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Les leçons tactiques de la finale madrilène

Cet Atlético Madrid aura tout donné. Il n'avait pas plus, et la terre entière a pu le constater lors de la prolongation, quand les Colchoneros n'avaient plus l'énergie suffisante pour empêcher Di María de danser, Bale d'écrire l'histoire, Marcelo de dribbler et Cristiano de marquer son petit but. Un petit but pour une grande victoire. La dixième. Jusqu'à l'exploit de lion de Sergio Ramos, pourtant, cet Atlético Madrid avait été parfait. Ou presque. Un vrai match de football, où les vainqueurs n'ont pas été si bons et où les perdants n'ont pas été si mauvais.

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Comme toujours, Carlo Ancelotti avait choisi la prudence. Non aux bons pieds et au jeu crispé d'Illarramendi, oui au physique et au manque de rythme de Khedira. De toute façon, sans Xabi Alonso, l'Italien n'avait pas de bonne solution. Le choix du muscle, donc, et un 4-3-3 muable en 4-4-2 en phase défensive. Avec la BBC et Di María, avec Coentrão et sans Pepe. En face, Simeone profite comme prévu de l'absence de Xabi Alonso pour ne mettre en jeu que deux milieux centraux – les éternels Gabi-Tiago – et lâcher deux attaquants au pressing dans un 4-4-1-1 habituel. Sans Arda Turan, Raúl García doit une fois de plus se transformer en milieu droit. Le sacrifice jusqu'au bout. C'est-à-dire neuf minutes. Le temps de laisser courir Diego Costa, et d'attribuer la première erreur tactique à Diego Simeone.

Ironie de l'histoire, à son arrivée en Europe, Diego Costa avait déclaré : « Ce que je fais, c'est courir. Si tu cours, tu peux au moins faire croire aux gens que tu joues bien.  » Comme quoi. Mais pourquoi faire courir Costa et se priver d'un changement d'entrée de jeu ? La fin du match nous aura peut-être fait comprendre un tel sacrifice. Peut-être. Les dix premières minutes du match sont flottantes. Les yeux sont braqués sur l'énorme cuisse de Diego Costa. Et le reste est désordre. Tant mieux pour le Real, car l'Atlético semble concentré sur autre chose que la récupération. Et tant pis pour le spectacle. La bataille du milieu est hachée et donne à Khedira le temps de mettre sa lourde machine en marche, et à Modrić de faire comprendre à l'Allemand qu'il n'a que le droit de courir autour de ses extérieurs du droit.

Simeone a gagné la bataille du milieu de terrain

Côté Atlético, même une fois Adrian entré dans le bal, on reste prudent. Le pressing n'est pas aussi fou que prévu, les déplacements sont minutieux. Même en phase de contrôle du jeu, Simeone n'ose pas laisser Juanfran monter dans le dos de Cristiano. Et il a raison. Car à chaque situation où les Colchoneros se dévoilent, le Real se montre rapide et dangereux. Ainsi, la possession appartient aux Blancs, mais les combinaisons sont bénignes. Dans l'axe, impossible de passer l'entente Koke-Tiago-Gabi-Raúl García. Cela coulisse trop vite, cela gagne trop de duels. Bien aidé par les anticipations de Miranda, le quatuor nettoie l'axe. Il faudrait deux, voire trois gestes techniques de génie d'affilée pour se créer une occasion. Du coup, Modrić lance sur les côtés. Mais au lieu de pousser intelligemment et de forcer la possession jusqu'à trouver une faille, les joueurs du Real abandonnent vite le ballon : des tentatives individuelles, et une infinité de centres. Et puis, quand Di María passe, l'Argentin est arrêté de façon remarquable par le tacle par derrière de Raúl García, dont la lecture du jeu n'a jamais fait défaut.

Derrière, Khedira le vertical ne trouve pas sa place, et le jeu au pied gênant de Casillas handicape plus d'une fois la manœuvre. Devant, Benzema est la première victime de la maîtrise axiale adverse. Le Français crée des décalages, et montre une fois de plus la vitesse de ses pensées, mais le Real n'enchaîne pas. En face, sans Costa ni Arda Turan, l'Atlético manque de profondeur. Raúl García est trop loin du but. Villa ne peut pas à la fois remonter le bloc et faire des appels. Mais il y a les coups de pied arrêtés. Et ce coup de casque anodin de Godín. San Iker, ange humain, se troue. 1-0 pour l'équipe qui jusque-là récite le mieux sa partition. L'Atlético ne joue pas plus que le Real, mais il défend et se déplace tellement mieux, commet plus de fautes et obtient plus de corners.

Ancelotti a réparé ses erreurs à l'heure de jeu, Simeone a subi les siennes

Experte de la contre-attaque, la Maison Blanche se retrouve à devoir piéger une défense regroupée. Car l'Atlético ne se dévoilera plus jamais. À l'heure de jeu, Ancelotti retouche enfin sa toile. Deux changements pour deux échecs avoués : Khedira, tout juste rétabli, a perdu le défi physique ; Coentrão, plus sûr défensivement que Marcelo, n'aura jamais eu à défendre. Embêtant. Mais l'Italien a le mérite de s'en rendre compte relativement tôt. À la 59e minute, les 68% de passes réussies de Khedira laissent place aux 90% d'Isco, et Marcelo vient aider Di María.

