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Lovren, bison buté

Longtemps pourri par la critique, Dejan Lovren pète la forme depuis plusieurs mois et s'affirme depuis le début du Mondial en porte-parole de sa Croatie. Avec une conviction : cette fois, rien ne peut arrêter sa sélection.

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Le charme du foot réside tout entier dans ses contradictions. Chaque fois, la même histoire : au premier tour, les yeux s’écarquillent, la Croatie devient en quelques jours l’équipe la plus excitante du tournoi en cours, attrape tous les suiveurs par un jeu maîtrisé au millimètre, et chacun fonce tête baissée dans les bras de ces types mal rasés, à l’allure de gangsters. Des gangsters qui pourraient, pour certains, se retrouver dans un clip pop, c’est vrai, mais des gars qui transpirent le sacrifice et la bataille, c’est une certitude. On y revient : dimanche, la troupe s’apprête à disputer son premier huitième de finale de Coupe du monde depuis vingt ans, et les membres actuels de la sélection ont les oreilles qui gonflent. Pourquoi ? À cause de 1998, justement : en Russie, la bulle qui entoure la délégation croate s’est transformée en amphithéâtre géant pour amateurs de regard dans le rétro.


Les héritiers, eux, ne cessent de l’assurer : le meilleur est à venir, et cette génération peut faire encore mieux que la troisième place grattée par l’armée du général Blažević au Mondial français. Et c’est dans ce cadre qu’est évidemment apparu Dejan Lovren, samedi après-midi. « J’ai fêté mes neuf ans pendant le tournoi et je m’en rappelle très bien. Je me souviens de ma mère qui criait dans la maison lorsqu'on marquait » , a alors expliqué, un brin saoulé, le défenseur de Liverpool. Puis, Lovren a relevé la tête, fait un rapide tour de salle et allumé la mèche : « Je veux faire encore mieux que ces gars-là. Je veux que les gens se souviennent de mon nom dans le futur, pas de celui de Bilić ou Štimac (la question portait sur eux). » Mais ces gars étaient fous, non ? Ce n’est pas nécessaire pour gagner ? « Si, mais il faut être fou dans ce pays. Personne n’est normal. Je ne suis pas normal. » Allons-y, alors.

Le bruit des sirènes


C’est ce qui pousse les Croates, depuis toujours : la soif de revanche, le désir de prouver aux autres qu’ils ont tort, la destruction des barrières. L’histoire de Dejan Lovren ne raconte pas un autre destin. Au site officiel de Liverpool, le bonhomme a un jour déroulé la chose : son passé de réfugié, le départ précipité du village de naissance, en Bosnie, la guerre au pays, le bruit des sirènes, un crochet par l’Allemagne et une construction en Croatie, finalement. Il y a notamment, là-dedans, l’anecdote qui évoque le jour où le père du joueur a été obligé de vendre ses patins à glace pour nourrir la famille. Tout ça pose un mec en quelques secondes.



Puis, le joueur, justement : un type qui a pas mal galéré pour se faire accepter, bourré de défauts, mais finalement devenu l’un des piliers des Reds, où Jürgen Klopp lui accorde une confiance aveugle et lui a associé Virgil van Dijk pour le meilleur depuis quelques mois. « J’ai le sentiment d’avoir progressé au fil des années. Je suis fier d’avoir fait certaines erreurs, car elles m’ont renforcé en tant qu’homme et en tant que joueur, lâchait-il la semaine dernière, au camp de base des Croates. Je crois en moi depuis le début et quand tout le monde cherche à me prouver le contraire, je peux devenir l’un des meilleurs défenseurs. J’essaye de montrer aux gens ordinaires que tout est possible avec du travail et de la discipline. » Circulez, Dejan Lovren est dans son Mondial et ne pense déjà plus à sa finale de C1 perdue.

« J'ai un bon pressentiment »


Et il y est très bien : dimanche, à Nijni Novgorod, le défenseur sera bien aligné face au Danemark, aux côtés du centaure Domagoj Vida, bien entendu. La Croatie débarque en favorite après s’être extirpée avec un 100% du groupe de la mort (Argentine, Islande, Nigeria) et sait aussi qu’elle n’a plus le temps d’attendre, ce Mondial étant le dernier pour Rakitić, Modrić et l’indispensable Mario Mandžukić. De quoi foutre la pression ? « Non, répond Lovren. Je sens une différence entre cette équipe et celle de l’Euro 2016. Les joueurs n’ont pas trop changé, mais j’ai un bon pressentiment depuis le départ. C’est quelque chose que l’on ressent tous sur le terrain, en dehors, quand on parle entre nous... »


Un bon pressentiment, ce serait donc passer l’étape Danemark et éventuellement retrouver l’Espagne pour un quart de finale de prestige qui se présente déjà comme un rendez-vous entre puristes du beau jeu, même si la Croatie a su aussi parler avec réalisme depuis le début de cette Coupe du monde. Tout ça s’explique avant tout par une rigueur défensive impressionnante, détail auquel Lovren, qui devra régler après la compétition ses soucis judiciaires avec Zdravko Mamić, n’est pas étranger, comme Šime Vrsaljko, excellent durant le Mondial. Bingo : c’étaient les postes occupés il y a vingt ans par Bilić et Štimac, non ? Reste maintenant à changer l'histoire. Premier rendez-vous, dimanche soir.







Par Maxime Brigand, à Saint-Pétersbourg
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