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Les leçons tactiques de Leipzig-PSG

Après neuf ans de tempêtes européennes, le PSG a assumé son statut mardi et a fait exploser Leipzig (3-0) au bout d'une prestation quasi parfaite et d'une leçon technico-tactique. Voilà comment Tuchel a détroussé Nagelsmann.

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Ils disent que Paris ne serait magique qu’au soleil, que la capitale ne serait belle que lorsqu'en bas des balcons, les terrasses s’agitent et que les immeubles haussmanniens rangent leur grisaille au dressing afin de ressortir leurs façades brillantes. Mercredi matin, le peuple parisien ne comprend pas ce qui lui arrive : pas de cauchemar, pas de rêve brisé, pas de victoires historiques caressées du bout des doigts qui s’évaporent dans le ciel. Après neuf ans de tempêtes européennes, le PSG disputera dimanche la première finale de Ligue des champions de son histoire, la première d’un club français depuis celle perdue par l’AS Monaco en 2004. L’opportunité était belle, encore fallait-il la saisir, et les Parisiens l’ont fait, en broyant Leipzig mardi soir (3-0) au terme d’une rencontre rapidement transformée en démonstration, à l’issue de laquelle Ángel Di María a sorti son colt pour tirer une dernière balle avant le repos : « On a rendu Leipzig faible. » C’est là la principale information de cette demi-finale de C1 : le PSG ne s’est pas contenté de s’en sortir à l’arrache ou grâce à une étincelle née de l’une de ses individualités, il a éteint les lumières du troisième de la dernière Bundesliga en équipe, réussissant à transformer ce rendez-vous en simple étape vers quelque chose d’autre : quelque chose de plus grand. Alors qu’on craignait de voir le PSG se faire bousculer par le football plein gaz des joueurs d’un RB Leipzig qui courent souvent plus vite et plus longtemps que les autres comme des ados adeptes du binge drinking, on a finalement vu tout l’inverse : Paris a su imposer son rythme à la rencontre, a empêché sa victime du soir de déplier son combo pressing haut-transitions rapides et, par conséquence, l’aura souvent étouffé dans sa propre moitié de terrain. Partant, à l’heure de boucler ses valises, Julian Nagelsmann, réputé pour sa qualité d’adaptation au plan de l’adversaire, s’est avancé au bord de la piste et a lâché, armes posées au sol : « Nous voulions jouer au football, ouvrir, mais les erreurs, ça arrive. Nous sommes bien entrés dans la seconde période et on prend ce troisième but venu de nulle part. Ce soir, l’adversaire a été simplement plus fort que nous. Nous devons l’accepter. Finalement, nous sommes passés à côté de notre sujet. »

Le chasseur Herrera, un Leipzig dénaturé


Après le passage en force face à l’Atalanta, Thomas Tuchel a distribué un 4-3-3 renforcé par le retour de l’enchanteur Ángel Di María, les coups de laser de Paredes et son dévoreur de profondeur, Kylian Mbappé. Pas de trace de Mauro Icardi : le technicien allemand a donc rhabillé Neymar en faux neuf, détonateur et cible pour forcer son adversaire à reculer. Côté Leipzig, Nagelsmann a favorisé l’impact de Mukiele aux lancements d’Halstenberg afin de bloquer Mbappé. Dès les premières minutes, on a surtout vu la structure allemande varier de celle aperçue contre l’Atlético : cette fois, un 4-1-4-1 (ou 4-5-1, transformé en 3-4-2-1 en phase offensive) a été rapidement identifiable avec Olmo et Sabitzer chargés de contrôler Herrera et Paredes et où l’idée centrale était de couper l’alimentation de Neymar dans l’interligne gauche (zone la plus fréquentée par le Brésilien pour combiner avec Mbappé). Kampl, lui, a eu pour mission de faire l’essuie-glace sur la largeur, alors que Poulsen a tenté de limiter l’expression de Marquinhos. Surtout, alors que le PSG aurait pu laisser Leipzig ressortir court et se contenter de boucher les espaces avant de frapper en transition, c’est tout l’inverse qui a eu lieu : Paris a décidé de prendre son adversaire à son propre jeu et de l’agresser en avançant. Après seulement trente secondes de jeu, Neymar et Di María ont alors sauté sur Gulácsi et ont fait passer un premier message : chaque passe en retrait serait l’occasion, pour le PSG, de gagner des mètres.


