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Moravčík : « Le mondial 1990, c’était violent et ça jouait dur »

Avec le numéro onze dans le dos et un statut d’ambidextre pour déstabiliser son vis-à-vis en un contre un, Ľubomír Moravčík était l’un des fers de lance de la Tchécoslovaquie quart-de-finaliste en 1990. Trente ans plus tard, l’ancien Stéphanois raconte l’émergence d’une équipe talentueuse propulsée dans le gotha mondial.

Lubo, il faut rappeler aux plus jeunes que l’ex-Tchécoslovaquie était très loin d’être considérée comme une petite nation du football... Qu’est-ce que tu ressentais au moment d’enfiler ce maillot de l’équipe nationale ?
Une immense fierté ! Nous étions les successeurs d’un grand héritage, puisque nous formions l’équipe d’un pays deux fois finaliste de Coupe du monde en 1934 et 1962, mais aussi champions d’Europe en 1976. Le football en Tchécoslovaquie dégageait une très forte identité. À cette période, l’équipe qui se faisait un nom à l’échelle du continent, c’était le Sparta Prague. Ils tapaient le Barça, le Real Madrid, ils écrasaient notre championnat national. De mon côté, j’étais sélectionné, alors que j’évoluais dans un club comme Lorient ou Nîmes en Ligue 1, pour te donner une idée. C’était une chance unique à saisir pour moi. Après cette compétition, beaucoup d’entre nous se sont établis dans différents championnats européens, c’était l’ouverture vers le nouveau monde.

Malgré tout, la sélection connaissait un coup de mou : elle avait manqué le mondial 1986 au Mexique et les deux derniers championnats d’Europe. Comment est-ce que tu expliques cette période difficile ?
Je crois que c’était lié à une tendance politique pour les pays communistes. L’investissement dans le sport au cours des années 1960 et 1970, où le Slovan Bratislava était arrivé à remporter une Coupe d'Europe (la C2 contre le FC Barcelone en 1969, N.D.L.R), était favorisé en comparaison aux années 1980. Durant cette décennie, les pays d’Europe de l’Ouest ont poursuivi leur développement de manière progressive pendant que nous connaissions une crise économique. C’est à partir de là que les problèmes ont commencé à surgir.

Vous vous qualifiez en tant que meilleurs deuxièmes dans un groupe avec la Belgique, le Portugal, la Suisse et le Luxembourg. À quel moment penses-tu que le déclic s’est créé dans votre équipe ?
Il y a ce match nul contre le Portugal à la dernière journée, mais même une défaite par deux buts d’écart nous qualifiait. Le déclic, c’est plutôt au match aller que nous l’avons eu, car nous avons gagné 2-1 à dix contre onze pendant plus d’une heure. À Prague, il y avait toujours une grosse ambiance, car la majorité de nos joueurs jouaient au Sparta, ils étaient chez eux ici.



« J’étais sélectionné alors que j’évoluais dans un club comme Lorient ou Nîmes en Ligue 1, pour te donner une idée. C’était une chance unique à saisir pour moi. »
Comment est-ce que vous vous êtes préparés à ce Mondiale ?
Dans les coulisses, ce n’était pas si rose. Deux jours après notre match au Portugal, il y a eu la révolution au pays et les frontières se sont rouvertes. Cela compliquait notre préparation dans les faits, car deux joueurs, Luboš Kubík et Ivo Knoflíček, n’avaient pas du tout participé aux qualifications, car ils avaient émigré illégalement à l’étranger. Des tensions entre les joueurs et la fédération sont apparues. Aucun d’entre nous n’avait envie de perdre sa place avant le tournoi, mais les journalistes poussaient pour voir Kubík et Knoflíček dans le groupe. Du coup, nous avons enchaîné quatre défaites en autant de matchs amicaux, c’était la merde. Une semaine avant le départ pour la Coupe du monde, nous nous sommes réunis pour discuter et pacifier l’ambiance. Notre victoire face aux États-Unis en ouverture nous a remis dans le bon sens.




La fédération avait eu la bonne idée de vous installer à Montecatini, juste à côté de Florence.
Nous nous étions installés près d’un centre de thalasso, car l’endroit possède une grande réputation pour ses eaux thermales. L’hôtel nous accueillait très chaleureusement, et nos séances d’entraînement ressemblaient plus à de la préparation tranquille, sans grosse intensité. On se faisait des jeux, des entraînements de coups de pied arrêtés, un peu de tennis et pas mal de piscine. L’ambiance était très agréable, comme dans un club de vacances.