Le piège se referme alors sur l'Atlético. Sans ressource offensive, les hommes de Simeone reculent face à un Real qui n'a même plus besoin de défenseurs. Un comble, alors que l'enjeu pour le Real en première mi-temps était justement de réussir à combiner rapidement sans perdre en équilibre, d'où le choix de Khedira. Simeone invite Ancelotti à jouer autour de sa surface, et Diego reste tristement sur le banc. Ancelotti s'est trompé pour Coentrão et Khedira, mais a pu les remplacer. Simeone, à cause de « l'histoire » Costa et de la blessure de Filipe Luís, n'aura eu qu'un seul changement. Et il se sera trompé, avec Sosa.

Luka Modrić, ce messie

Sans le sens du contre de Diego, l'Atlético joue tout entre les pieds de Villa. Futé, l'Asturien commet et subit 6 fautes, mais ne tire jamais. Superbe, mais trop seul. L'Atlético pourrait profiter de la défense volontaire, mais passive de Bale et Cristiano, mais la coupe est trop proche. Côté Real, on se réorganise. Isco joue milieu droit, Marcelo milieu gauche, Modrić entre les deux. Tout à droite, Carvajal. Tout à gauche, Di María. Derrière, un Ramos tout-terrain récupère tout et Varane veille. Devant, Morata vient s'ajouter à Cristiano, dont le positionnement très axial crée des espaces à Bale. 2-5-3. Marcelo voit des choses que Coentrão ne voyait pas, et surtout, Modrić continue son chef-d'œuvre.


En l'absence d'Alonso, le Croate aura pris les commandes de la première à la dernière seconde. Sans sa mobilité, sa lecture du jeu et ses extérieurs, ce Real ne serait pas champion. Avec lui, le jeu est rapide, précis, concret et volumineux. Trop volumineux pour l'intensité de l'Atlético. Le genre de prestations que le milieu Alonso-Khedira n'aura jamais produit, parce que trop loin. Omniprésent du haut de ses 14 kilomètres parcourus, Modrić écrit l'histoire en cassant le mur qui coupait le Real en deux depuis des années. Le tout face au pressing d'un Gabi passé au rang des très grands. Une fois digérées les deux entrées en jeu d'Isco et Marcelo, après dix minutes, l'Atlético les subit. Les vingt dernières minutes montrent un nouveau match. L'Atlético résiste non plus parce qu'il est mieux organisé ou tactiquement mieux préparé. Il met simplement plus de jambes dans la surface, il court plus qu'il ne le faut, il joue à la limite. Les relances sont imprécises, Koke et Tiago balancent des ballons vers une attaque vide, l'Atlético finit à 67% de passes réussies et Diego reste sur le banc. L'Atlético est héroïque parce qu'il tient bon. Mais on comprend vite que si Courtois encaisse un but, l'équipe héroïque finira par mourir lentement.

Sergio Ramos a sauvé le poste d'Ancelotti

Que les critiques auraient été dures pour Ancelotti si son numéro 4 n'y avait pas cru. Une composition hasardeuse et une bataille du milieu perdue, et puis vingt minutes à se ruer sur le but en confiant son poste au pied droit de Modrić. Mais voilà, « 90 minuti en el Bernabéu son molto longo  » , disait Juanito après une défaite à San Siro contre l'Inter dans les années 1980. Traduction : « Le Real lutte toujours jusqu'au bout. » Juanito, en 2014, c'est Sergio Ramos. Lui aussi andalou, lui aussi sanguin, torero, héroïque. En demi-finale l'an dernier, il avait déjà mis le but de la foi contre Dortmund à la 88e au Bernabéu. Hier encore, il était partout. Et dire qu'il a joué avec un carton jaune durant plus d'une heure… Sur une ultime passe de Modrić, encore lui, Sergio Ramos égalise.

Filipe Luís dehors, Juanfran blessé, Adrian et Villa sans jus, l'Atlético a non seulement pris un coup au moral, mais n'a plus de force. Mais ce manque d'énergie au bout du temps réglementaire vient quelque part valider les exploits du club qui aura réussi la plus belle saison en Europe. Non, Monsieur Dugarry, toute équipe qui se surpasse n'est pas forcément aidée par la médecine. La preuve hier, quand Gabi et ses hommes ont démontré qu'ils savaient tout donner durant 95 minutes. Et ne pouvaient pas en supporter une de plus. Simeone, avec le changement de Costa, et une telle dépense d'énergie, aura peut-être manqué de vision. Une équipe qui donne tout, c'est aussi ça. Le Real aura eu le mérite de se ménager. Et c'est peut-être le mérite d'Ancelotti, d'avoir pensé aux 120 minutes. Ou peut-être pas.

Aussi, quelque part, l'Atlético aura manqué d'égoïsme. À force d'aduler leur coach, « leur Dieu  » , comme disent les ressuscités Gabi et Tiago, ils en oublient que le football est un sport d'égos, de personnages, de figures. Voilà peut-être pourquoi Simeone avait voulu faire confiance, à tout prix, à Costa. Pour ce besoin d'égo, cet amour-propre, ce caractère, cette prise de responsabilités. L'exemple de CR7 en dit long. Une prestation catastrophique, justifiée par une gêne musculaire et la défense de l'Atlético, mais tout de même 9 tirs et une volonté infinie de marquer, de briller, d'aller au bout. C'est-à-dire un record de 17 buts. Peut-être qu'Arda Turan aurait suffi. Ou Costa. Ou peut-être aurait-il fallu garder Falcao pour espérer la coupe. Il en faut tellement pour soulever cette belle Ligue des champions. Il y a quarante ans, le 15 mai 1974, l'Atlético jouait sa première finale de C1. Après un coup franc reptilien d'Aragones en prolongation, le Bayern égalisait à la 119e minute, par un tir lointain de Georg Schwarzenbeck, défenseur central comme Ramos. Cruel pour un club qui connaît si bien son histoire.

Par Markus Kaufmann À visiter :

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