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Les Marseillais vont-ils vraiment plus aux urgences les soirs de défaite ?

Après les buts qui comptent double, les défaites synonymes d’engorgement des urgences. Jacques-Henri Eyraud n’en est pas à sa première sortie déroutante sur l’Olympique de Marseille, mais celle-ci mérite qu’on se penche dessus, et que le corps médical s’exprime. Alors, est-ce que les Marseillais vont davantage aux urgences quand ils prennent la piquette au Vélodrome ?

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Au moment de répondre, le standardiste du centre médical d’urgence Ambroise Paré de Marseille marque un temps d’arrêt. « C’est une blague ? interroge-t-il en riant. Ce n’est pas possible, vous rigolez. » Pourtant, il n’y a aucun second degré ni aucune ironie dans les propos qui ont suscité son hilarité. Jacques-Henri Eyraud a bel et bien déclaré, à l’occasion d’un entretien accordé à L’Équipe ce mercredi, qu’un médecin urgentiste avait observé « une corrélation entre les défaites de l’OM le dimanche soir et les visites aux urgences dans la nuit suivante et le lundi matin, sur des années » . Pour le président olympien, il s’agissait d’un indicateur sensible de la passion des Marseillais pour leur ville. « Pour les supporters, le club, c’est leur vie, avait-il commenté. (...) Tant qu’on n’a pas compris ça, on ne comprend pas l’OM.  » De fait, on connaît toute la passion des Marseillais pour leur club. De là à saturer les hôpitaux les soirs des matchs, le doute subsiste.

Pas d'effet significatif


Au sein des services d'urgences des hôpitaux marseillais, les données chiffrées remettent en cause les propos du président olympien. « Nous avons étudié l’impact des événements significatifs, incluant les matchs, mais pas seulement (concerts, fêtes locales et nationales...), sur la fréquentation des urgences Nord et Timone entre 2010 et 2018, et n’avons pas trouvé d’effet significatif, affirme Yohann Mariani, attaché de communication des hôpitaux marseillais. Aucune impression de tel ou tel médecin ne peut correspondre à la vérité en raison de fluctuations importantes des passagers aux urgences. » Ceci étant, comme le disait John Ford, quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende : restent donc les impressions des urgentistes marseillais.


Celle du docteur Pierre Michelet, chef du service des urgences de l’hôpital de la Timone, ne laisse filtrer aucune indication. « Aucun élément ne me permet de confirmer cette donnée pour ce qui est des urgences de Timone 2, avance-t-il. Et je ne connais pas la source de M. le président. Après, les urgences de l’hôpital St Joseph sont plus proches du stade (que celles de la Timone N.D.L.R). » À dire vrai, l’hôpital Saint-Joseph est quasiment attenant à l’Orange Vélodrome et n’en est séparé que par le boulevard Rabatau. Pourtant, l’équation du président de l’OM ne semble pas si évidente, pour le docteur Rajaa Hachimi, médecin urgentiste à l’hôpital. « Je n’y prête pas attention parce que je ne sais jamais quand ils jouent, avoue-t-elle. Et d’ailleurs les victoires sont tellement rares que je ne me souviens même pas de la dernière » , s’autorise même l’urgentiste, qui avoue tout de même ne pas être fada du ballon.

« Les gens déprimés viennent plus facilement aux urgences »


L’analyse de Rajaa Hachimi livre malgré tout une première piste intéressante. « La seule chose que je peux vous dire, c’est que les urgences sont totalement vides les soirs de matchs à domicile » , confie-t-elle. À l’hôpital Saint-Joseph, certains de ses « collègues mâles » (sic) confirment l’information. « C’est vrai qu’il y a moins de monde pendant les matchs, abonde le docteur David Bounan. Pendant les rencontres, on sait qu’on va être plus tranquille. » Pour l’urgentiste Julien Emkeyes, on assiste comme le laissait entendre JHE à un phénomène de rattrapage après les rencontres. « En moyenne, on a dix consultations par heure, affirme-t-il. En revanche, quand un match se déroule, le nombre va tomber à... disons quatre et remonter à quinze après. »


Reste à définir s’il existe bien une corrélation entre les défaites de l’OM et l’affluence aux urgences. Pour David Bounan, celle-ci ne fait aucun doute. « C’est vrai, il y a plus de monde lorsque l’OM perd, valide-t-il. Les gens déprimés viennent plus souvent aux urgences que les gens qui ne sont pas déprimés. Et comme les défaites de l’OM dépriment à Marseille, plus de gens viennent. »

OM, France ou Algérie, même routine


Deux nuances sont néanmoins à apporter. Premièrement, le vrai catalyseur serait bien plus les victoires que les défaites. « Quand l’OM gagne, il y a moins de monde parce que les gens ont envie de faire la troisième mi-temps, d’aller boire des coups, lâche David Bounan. Comme les gens viennent parfois pour pas grand-chose aux urgences, ils n’ont pas envie de venir les soirs où il y a un truc à fêter. Ceux qui tombent dans le stade ou font des conneries, ils préfèrent remettre au lendemain et rester avec leurs potes. Et quand l’OM perd, là ils viennent, ça les occupe » , rigole l’urgentiste de l’hôpital Saint-Joseph.


Deuxièmement, ce phénomène serait bien plus lié à l’amour de la ville pour le football en général que pour l’OM en particulier. « On observe les mêmes reports de consultations pour les matchs de l’équipe de France, notamment pendant la Coupe du monde, lance Julien Emkeyes. Et ça a été pareil récemment pour le huitième de l’Algérie à la CAN. On savait qu’il y aurait moins de fréquentation... Et on sait qu’on pourrait même jeter un œil sur le résultat du match, tout en faisant le boulot bien évidemment.  » Et au vu des résultats marseillais, on tend à parier que les urgentistes n’ont pas eu une minute à eux dans les veilles post-matchs ces derniers mois.

Par Arthur Stroebele et Valentin Lutz Tous propos recueillis par AS et VL
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