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Les leçons tactiques de Juventus-Ajax

Une semaine après s'être fait bouger à Amsterdam par le pressing organisé de la Juventus, l'Ajax a été arracher mardi soir un succès logique à Turin (1-2) grâce à sa capacité d'adaptation. Au bout de 90 minutes d'attaques rapides et de constriction progressive d'une Vieille Dame finalement étouffée en seconde période, voilà la bande de Ten Hag en demi-finale de C1. Et personne ne peut s'en plaindre.

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Imaginons. Louis van Gaal, 67 ans, est enfoncé dans son canapé, un verre de vin dans une main, celle de sa femme, Truus, dans l’autre. Puis, il se tape soudain le ventre et hurle : « En octobre dernier, quand l’Ajax s’apprêtait à affronter le Bayern Munich en phase de poules, j’ai été le premier à dire que cette équipe me rappelait la mienne. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tout le monde s’est foutu de ma gueule. Et puis, l’Ajax est sorti des poules et a éliminé le Real Madrid... » Encore ? Oui, encore : mercredi dernier, à Amsterdam, l’Ajax a regardé la Juventus de Massimiliano Allegri dans les yeux, lui a mis des coups, en a pris, mais s’en est sorti avec un nul (1-1) qui lui laissait 28% de chances de croquer dans une demi-finale de Ligue des champions, la première depuis le printemps 1997. Comment définir cette équipe qui fait renaître le fantasme d’un football total – avec un 4-2-3-1, ce qui tranche avec le sacro-saint 4-3-3 de la maison amstellodamoise –, qui avance sans réel meneur de jeu et qui est agitée par des mômes insolents et des expérimentés détonants ?


Peut-être en convoquant Jacques Brel, celui qui ne croyait pas au « talent » et qui préférait parler de « l’envie de faire quelque chose » . « Je prétends qu’un homme qui, tout à coup, rêve de manger un homard, a le talent de manger ce homard dans l’instant, de le savourer convenablement, lâcha-t-il un jour sur un plateau télé. Avoir envie de réaliser un rêve, ça, c’est le talent. Et tout le reste, c’est de la sueur. De la transpiration, c’est de la discipline. Je suis sûr de cela, et l’art, moi, je ne sais pas ce que c’est. Les artistes, je ne connais pas. Je crois qu’il y a des gens qui travaillent à quelque chose et qui travaillent avec une grande énergie. L’accident de la nature, je n’y crois pas. Pratiquement pas. » Turin, vers 22h50, mardi soir. La Vieille Dame d’Allegri est au sol, son 4-3-1-2 a été déshabillé, et il faut voir le quinquagénaire déposer les armes : « Le football est cruel parce qu’on prend un but sur une action fortuite et il y a eu un peu de peur après ça. En seconde période, mes joueurs se sont éloignés les uns des autres et l’Ajax a amplement mérité sa qualification. » Mais qu’est-ce que c’était, au juste ?


Repousser les limites


Lors de la manche aller, à Amsterdam, l’Ajax avait attaqué la rencontre comme lors de son aller-retour face au Real. Soit en défendant de manière agressive et avec un marquage individualisé sur les milieux de la Juventus (Pjanić-Bentancur-Matuidi). Problème: en pressant de cette manière, la bande de Ten Hag se mettait en danger lorsqu'un latéral (Veltman ou Tagliafico) venait à être effacé et la Vieille Dame a eu plusieurs situations de trois contre deux (Blind-De Ligt) à gérer. Cela n’a pas empêché l’Ajax de tenir le ballon (61% de possession), de faire mal (un peu moins d’une vingtaine de frappes, six cadrées) et de dialoguer en paix (85% de passes réussies), ce qui en disait long sur sa capacité à faire vivre le ballon. Mais cela lui a surtout coûté un but qui a mis en lumière ses failles : un but où De Ligt aurait dû favoriser le contrôle de l’espace plutôt que le contrôle de l’individu (ici Bentancur, ce qui a laissé Cristiano Ronaldo en totale liberté). Avant le retour, Erik ten Hag, qui avait annoncé son envie de voir des hommes « repousser des limites » , devait plancher sur cette histoire. À Turin, il a surtout vu une réponse.

Un touche-à-tout et un casse-tête


Et quelques chamboulements, d’abord. Alors qu’Allegri fait miroiter un nouveau 4-3-3, c’est finalement un 4-4-2 qui se déplie sur la pelouse de l’Allianz Stadium. La première ligne de quatre accouche d’un changement d’homme (De Sciglio plutôt que Cancelo, fautif sur l’égalisation de l’Ajax à l’aller) et d’une retouche essentielle : cette fois, Bonucci, toujours privé de Chiellini, prend l’axe droit et laisse Rugani à gauche, ce qui place le premier cité dans une position préférentielle pour relancer, contrairement à l’aller, mais ne règle pas le casse-tête de l’absence d’un gaucher pour sortir les ballons aux côtés d’Alex Sandro. La seconde ligne, elle, voit Can prendre la place de Bentancur, alors que Dybala vient remplacer Mario Mandžukić pour alimenter Ronaldo. En face, Ten Hag couche de nouveau son schéma référence, avec Van de Beek dans le rôle du touche-à-tout (déclencheur des séquences offensives de l’Ajax, démineur des lancements de la Juve) et, pour remplacer un Tagliafico suspendu, Noussair Mazraoui, rapidement blessé et remplacé par Sinkgraven.



