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Les leçons tactiques du premier tour des Bleues

Alors qu'elle était censée monter en régime en trois matchs, l'équipe de France a pris une autre voie : 45 minutes modèle pour commencer, puis un test mental contre la Norvège et une rencontre sans vie face au Nigeria. À l'heure de changer de monde, place à l'autopsie du jeu des Bleues, dépendant de la gestion des couloirs et d'une animation offensive encore en chantier.

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« On ne va pas changer du tout au tout. On sait ce qui nous attend. Ce sont des matchs de 90 minutes, voire avec prolongation, voire avec des tirs au but. Il n'y aura pas de changement de management ou d'organisation. On va s'adapter à cette nouvelle compétition qui commence. » Enfin, nous y voilà : le temps des matchs sans retour et des émotions de phase finale arrive, la peur de tout perdre avec. Il y avait, lundi soir dernier à Rennes, dans le regard de Corinne Diacre, une forme d'excitation qui raconte beaucoup de la zone de brouillard qui trace aujourd'hui la frontière entre un premier tour traversé avec un carton plein entre les mains (trois victoires, sept buts marqués, un seul encaissé) et un second vers lequel ces filles s'avancent avec des forces facilement définissables. La traversée de cette zone amène naturellement au débat et au questionnement : Diacre garde-t-elle en poche des surprises ? Les Bleues vont-elles brouiller soudainement les pistes tactiques, elles qui ont jusqu'ici déclenché une vague plus médiatique et populaire qu'identitaire ? Jusqu'ici, cette équipe de France pense comme un numéro six d'époque : elle parle kilomètres parcourus, efficacité et équilibre. Elle pense comme sa sélectionneuse, Corinne Diacre, prise au piège de la victoire et venue proposer sur les trois premiers matchs ce qui est devenu une norme du football à la française : un football qui s'adapte plus qu'il n'impose.


Au fond, pourquoi jouer les surpris ? Diacre avait prévenu avant la compétition dans un entretien donné à L'Équipe : « J'ai un profil de joueuse défensive. Et je travaille d'abord le système défensif. Si on ne prend pas de but, on ne perd pas. Une fois qu'on défend bien, on peut améliorer son système offensif. (...) Marquer, c'est ce qu'il y a de plus difficile dans le football et ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile à travailler. Défensivement, c'est très simple, il y a juste à respecter des codes et des schémas. Offensivement, il faut de la créativité chez les joueuses. » C'est justement, à l'heure de compter les bons et les mauvais points du premier tour des Bleues, ce qui fait tiquer : l'équipe de France est pour le moment une équipe automatisée, mesurée et à l'animation offensive très lisible. Trop lisible. Et si elle s'en est pour le moment sortie grâce des exploits individualisés plus que par une expression collective maintenue, la bande de Diacre pourrait rapidement perdre ses illusions mondiales.


Un contre-pressing pour une crise de gestion


Il faut d'abord admettre une chose : les Bleues ont été bousculées dans ce premier tour, ce qui pourra servir dans l'ascension du col qui doit emmener l'équipe de France jusqu'à la finale le 7 juillet prochain, mais auront su répondre mentalement. Cet élément était un inconnu pour Diacre, elle qui n'hésitait pas à admettre avant la compétition au sujet de ses jeunes joueuses qu'elles n'avaient « pas connu la difficulté, la souffrance, ce que c'est de jouer au foot pour rien, porter le maillot bleu sans avoir gagné un centime » , et est devenu une force de ce groupe. Le jeu, lui, n'aura été au centre du projet que sur une mi-temps, la première contre une Corée du Sud d'abord avalée techniquement, physiquement et tactiquement lors du match d'ouverture, mais qui aura su soigner son organisation pour ne pas se faire humilier en seconde période.


