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  1. // Ma vie de joueur pro
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« J'avais besoin de me mettre en danger »

Passé par la Ligue 1, la Ligue 2 et le National, désormais installé au Macarthur FC en Australie, le milieu de terrain Loïc Puyo (32 ans) a décidé de prendre la plume pour So Foot afin de raconter son quotidien de joueur. Pour ce cinquième opus, il revient sur le grand saut qu'il a réalisé cet été vers un nouveau continent.

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La première fois que j’ai envisagé l’Australie, c’était lors de ma première saison à Angers, en 2018. Je venais de changer d’agent, et c’était la première chose dont je lui avais parlé. Ce pays représentait pour moi le style de vie que j’avais envie de connaître : le soleil, la plage, le surf, la culture du sport, la mentalité. Mon aventure douloureuse - tant mentalement que physiquement - au SCO a retardé l’échéance. Se faire recruter par un club étranger, après une saison blanche et avec un CV dégarni, était mission impossible. À l’époque, je n’y croyais pas vraiment. Mais durant ma saison au Red Star, j’ai pu reconsidérer beaucoup de choses dans ma vie. Je savais pertinemment que le plus beau de ma carrière était derrière moi : je n’allais plus jamais connaître la Ligue 1, et même la Ligue 2 semblait me fermer ses portes. Alors que faire ? Continuer à me morfondre sur le fait de jouer dans un championnat « ingrat » comme le National ? Me dire que c’était le début de la fin pour ma carrière de joueur ?

Huit mois de tractations


J’ai réalisé qu’il me fallait autre chose. Que j’avais besoin de revivre des émotions fortes, de me mettre en danger. J’étais trop frustré de mes trois dernières saisons. Mes changements de club avaient toujours été des évidences : signer à Nancy (en 2015) était un incroyable bond en avant, m’engager avec Angers (2017) me permettait de prolonger mon rêve en L1 et aller au Red Star (2019) était mon unique option. Le seul vrai choix que j’avais eu à faire avait été de refuser la prolongation d’Amiens pour rejoindre Orléans en National (2013) : la plus belle décision de ma carrière. Mais cette fois, c’était le moment de prendre une grande décision. Bien sûr que j’aurais étudié des propositions en France si elles avaient été intéressantes. Sincèrement, la facilité et le confort m’auraient sans doute fait pencher pour l’option française, avec la sécurité d’une vie et d’un football que je connais, mais surtout la proximité avec mon entourage qui m’est si cher ; aujourd’hui je pense avoir fait le bon choix, car ce sera quoi qu’il arrive un tournant positif dans ma vie. Bref : l'étranger était devenu une option privilégiée, mais encore fallait-il établir un contact avec un club australien. Pour ça, je peux remercier mes agents de la team Kemari. Entre le premier intérêt de Macarthur et le jour où j’ai posé le pied sur le sol australien, huit mois se sont écoulés ! J’ai eu le temps de douter.

« Commencer une nouvelle histoire au sein même d’une nouvelle histoire me semblait vraiment intéressant. »

Tout a commencé fin février. Mon agent me parlait d’un club en train de se créer à Sydney et qui allait intégrer la première division australienne la saison suivante. Même le futur coach n’était pas encore officiellement intronisé, le projet du club était loin d’être en place. Pour autant, j’ai de suite été séduit. Commencer une nouvelle histoire au sein même d’une nouvelle histoire me semblait vraiment intéressant. Mi-mars, j’ai reçu une première proposition de contrat : une offre intéressante, sans être mirobolante. J’étais conscient que je n’y allais pas pour faire un braquage et remplir le compte en banque, j’arrivais de troisième division, et pour ces pays-là, cela n’a pas beaucoup de résonance. Comme ils n’ont le droit qu’à cinq étrangers par club, ils recrutent avant tout des joueurs de renom comme Del Piero, Gallas ou Romário. Je ne crois pas faire partie de cette catégorie, donc je ne me suis pas étonné de la modicité de l’offre. J'étais tout de même content qu'on ait misé sur moi pour constituer un quintette d'expatriés.


Je savais qu’Éric Bauthéac avait quitté l’Australie la saison précédente, mais j’avais vu un reportage sur lui dans lequel il avait l’air de se régaler. Et j’ai vu que Florin Bérenguer jouait à Melbourne City. Je l’ai donc contacté directement pour avoir ses impressions. Il m’a dit de suite qu’il était parfaitement heureux de son choix et que la vie en Australie était incroyable. Il m’a aussi dit qu’il avait été agréablement surpris par le niveau global du foot dans le pays, même s'il est loin d’être le sport le plus populaire. J’en ai parlé à mon entourage et presque tout le monde s’accordait à dire que l’aventure pouvait être dingue. Ma compagne, qui m’a toujours poussé pour tirer le meilleur de moi-même (c’est notamment grâce à elle que j’avais forcé le destin pour rejoindre Angers), ne savait pas trop quoi en penser car elle estimait que je devais et pouvais encore signer dans un bon club de L2.

