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Les neiges du Kilimandjaro

Le 25 juin dernier, vingt-deux joueuses du monde entier ont maté le Kilimandjaro avant de jouer au foot à 5729 mètres d’altitude. Un projet aussi fou que sérieux, avec un nouveau record mondial à la clé. Homologué par la FIFA et le Guinness Book, le match le plus haut de l'histoire avait pour but de dénoncer les inégalités entre foot féminin et masculin. Retour sur un 0-0 au sommet.

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Grimper sur le toit de l’Afrique pour disputer un match de foot : l’idée est belle. Mais ce nouveau record du monde du match de foot le plus haut de l'histoire est tout sauf anecdotique. Orchestrée par l’association Equal Playing Field (EPF), l’expédition avait pour but de repousser une autre montagne, métaphorique : celle des inégalités entre le football féminin et son homologue masculin. Un combat résumé par Maggie Murphy, une des fondatrices d’EPF : « Tout ce qu’on veut, ce sont des opportunités, l’égalité et le respect. Ni plus ni moins. » Sandrine Dusang, unique joueuse française de l’aventure, complète : « On voulait montrer que, oui, les femmes peuvent réaliser de grandes choses, qu’on peut faire aussi bien, voire mieux que les hommes. »

Volcano FC vs Glacier FC


La mission Kilimandjaro naît alors dans l’esprit de Laura, membre d’EPF. L’objectif : emmener vingt-deux joueuses au sommet de l’Afrique, disputer un match et le faire homologuer par la FIFA. « Le Kilimandjaro, c’était un challenge sportif de base, et on avait entendu parler d’un grand cratère au sommet qui laissait assez de place pour tracer un vrai terrain de football » , explique Maggie. De là, l’équipe d’EPF lance son mercato pour attirer vingt-deux joueuses réparties en deux équipes aux noms de franchises américaines : Volcano FC vs Glacier FC. « Les équipes devaient être équilibrées entre des joueuses professionnelles et amatrices » , poursuit Maggie. Finalement, vingt nationalités représentées, avec des joueuses de dix-huit à soixante-six ans. Parmi elles, d’anciennes professionnelles reconnues comme Lory Lindsey, Rachel Unitt, Petra Landers ou Sandrine Dusang, qui confie avoir rejoint l’aventure « pour le défi sportif. C’est le genre de chose qu’on ne fait qu’une fois dans une vie. Alors le combo monter le Kilimandjaro, jouer un match de foot et entrer dans le Guinness tout en luttant pour l’égalité homme-femme dans le sport, c’est le summum. Vivre une telle expérience avec des joueuses du monde entier, ça ne pouvait qu’être fort, avec beaucoup d’échanges. Et ça l’a été... »


Quelques campagnes de crowfunding plus tard, EPF a amassé 46 000 dollars et lance le projet : départ prévu le 17 juin, après un match de préparation à Arusha, face à une sélection locale. Score final : 6-1, avec un but de Sandrine, défenseur durant sa carrière : «  C’était plus un match de préparation pour se mettre dans le bain. » Une compagnie tanzanienne gère la logistique de l’expédition. Autour des joueuses et des membres d’EPF, deux cent cinquante personnes sont mobilisées : « Il y avait beaucoup, beaucoup de gens avec nous, pour la cuisine, les sanitaires, les tentes, les porteurs... L’organisation était énorme. D’ailleurs, on a fait la fête tous ensemble après, avec pas mal de chants et de danses locales. C’était vraiment génial » , confesse Sandrine. « Le trek a duré neuf jours, avec sept de montée. On est parti doucement, avec trois-quatre heures de marche par jour, vraiment étape par étape. On dormait dans un camp chaque nuit, démonté et remonté par les porteurs de la compagnie. Ils partaient après nous le matin, et quand on arrivait, le camp était déjà reconstruit : c’est des fous ! Je n’ai aucune idée de comment ils faisaient. » Le 25 juin, l’objectif est atteint après un dernier effort intense, en témoigne Maggie : « Le moment le plus dur, c’était la montée finale, de nuit. On s’est réveillées à deux heures du matin pour partir à trois, et escalader plus de mille mètres pour arriver à huit. Il faisait super froid, on voyait d’autres groupes abandonner et redescendre, ça nous rendait nerveuse. Mais après six heures, on est arrivées au cratère et on a commencé à installer le terrain. » Le foot avant tout.