Restons sur ce premier acte car il doit être élevé en modèle et possédait tout : un cadre collectif clair, vivant, où se déployait un football courageux et inventif. Au Parc, on a vu sur 45 minutes et sur la pelouse un contre-pressing féroce, déclenché en quasi-permanence par une Amandine Henry dont les qualités créatives étaient alors utilisées au maximum. Rappelons ce que Klopp dit de ce contre-pressing qu'il qualifie souvent de « meilleur meneur de jeu du monde » : « Cela vous donne l'opportunité d'avoir le ballon dans une zone où il faut généralement cinq, six, sept passes, parfois vingt pour y arriver. Dans les trente derniers mètres, si l'adversaire perd le ballon, chaque ballon gagné devient immédiatement une occasion. »



Dans le 4-2-3-1 de Diacre, un système choisi par ses joueuses ( « C'est à moi de m'adapter, mon projet de jeu est défini par rapport à la qualité de mes joueuses » ), le contre-pressing est déclenché dès la construction adverse et peut découler sur deux situations : soit la défense adverse est forcée à jouer vers l'arrière et étouffée dans son premier tiers ; soit l'une des latérales est quadrillée par deux ou trois Françaises, perd le ballon et laisse se construire un surnombre instantanément. C'est ce qui a amené le premier but de la compétition, inscrit par Eugénie Le Sommer après une prise à deux de la paire Henry-Cascarino sur l'arrière gauche coréenne. Un modèle de mise en place d'une crise de gestion permanente chez l'adversaire, couplée à une défense en zone efficace, stratégie où les individus cherchent avant tout le « contrôle des espaces » et les interceptions plutôt que les duels.


Ce modèle dépend d'un pressing parfaitement organisé et donc du fonctionnement parfait des paires (le 4-2-3-1 se transforme en 4-4-2 en phase défensive), notamment de celle formée par la doublette Henry-Bussaglia. Ce duo a un rôle clé : il doit sortir pour empêcher l'adversaire d'enclencher un mouvement – ce que les Bleues ont fait en bloquant Ji So-yun –, mais doit être suivi d'une ligne défensive haute et apte à fermer les espaces ouverts. C'est ce qui a marché sur 45 minutes contre la Corée du Sud grâce notamment à un carré défensif tricolore intouchable dans sa gestion de la profondeur et ses relances (les diagonales Renard-Cascarino, la qualité d'Henry pour lancer la majorité des offensives bleues en venant s'insérer aux côtés de Mbock et Renard...). Et ce qui a rapidement craqué.

82% des attaques sur les ailes


Car contre la Corée du Sud, la France a longtemps préféré gérer son avance de trois buts plutôt que de surfer complètement sur ses certitudes de la première période. Diacre a aussi vu Elise Bussaglia perdre une bonne quantité de duels (50%) et perdre de nombreux ballons en position de relanceuse. Aussi et surtout, les Coréennes ont davantage serré leur pressing en seconde période et sont venues tester la gestion de la profondeur de Renard, moins bonne que celle de Griedge Mbock, ce qui a découlé sur deux-trois alertes sur le but de Bouhaddi. Un simple avertissement qui a malgré tout remis en lumière une observation de la phase de préparation : bien souvent, la paire Mbock-Renard, dont la position avancée favorise une récupération haute, est laissée seule à la gestion des affaires et se retrouve en danger en situation de contre-attaque à cause du repli défensif parfois aléatoire des latérales tricolores.


Des latérales qui sont malgré tout à la base de la construction française grâce à des profils (Torrent et surtout Majri) de constructrices qui permettent d'enclencher la dynamique collective et offensive. En phase de possession, Marion Torrent et Amel Majri permettent la supériorité numérique et laissent Le Sommer et Cascarino s'insérer dans les demi-espaces, zones clés des attaques placées. Leur rôle est clé : Torrent (5 par match en moyenne) et Majri (10 par match en moyenne) sont les joueuses françaises qui ont effectué le plus de centres et la première est même l'élément tricolore qui a réussi le plus de dribbles au cours du premier tour (57%).



C'était prévisible, mais ces profils nécessitent deux choses : une compensation efficace, ce que fait bien Le Sommer à gauche, moins bien Diani ou Cascarino à droite ; et une complémentarité dans les mouvements. Ceci est d'autant plus nécessaire que les Bleues vivent offensivement via 82% d'attaques passant par les ailes (38% à gauche, 44% à droite). C'est un axe principal pour Diacre entre les deux tours, car cette structure oblige les joueurs de côté à fermer les connexions diagonales adverses et interdit le moindre déséquilibre. Problème : contre la Norvège, la France a encaissé un but – un CSC de Renard – exactement dès qu'elle a ouvert une brèche (cette équipe vit sur une petite marge) et a sur plusieurs séquences galéré à gérer une Caroline Graham Hansen en balade entre les lignes et que la paire Henry-Bussaglia a peiné à contrôler.