À l’époque, l’hygiène de vie et la santé des joueurs n’était pas hyper suivie comme aujourd’hui... Est-ce que vous aviez aussi vos péchés mignons comme la cigarette ou l’alcool ?
Oui, c’était courant. Publiquement, tu savais qu’il fallait faire bonne figure et montrer que tu ne fumais pas, mais dans la vraie vie, fumer nous détendait. Par exemple, je me rappelle notre soirée après notre victoire contre l’Autriche, le coach nous avait laissé quartier libre. Kubík était un joueur de la Fiorentina, il connaissait très bien les environs, donc nous nous sommes installés dans un bar pour aller célébrer la qualification en huitièmes de finale. C’était notre traducteur, il parlait italien et nous commandait les bières. Avec l’adrénaline qui redescend, tu as besoin de profiter après le match, car sinon tu ne vas jamais dormir. Boire un coup en équipe jusque tard le soir, ça te permet de bien trouver le sommeil ensuite ! (Rires.) Cela forge des amitiés. Aujourd’hui encore, je joue au golf avec Kubík, que ce soit en Tchéquie ou en Slovaquie.

« Publiquement, il fallait faire bonne figure et montrer que tu ne fumais pas, mais dans la vraie vie, ça nous détendait. »
En huitièmes de finale, votre victoire 4-1 face au Costa Rica est en partie due au triplé de la tête de Tomáš Skuhravý, le futur deuxième meilleur buteur de la compétition. Comment tu expliques son très bon tournoi ?
Cette Coupe du monde était un vrai tournant pour lui, puisque le Genoa l’a recruté dans la foulée du Mondiale. Tomáš, c’était le bomber qui pouvait marquer depuis n’importe quel endroit de la surface de réparation grâce à son jeu de tête. J’étais ailier à l’époque, donc je cherchais à déborder au maximum pour apporter du danger et trouver l’avant-centre. Je lui ai fait trois passes décisives sur ses cinq buts au total, dont deux ce soir-là. Nous étions de la même génération, nous avons réalisé un grand match et on commençait à prendre de la confiance.




Et puis la RFA est arrivée...
Cette semaine, je me suis regardé la finale de l’Euro 1996 entre la République tchèque et l’Allemagne. J’ai repensé à notre quart de finale parce que la physionomie est la même : tu sens qu’une équipe domine le match, mais tu vois que l’adversaire s’accroche et donne l’impression de pouvoir renverser la vapeur. On jouait avec nos qualités, mais face aux Allemands, ça ne suffit pas. Parfois, ça se joue sur des détails... En première période, j’ai eu l’impression d’être victime d’une faute dans la surface de réparation, mais l’arbitre n’a rien sifflé. Je n’ai jamais compris pourquoi ils ont mis un arbitre autrichien pour arbitrer le match face à l’Allemagne. En plus, il s’appelait comme le chancelier : Helmut Kohl. C’est fou, non ? Aujourd’hui, ce serait impossible que ça se passe comme ça.




Ce tournoi est perçu par le public comme le plus moche de l’histoire, avec peu de spectacle et beaucoup de violence. En ce qui te concerne, est-ce l’évènement le plus fort de ta carrière au niveau émotionnel ?
Pendant le confinement, les matchs du mondial 1990 sont passés sur les chaînes slovaques. C’était violent et ça jouait dur, on voyait plutôt un football de position très attentiste. En même temps, le règlement ne nous facilitait pas la tâche : un tacle par derrière ou un tirage de maillot n’était pas obligatoirement sanctionné d’un carton. Malgré tout, tu avais quand même Roberto Baggio ou Diego Maradona pour te faire rêver... À la base, j’avais pour objectif initial de jouer en première division slovaque comme mon père. À 20 ans, j’étais en deuxième division et cinq ans plus tard, je me retrouve face aux meilleurs joueurs du monde. Tu imagines ? Cette Coupe du monde, c’est le plus beau souvenir de ma carrière. Maintenant, je ne me souviens plus du tournoi après notre élimination. J’ai dû regarder la finale parce que c’était symbolique, mais j’ai préféré me concentrer sur la suite.

« À 20 ans, j’étais en deuxième division et cinq ans plus tard, je me retrouve face aux meilleurs joueurs du monde. Tu imagines ? Cette Coupe du monde, c’est le plus beau souvenir de ma carrière. »
L’AS Saint-Étienne était parvenue à te faire signer pendant le tournoi. Comment est-ce que cela s’était passé ?
Mon agent de l’époque, c’était Anton Ondruš (capitaine de la Tchécoslovaquie championne d’Europe en 1976, N.D.L.R.). Il s’était marié avec une Française et il vivait en France. Comme il était proche de Bernard Bosquier depuis leurs affrontements sur le terrain, ils ont organisé une réunion la veille du match contre l’Allemagne où André Laurent (président de l’ASSE, N.D.L.R.) était aussi présent. J’ai signé un document pour promettre mon engagement à Saint-Étienne le 12 juillet. C’était une très bonne nouvelle... Et puis je me suis fait éliminer du mondial le lendemain ! (Rires.) Les hauts et les bas, c’est la vie.


Propos recueillis par Antoine Donnarieix
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