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Lucho, retour gagnant

A l'aube de la nouvelle saison, le FC Porto semble plus affuté que jamais. Défense, milieu, attaque, tout fonctionne à merveille, surtout depuis le retour de Lucho Gonzalez en janvier dernier. Retour sur la triste fin de son histoire olympienne et le dénouement heureux avec son retour au Portugal, dans son Porto d'attache.

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Marseille est déjà loin. Finis les cambriolages, les railleries et les problèmes de vestiaire qui déprimaient tant Lucho Gonzalez lors de ses dernières heures olympiennes. L’Argentin est retourné d'où il venait, comme s'il n'avait jamais quitté la plus grande ville du nord portugais. Ou presque. Le numéro 8 a trouvé un nouveau proprio en la personne de Moutinho, et le brassard s'en est allé voir Hulk. Mis à part ces détails dérisoires, l'aura du « Comandante » est restée intacte malgré deux ans et demi d'absence. Il est toujours intouchable. Supporters, staff, médias... Lucho Gonzalez suscite le respect aux quatre coins du Portugal. Une situation qu'il a vaguement connue durant sa première saison sous les couleurs de l'OM avant de devenir le bouc émissaire olympien, la cause de tous les déboires de la bande à Deschamps.

De relayeur à ratisseur

Avait-il mérité un tel traitement ? Peut-être. Sa deuxième année à l'OM est beaucoup moins marquante que la première, sur le plan statistique du moins. Il faut dire que le commandant avait alors mis la barre haute en terminant meilleur passeur de Ligue 1 et en inscrivant de nombreux buts décisifs, comme à Porto. Mais il ne faut pas négliger un détail crucial : devant, en 2009-2010, l'attaquant de pointe se nomme Mamadou Niang, un mec qui a trois Gignac dans chaque orteil. Quand ce dernier part en Turquie, l'OM perd un buteur et Lucho un complice. De fait, le milieu du FC Porto ne peut exister qu'au sein d'un collectif. Il est quasiment dépourvu de qualités physiques, mais ses passes et sa vision de jeu sont d'un autre monde. Or, avec le départ de Niang, tout a changé. Pas de Niang, moins d'appels, moins de passes, plus de déchets, moins de buts et donc, pas de Lucho. Problème que le tatoué n'a jamais connu - et ne connaît toujours pas - avec les Dragons de Porto, puisqu'il n'a pas cessé d'évoluer aux côtés d'attaquants très mobiles (Lisandro et Quaresma avant, Hulk et James Rodríguez maintenant).

En plus d'avoir hérité d'un Gignac en méforme en attaque pour sa deuxième saison sous les ordres de l'actuel sélectionneur des Bleus, l'Argentin recule d'un cran, pour se retrouver quasiment numéro 6, poste qu'il est loin de porter dans son cœur. Tant pis, il s'y colle, et ça ne marche pas si mal, en fait. Il avale les kilomètres et récupère des ballons, fait le sale boulot mais participe moins aux tâches offensives. Moins spectaculaire, ce Lucho reste important, mais incompris. Il se fait tailler par tout le monde, perd confiance et déprime. Depuis le départ d’Heinze, il ne s’entend avec presque personne, ne parle pas français et finit, a fortiori, par s’exclure du groupe. Vient ensuite le fameux cambriolage, qui fout logiquement les jetons à sa femme. Trop, c’est trop. Vie privée et vie professionnelle deviennent insupportables pour l'Argentin qui décide de faire son come-back à Porto. Montant de la transaction : que dalle. Encore une victoire de Porto.

De boulet à sauveur


Dans ses valises, Lucho a apporté de la chance, beaucoup, et laissé la poisse derrière lui. Alors que Marseille doit attendre trois mois pour renouer avec le succès en L1, il redonne un second souffle à Porto dont la saison était bien mal partie avec une élimination en C1 et en Coupe du Portugal. Pour cause, Vitor Pereira lui redonne le rôle d'électron libre qui a toujours été sien, dès son retour à la maison. Conséquence de ce positionnement, Moutinho peut jouer un cran plus haut et ainsi apporter son soutien à l'attaque qui manquait de poids en début de saison. Mieux, Lucho et Hulk, qui avaient déjà évolué ensemble en 2008-2009, se mettent très rapidement au diapason. Il n'en fallait pas moins pour relancer le rouleau compresseur portista qui remporte à terme la Liga Sagres – en battant les trois autres « gros » –, la cinquième pour l’Argentin en quatre saisons et demie passées sous le toit de la demeure de Pinto da Costa. Dans Street Fighter, on appelle ça un « perfect » .

Lucho est un véritable porte-bonheur à Porto et tout le monde le lui rend bien. Son président le chouchoute comme un enfant gâté et pour les supporters, sur et hors du terrain, c’est lui le boss. Quand il parle, tout le monde l'écoute, même les plus rebelles, comme le turbulent Juan Manuel Iturbe devenu son padawan depuis le début de la pré-saison. Hulk a beau porter le brassard depuis six mois, son aîné a plus d’influence que lui dans les vestiaires. Lucho de nouveau capitaine ? Possible, surtout si le Brésilien se barre. Il ne manquerait alors plus que le numéro 8 pour retrouver le Comandante d’antan, histoire d'effacer le vilain cauchemar olympien de sa mémoire...

William Pereira
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