Surf et déchirement


Le débat a tourné court en ce début d'année, puisque mon agent m’a expliqué que la situation était très compliquée là-bas. À cause de la Covid, le principal diffuseur avait choisi de se retirer et il n’y avait donc plus beaucoup d’argent pour le foot. Le club a été contraint de me dire que les négociations devaient s’arrêter momentanément. J’étais persuadé que c’était cuit. J’étais à la fois très déçu, car je commençais sérieusement à envisager ce projet, et à la fois presque soulagé car la peur de l’inconnu n’était jamais loin de mes pensées : j’allais tout quitter pour aller à l’autre bout du monde. N’étant pas d’une nature très aventurière, je me demandais si c’était vraiment ce que je voulais. Là, au moins, la question ne se posait plus : on était en avril et je devais trouver un club français. La fin du printemps et l’été ont été très compliqués, comme j’avais pu l’exprimer dans mon premier article. Pour la première fois de ma carrière, j’ai même pensé à ma reconversion si je ne trouvais pas de club. Malgré tout, mon agent continuait de me dire qu’il y croyait encore. Il était resté en contact avec les dirigeants, car il avait fait signer au club un jeune Franco-Australien, Denis Genreau. Au fond de moi, j’avais encore cette petite lueur d’espoir. Et le 9 août, mon agent m’a proposé une visio-conférence avec le nouveau coach (Ante Milićic). J’ai compris que ça redevenait sérieux, même si mon anglais allait être mis à rude épreuve.


« Je crois que je n’ai jamais autant pleuré de toute ma vie. Je quittais la sécurité et tous mes repères ancrés depuis 31 ans. »

J’ai découvert une personne aimable et bienveillante, qui m’a tout de suite mis à l’aise. Nous avons parlé de football, de projet de jeu, mais aussi de bien-être et de surf. Cela correspondait parfaitement aux témoignages de Français connus ayant vécu à Sydney. Tous m’avaient fait les mêmes éloges quant à la mentalité des Australiens. À la suite de cet appel, j’ai compris que c’était là qu’il fallait que je signe et j’ai officiellement refusé une offre qui m’était arrivée de Roumanie (en provenance du CS Gaz Metan Mediaș). De son côté, le foot australien a obtenu des garanties financières. Les nouveaux droits télé ont été négociés, et le club savait exactement ce qu’il avait à offrir en matière de contrat. Nous sommes assez vite tombés d’accord, et j’ai signé le 26 août. L’officialisation de mon contrat dépendait d’une visite médicale assez drastique - que j’ai effectuée en France - et de son homologation par la fédération australienne. Il s’est passé trois semaines avant le verdict. Le stress était bien présent !



Il fallait ensuite obtenir un visa et une exemption pour pouvoir entrer sur le territoire australien. Les frontières étant totalement fermées, c’était compliqué, et nous avons dû scinder nos demandes avec ma compagne. J’étais sûr d’obtenir le précieux sésame grâce à mon contrat de travail, mais pour elle, c’était l’inconnue totale. Déjà que je lui « imposais » de partir à l’autre bout de la planète et donc de quitter son activité professionnelle, je prenais en plus le risque de nous voir séparés pendant plusieurs mois. Je la remercie à nouveau, car elle m’a poussé à y aller, quoi qu’il en coûte, car elle sentait que c’était vraiment un rêve qui se réalisait. J’ai donc assez rapidement obtenu mon visa, puis mon billet d’avion après quatre annulations lors de mes premières tentatives. J’étais tellement soulagé. Les derniers moments en France ont été encore plus douloureux que je ne le redoutais. La demande de visa de ma compagne venait d’être refusée, et nous ne savions pas quand nous allions nous revoir. Je crois que je n’ai jamais autant pleuré de toute ma vie. Je quittais la sécurité et tous mes repères ancrés depuis 31 ans. La peur de l'inconnu et celle de l'échec m’envahissaient. Et pourtant, je n’avais pas envie de reculer. Je voulais me prouver que c’était le moment pour moi de connaître cette folle expérience. Je m’envolais donc avec tous mes doutes, mais aussi mon excitation dans mes bagages, vers ce nouveau challenge.

Par Loïc Puyo, avec Jérémie Baron © photo de home : Macarthur FC

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