Pour accompagner ce message, Tuchel a eu dans son onze un chasseur hors pair : Ander Herrera. Mercredi soir, l’Espagnol a été transformé en leurre tactique offensivement via ses nombreux appels dans la profondeur ou entre Upamecano et Klostermann, et a déballé sur la pelouse de la Luz l’intégralité de son Q.I. foot. Solide défensivement (cinq ballons récupérés, deux interceptions) pour couvrir les montées de Di María et Kehrer, il a également terminé la rencontre avec un 100% de passes réussies dans le dernier tiers adverse (95% de passes réussies au total). Il aura été une menace double tout au long de la rencontre, notamment au cours d’une première période où Olmo s’est noyé dans ses tâches défensives et où Leipzig n’aura jamais vraiment su gérer ses déplacements.


Grâce à son rôle de leurre offensif, Herrera ouvre des espaces. Ici, son appel ouvre une possibilité pour Paredes de tourner le jeu vers Kehrer.


Autre rôle d’Herrera, dans une position plus avancée que celle de Paredes : lancer en profondeur les attaquants parisiens. Ici, servi, Mbappé, limite hors jeu sur le coup, grattera un corner pour le PSG.

Le tour de force du PSG au cours du premier acte a été de réussir à pousser Leipzig à rendre rapidement le ballon grâce à un pressing kloppien efficace et coordonné. Ainsi, c’est l’intégralité des préceptes allemands qui se sont envolés et jamais les joueurs de Nagelsmann, qui se sont souvent contentés de freiner en bloc médian plutôt que de mordre un cran plus haut, ne sont venus contrer la relance parisienne et n’ont réussi à placer des transitions ou des attaques rapides, deux armes avec lesquelles ils ont excellé tout au long de la saison. Presnel Kimpembe, roc dans les duels, a alors terminé le premier acte avec 100% de passes réussies, dont une bonne partie dans la moitié de terrain allemande, là où aucun joueur du PSG n’a manqué la moindre transmission dans son premier tiers. Il y a l’idée que Leipzig a pris peur et n’a pu trouver qu’un réel décalage en début de match sur une diagonale parfaite d’Upamecano pour Olmo qui a débouché sur une frappe contrée de Nkunku. En réponse, Kimpembe a allumé Mbappé face à Mukiele, qui a ensuite laissé trop de distance à l’attaquant français pour toucher Neymar : poteau sortant à l’arrivée. Derrière, Leipzig a fermé les vannes et ne sera sorti qu’à la 25e minute sur une autre séquence classique de son répertoire : l’attaque dans le dos du latéral adverse - ici Bernat -, qui a vu Laimer trouver un Poulsen maladroit plein axe.



Pour le reste, Paris n’a pas craqué, a fermé les possibles transitions adverses et a gagné la bataille du milieu, Marquinhos, Paredes et Herrera donnant l’impression de siroter un thé sur la terrasse du café de Flore face aux nombreux espaces laissés. L’Argentin a brisé de nombreuses lignes, le Brésilien, souvent laissé seul par un Kampl qui devait également surveiller les décrochages de Neymar, a tenté - souvent en vain - de nombreuses projections dans la profondeur en direction de Mbappé, et l’Espagnol a continué son boulot d’assèchement d’Olmo, remplacé à la pause par Nagelsmann. Autre casse-tête pour Leipzig : le cas Neymar, sur qui Upamecano n’est que rarement sorti pour éviter le risque de se faire éliminer et d’offrir des boulevards à Di María et Mbappé. Finalement, les Allemands ont d’abord pété sur l’un de leurs points faibles : les coups de pied arrêtés et un coup franc magnifiquement brossé par Di María sur la tête de Marquinhos. À trois minutes de la pause, c’est ensuite Gulácsi, limite balle au pied tout au long de la première période, qui a plié et a rendu le ballon au PSG plein axe. Punition automatique : ouverture de Paredes, déviation lumineuse de Neymar, finition froide de Di María. Après une première période sans voir le jour, ni le ballon (seulement 30% du temps), Leipzig est rentré aux vestiaires avec deux buts de retard. Avant la fête, Tuchel avait prévenu : « Ils vont s’adapter à nous. » Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que Leipzig se coucherait sous les coups adverses, Neymar touchant même une deuxième fois le poteau sur un coup franc façon Joe Bryan en première période.


Par son positionnement, Ángel Di María ferme l’accès à Klostermann et force Gulácsi à allonger vers Angelino ou à chercher Sabitzer, suivi par Paredes. Le gardien de Leipzig va choisir la deuxième option, mais foirer sa transmission : punition instantanée.