Un schéma qui va passer un premier quart d’heure dans le brouillard tactique : comment organiser son pressing quand les milieux adverses permutent ? Le problème avait été aperçu à l’aller et se confirme au retour, Can et Pjanić ne cessant de permuter en provoquant un décalage instantané étant donné les marquages magnétiques réalisés par Van de Beek sur Miralem Pjanić et par Lasse Schöne sur Blaise Matuidi. Résultat, sur les premières séquences, Frenkie de Jong est souvent sorti du cadre par le placement d’Emre Can (il faut aussi gérer celui de Bernardeschi) et les chiffres de ses quinze premières minutes ne mentent pas : 20% de passes réussies (1/5), deux ballons échappés dans l’axe... Portée par sa flexibilité défensive, la Juventus force l’Ajax à jouer sur les ailes : Matuidi avale Ziyech, et Neres est introuvable (1 ballon touché lors du premier quart d’heure). Autre chose ? Oui, la Vieille Dame utilise Paulo Dybala pour faire sortir Blind et tenter de reproduire la scène qui avait amené à la tête de Ronaldo à l’aller. Première barrière: De Ligt apprend vite et va passer l’intégralité de la rencontre un bon cran derrière Blind, pour couvrir ses montées et ainsi mieux contrôler Cristiano Ronaldo. Ce qu’il va parfaitement faire durant 28 minutes.

L’art de la gâchette


Alors que la Juve ne cesse de lui couper la parole (51% de passes réussies seulement dans le premier quart d’heure pour l’Ajax), l’Ajax sort enfin des cordes et lâche ses premières phases de possession : Blind commence à trouver des rampes pour sortir les ballons, De Jong est entré dans son duel avec Can et ouvre ses premiers espaces, ce qui débouche sur la première cartouche allumée par Neres (20e), alors que Tadić se met à mélanger les pistes. Le jeu amstellodamois, construit avec un faux 9 et un faux 10, dessine ses premiers triangles, souvent brisés par les choix douteux d’Hakim Ziyech, mais facilités par la faible prestation de Bernardeschi et les nombreux échecs techniques de la première période. À la 28e minute, l’Ajax va pourtant glisser six minutes après une première alerte de Dybala. La semaine dernière, à Amsterdam, Erik ten Hag insistait sur l’importance « d’appuyer sur la gâchette » et, cette fois encore, son Ajax s’est retourné le revolver sur la tempe. Sur un corner consécutif à une transversale de Pjanić, pour une fois libéré par Van de Beek, De Ligt fait tomber Veltman et laisse Ronaldo abattre Onana. Allegri a raison : parfois, « le football est cruel » .



L’équipe que l’Ajax devait être


Sur son banc, malgré les premières éclaircies livrées par son groupe, Ten Hag voit son Ajax peiner à « sortir les ballons à cause de la pression de la Juve » et laisser Pjanić communiquer plutôt librement avec un Ronaldo volontaire. Pourtant, sur un alignement foireux de Bernardeschi, Van de Beek en profite pour égaliser et déclenche, sans le savoir, un effondrement : les cartes d’Allegri vont commencer à tomber. Car le problème de talents orageux comme ceux de l’Ajax, c’est qu’ils savent jouer plusieurs musiques et plutôt bien, surtout lorsque De Jong est soudainement libéré à ce point. Alors, à la pause, Erik ten Hag agit : « Plus de pression sur Can, Schöne et De Jong plus proches, plus de pressing des ailiers. » La Juventus, elle, perd Dybala et ce mec qui venait s’installer entre Pjanić et Can pour serrer le cœur du jeu et forcer l’Ajax à sauter des lignes. Moise Kean n’étant pas aussi généreux et mûr que Dybala, Allegri vient d’égarer une clé de pressing et doit accepter de voir l’Ajax débarquer sur chaque offensive en supériorité numérique. Place aux vagues : Ten Hag voit enfin se mettre en place un « chaos offensif organisé » , où il est possible de voir ses hommes empiler les jeux à trois en une-deux touches (57e), les décalages et les compensations.


Hakim Ziyech, qui a continué à se précipiter par moments, pousse Szczęsny au sauvetage (52e), puis Van de Beek l’imite (57e) alors que Miralem Pjanić enfile une cape (63e) pour venir casser, en bout de course, la conclusion d’une transition verticale délicieuse. Comme rarement ces dernières années, la Juventus d’Allegri est « contrôlée » , privée de Can et d’un Matuidi qui ne peut boucher tous les trous, et transformée en un rivage où s’enchaînent les vagues. Mardi soir, l’Ajax a réussi cet exploit en se débarrassant de la possession (44% en seconde période), en brisant le pressing mécanique turinois et en voyant De Ligt venir propulser un dunk décisif façon Blake Griffin sur corner sur les têtes de Sandro et Rugani (67e). « En seconde période, on a montré l’équipe qu’on pouvait être » , a tonné après la rencontre Frenkie de Jong. Sous certaines secousses, on a retrouvé en effet l’Ajax de Madrid, celui capable d’en mettre encore plus et capable d’avaler les caresses adverses. Cette fois encore, cette troupe a défini le cadre de la rencontre qu’on lui avait donné à jouer et a empêché la Juve, cette fois, d’appuyer sur les faiblesses vues à l’aller et lors de la première demi-heure du retour. Cette histoire continue et met une baffe aux idées de ligue fermée, projet du président de la Juventus, Andrea Agnelli. Demain, ce sera le City de Guardiola ou le Tottenham de Pochettino, des adversaires contre qui il faudra tuer avec plus de précision, mais il reste du temps pour se projeter. Ce matin, plus personne ne se fout de la gueule de Van Gaal : pour la première fois de l'histoire de la C1, un club ayant survécu à trois tours préliminaires durant l'été va danser dans le dernier carré, au milieu du gratin.



Par Maxime Brigand
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