Manque d'oxygène, câlins et terrain sableux


Après sept jours de trek, et avant même d’aller jusqu’au sommet 183 mètres plus haut, place au jeu sur un terrain fabriqué pour l’occasion. « C’était une grande surface assez plane dans le cratère. Les lignes ont été tracées avec une poudre de fleurs, pour ne pas polluer, des vrais buts ont été montés sur le Kilimandjaro en pièces détachées et les poteaux de corner faits avec des drapeaux de l’association et des bâtons de marche. Le terrain n’était pas très large, mais juste ce qu’il faut pour être homologué. Il était quand même trop long à mon goût... » , plaisante Sandrine. Malgré l’absence totale de pelouse, le rectangle (pas) vert est homologué par la FIFA. Après une petite collation, le coup d’envoi de ce match historique est donné et accouche d’un « vrai bon 0-0 » , selon le communiqué de presse. Tout ça pour ça. Le record du but le plus haut en match officiel n’est donc pas battu, mais qu’importe pour Sandrine : « Je ne m’étais pas préparée à ça, le terrain n’était pas dur, c’était du sable. Pour frapper, on était pas mal embêtées. Mais quelque part, je ne suis pas déçue qu’il y ait eu match nul, même si ça aurait été plus sympa de faire 1-1 ou 2-2. Ça aurait fait deux records d’un coup avec un but, mais, honnêtement, c’est vraiment la faute de la surface sableuse. Il nous aurait fallu des joueuses de beach soccer. (rires) » L’éternelle excuse du terrain.


Les 5 729 mètres d’altitude n’ont pas non plus aidé les joueuses, qui ont plus marché que couru à cause du manque d’oxygène. Tant pis pour les buts, de toute façon, le spectacle était ailleurs d’après Sandrine : « Pendant le match, j’ai jeté quelques regards sur la vue : extraordinaire. À ce moment-là, on prend conscience d’où on se trouve. Juste au-dessus, c’est le sommet du Kilimandjaro. En bas, une mer de nuage. Et entre les deux, nous, en train de jouer au foot. J’ai senti qu’il se passait quelque chose. » Effectivement, il y a plus vilain comme stade. Le trio arbitral agréé FIFA renvoie donc les équipes aux vestiaires – c’est-à-dire par terre sur le bord du terrain – sur un score nul, vierge et frustrant. Mais l’essentiel est ailleurs, le défi rempli et l’émotion trop forte : « Peut-être que la fatigue a joué aussi, mais on a toutes pleuré ensemble. On s’est prises dans les bras et tout le monde se faisait des câlins. J’ai encore du mal à mettre des mots dessus. On a créé des liens forts pendant l’ascension. »


Après l'ascension, le tour du monde


À peine le temps de savourer avec les Tanzaniens présents que le trek entame les cent quatre-vingt-trois mètres le séparant du sommet du Kilimandjaro. La fin d’une aventure exceptionnelle, qui en ouvre une autre. « Maintenant, on espère avoir ouvert le débat sur les inégalités entre hommes et femmes dans le sport. On espère aussi que notre record va être célébré et qu’il inspirera les jeunes filles et garçons » , prophétise Maggie. Equal Playing Field et ses joueuses partiront bientôt pour un tour du monde de deux ans, jusqu'à la Coupe du monde 2019 en France. Au programme, des camps d’entraînement dans quinze pays autour du globe afin de « s’inscrire dans la continuité pour donner un vrai élan à la lutte » , selon Sandrine. Quelques semaines après l’ascension de l’Everest par un fan de Sheffield en phase terminale d’un cancer, le foot s’est donc une nouvelle fois invité sur un sommet légendaire. Une nouvelle mode ? Peut-être, mais surtout un moyen de prouver définitivement que les femmes n’ont rien à envier aux hommes selon Maggie : « On explique souvent aux femmes que ce qu’elles font n’a rien d’impressionnant comparé aux hommes, mais là, être les premières à le faire avec un record à la clé, ça démontre tout l’inverse. Beaucoup de personnes nous ont dit que nous étions folles de nous lancer dans ce projet. Peut-être. C’était incroyablement dur et même dangereux, donc on est encore plus fières de nous. » Elles peuvent. Même si les jaloux pourront toujours rétorquer que les hommes auraient marqué un but, eux.





Par Adrien Hémard
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