Neymar impose le cadre


Preuve d’un PSG qui a souvent été trop vite, Leipzig a terminé la rencontre avec 24 fautes, et ce, malgré une seconde période où les Allemands ont remis le pied sur le ballon grâce notamment au changement de système opéré par Nagelsmann à la pause. Exit le 4-1-4-1, place à un 4-4-2 (ou 3-4-3 par séquences) avec Forsberg côté gauche et Schick, chargé de salir l’impeccable paire Silva-Kimpembe là où Poulsen, qui n’a jamais réussir à tenir un ballon, a tenté de contenir davantage Marquinhos. Pendant dix minutes au cours du deuxième acte, le PSG est redevenu le PSG : celui qui doute lorsqu'il lui est interdit de douter, qui laisse la peur doucement revenir dans l’air et qui autorise son adversaire à soudain sortir des dents insoupçonnées. À ce petit jeu, un homme n’a jamais rassuré : Thilo Kehrer, qui a fait le strict nécessaire défensivement tout au long de la soirée et qui a pêché dans l’utilisation du ballon (seul joueur du PSG à moins de 80% de passes réussies, aucun centre réussi). Un autre a un petit peu déçu : Kylian Mbappé, qui a perdu la majorité de ses duels et qui n’a jamais vraiment réussi à être trouvé dans la profondeur, si ce n’est lors d’un deux contre un manqué face à Angelino avec Neymar (77e). Néanmoins, la présence de l’attaquant français fait automatiquement reculer la défense adverse de dix mètres et impose un poids psychologique : si Leipzig a reculé mardi soir, c’est avant tout à cause de ça, et Julian Nagelsmann a avoué avoir construit son plan initial autour de la présence du scooter tricolore. Chance pour Paris, Nagelsmann a aussi vu sa bande se saborder toute seule dix minutes après l’entracte au bout d’une belle projection de Bernat, suivie d’une faute professionnelle de Mukiele - on ne demande pas une faute à cet endroit en demi-finale de Ligue des champions - qui a laissé le latéral espagnol en jeu et libre de tromper Gulácsi de la tête.



Troisième coup de couteau de la nuit : celui de trop. En ne concédant rien et en épuisant son invité du soir, qui n’a jamais réussi à imposer (ou qui n’a pas souhaité ?) le pressing féroce inhérent à son approche, le PSG a prouvé une maturité qu’on ne lui avait jamais vu à ce niveau et a offert une leçon technique et tactique. Tuchel a surtout, grâce à son plan gagnant, vu ses soldats s’offrir une nuit d’ivresse, de malice, de fantaisie, où l’on a aperçu Di María balader son allure déséquilibrée et ses pieds d’argent, Thiago Silva imposer son calme avec un mouchoir dans la bouche, Paredes et Herrera jouer aussi bien avec leur crâne qu’avec leurs jambes, Kimpembe remplir une feuille de stats parfaite (une passe ratée seulement, 10 dégagements défensifs, 9 ballons récupérés), mais surtout Paris absorber avec une précision van goghienne la défense d’un Leipzig en manque de talent tout en se projetant à merveille dans les interlignes. On a aussi vu Neymar - encore sept fautes subies et quatre dribbles réussis - délimiter de nouveau le cadre technique de son équipe et prouver que ce joueur peut tout, surtout systématiquement plier les matchs comme un expert du Rubik’s Cube. Le Brésilien est l’image de son équipe, et le jeu du PSG est définitivement dépendant de sa figure.


Pas de pitié, aucune once de remords, rien : juste une prestation quasi absolue - si ce n’est les quelques décalages trouvés par Leipzig en seconde période sur les côtés et qu'il faudra soigner - et un match de C1 enfin à la hauteur des ambitions d’un club construit pour aligner les étoiles européennes. Le PSG, qui va retrouver Verratti pour la finale, est surtout détroussé de toute malédiction et est au chevet de ce que Thomas Tuchel n’a jamais considéré comme « un rêve » . Au début de son aventure parisienne, l’Allemand avait averti que la Ligue des champions était avant tout une « compétition de générations » . Celle-ci a appris à perdre et semble désormais savoir comment gagner, même si certains lui avanceront sous le nez une certaine faiblesse chez les adversaires rencontrés ces derniers jours (l’Atalanta, Leipzig). Cette demi-finale est un socle et un énième avertissement : lorsqu'ils avancent à onze, ces types trouvent souvent plus de succès que de mouchoirs. Place au grand soir.



Par Maxime Brigand
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