait décidé de rendre son tablier. Il l’a dit jeudi dans Vozpopuli : « On peut maintenant parler de Luis Aragonés au passé. Je n’entraînerai plus. (...) Ce n’est pas moi, c’est l’âge. » Un lumbago lui fait du mal, dit-on. Ou alors c’est peut-être le froid. Ou seulement un problème de fauteuil. En tout cas, c’est l’heure. Aragonés s’en va officiellement : « Je m’en vais vivre une vie de retraité. Une retraite normale d’un monsieur de 75 ans. J’ai deux ou trois trucs que je fais. Plus trop de foot. » Luis peut maintenant organiser son pot de départ, remercier tout le monde, serrer des mains, découper un morceau d’empanada gallega au thon sur une nappe en papier, boire un verre de cidre asturien, ouvrir une carte de vœux d’adieu signée par tous ses collègues, répondre à des centaines de messages et puis partir en versant une larme. C’est ce que l’Espagne attendait du vieux. Mais Luis est un autre.

« Je dis plus souvent "va te faire foutre" que "bonjour" »

L’Espagne est bien frivole, trouve Luis. Elle a oublié tout ce qu’elle doit à la glaise. Elle a oublié qu’en 2006 après une défaite en Irlande du Nord (3-2), un royaume entier demande la démission du grincheux. L’Espagne a oublié que pendant tout une saison, de toutes les tribunes du pays, elle en voulait à Luis de s’être débarrassé de Raúl, de faire confiance à des gosses sans expérience, sans colère, sans autres qualités que d’être bien élevés. À vrai dire Xavi, Iniesta, Cesc, Ramos ne jouaient pas mal, mais n’étaient pas grand-chose en 2007, sinon de jeunes imberbes en mal de vices et d’égratignures. Avant Luis, les grandes compétitions, c’était un truc d’Allemands ou de Brésiliens, parfois de Français et d’Italiens, jamais d’Espagnols. L’Espagne abandonnait toutes ses compétitions en quart de finale sans briller, sans faire peur, sans même plus surprendre. Jusqu’en 2008, l’Espagne savait courir, contrôler, passer, mais ne savait pas faire peur. Obsédée par ses malédictions, elle n’avait pas assez de cicatrices sur le visage. Elle pensait que le meilleur gagnerait toujours. Mais pour gagner dit le vieux, il faut oublier la politesse et surtout, « il faut que les couilles descendent » .


« Si Gattuso est une référence, moi je suis curé »

Luis, c’est le vieux qui apprend des gros mots aux enfants, qui du fond de son rade assène des vérités sur la vie, sur le foot, sur les autres. Luis, c’est celui qu’on n’invite pas trop dans les dîners parce que sa première phrase ferait bondir la maîtresse de maison. C’est en 2012 lorsque le documentaire Campeones (Les yeux dans les Bleus à l’espagnole) est diffusé que les Espagnols comprennent ce qu’il s’est passé dans les têtes de Xavi, Alonso et associés pendant l’Euro 2008. On y voit le vieux, le dos un peu courbé, la lèvre inférieure luisante et la main qui tape sur des tableaux, des sacs ou des bouteilles en plastique. Les yeux dans les yeux, le vieux allume les consciences : « Vous êtes un groupe exceptionnel. Si je n’arrive pas en finale avec un groupe comme ça, c’est que je suis une merde ! Que mon organisation, c’est de la merde ! » Si l’Espagne n’a rien gagné depuis plus de quarante ans, c’est parce qu’elle est trop gentille et qu’elle ne connaît pas assez de gros mots : «  On en a pris plein la gueule pendant des mois, c’est l’heure de leur montrer ! » Avant d’affronter l’Allemagne, il faut être méchant : « Vous allez voir ce blond... (il fait mine de réfléchir) Celui qui a un nom bizarre, là, (Schweingsteiner, ndlr) vous le provoquez, vous n’êtes pas obligés de lui parler... Juste vous lui faites des grimaces comme ça, (le vieux singe retrousse le nez, les joueurs se marrent) c’est ça le football, c’est pour les gens malins. Au foot, celui qui gagne c’est celui qui sait où il va. » Le foot, c’est un truc d’anciens. Alors ce vendredi, le vieux a fini par corriger : « Mes propos ont été mal interprétés. » Aragonés n’est pas à la retraite, il manque juste « d’offres intéressantes » . Mais le bruit est fait. Le vieux singe vous a bien eus. « Personne ne peut se retirer d’un truc comme ça. » Non, personne. Surtout pas Luis.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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