La chance des Bleues ce soir-là aura été d'affronter une Norvège sûrement trop prudente (des latérales peu aventureuses notamment), mais aussi trop peu mise en danger par une équipe de France offensivement lisible à des kilomètres. Pourquoi ? Parce que si Le Sommer s'insère souvent dans le cœur du jeu, Cascarino et Diani, elles, manquent davantage de variété dans l'approche, les deux joueuses débordant souvent à outrance pour des fortunes diverses (38% de centres réussis pour Cascarino, 0% pour Diani). Le Nigeria l'a compris et aura souvent enfermé les éléments tricolores dans des cages tenues par quatre pions. Comment s'en sortir ?

Chantier offensif, marge serrée


L'animation offensive est le chantier, Diacre ne s'en cache pas et se retrouve avec un casse-tête : Gaëtane Thiney, placée au centre du système, mais qui ne touche que très peu de ballons (45 par match de moyenne, soit moins qu'Eugénie Le Sommer qui évolue sur un côté et deux fois moins qu'Amel Majri, ce qui raconte beaucoup de l'approche française). Le cas de la joueuse du Paris FC est aujourd'hui un enjeu car, si sa qualité sur coups de pied arrêtés est réelle, son apport statistique est famélique (une passe décisive, et ce, sur un corner pour Renard lors du match d'ouverture), et sa tendance à ralentir le jeu affecte la fluidité offensive potentielle des Bleues. Sa prestation contre la Norvège (62% de passes réussies, 55% seulement de réussies dans les trente derniers mètres, une seule key pass) a alerté et oblige Corinne Diacre à retourner au laboratoire.


D'autant que le dernier match contre le Nigeria est également venu confirmer la faible relation entre Thiney et Valérie Gauvin : deux joueuses souvent sur la même ligne alors que Gaëtane Thiney devrait se placer entre les lignes, des appels mal coordonnées... Depuis le début de la compétition, la numéro 17 des Bleues n'a trouvé Gauvin qu'à trois reprises, alors que la pointe de Montpellier ne s'est appuyée sur Thiney que deux fois. Ainsi, une possibilité s'offre à Diacre : installer Eugénie Le Sommer en soutien d'un trio Cascarino-Gauvin-Diani (ou Asseyi, utile tactiquement contre le Nigeria dans les transitions). Mais la sélectionneuse française n'a qu'un objectif en tête : la gagne finale.



Une Coupe du monde se gagne plus qu'elle ne se joue, c'est l'idée défendue, mais pourrait aussi se terminer brutalement sans variété dans l'approche. Aujourd'hui, il semble indispensable, à l'heure de défier un Brésil vulnérable défensivement et de préparer un quart de finale face au monstre tactico-physique américain, de profiter de la pointe puissante qu'est Gauvin en lui installant une Le Sommer tactiquement supérieure dans le dos, afin également de libérer davantage Henry, qui a les clés du bon vivre du jeu bleu. Ce premier tour a surtout prouvé que l'équipe de France avait une marge de manœuvre limitée (13-14 titulaires potentielles) et un effectif serré là où les États-Unis possèdent une vingtaine de joueuses interchangeables.


Si Diacre ne bouge pas, son destin se jouera probablement sur un exploit individualisé (une tête sur corner en est un) – cependant, la France fait partie des équipes qui frappent le plus dans le tournoi, mais qui cadre peu (une frappe sur trois) – plus que par une animation offensive complète venant récompenser un bloc défensif à la hauteur. La vraie compétition commence, l'aventure avec : ces Bleues ont des armes pour voler, mais jusqu'où ? Réponse dès dimanche, au Havre.

Par Maxime Brigand Article réalisé en partenariat avec Opta.
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