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Les leçons tactiques d’Inter-Juventus

Au terme d'un choc fantastique, la Juventus de Sarri a logiquement dompté l'Inter de Conte pour la première fois de la saison dimanche soir (1-2). L'équipe nerazzurra a perdu Sensi à la demi-heure de jeu, ce qui a chamboulé une grosse partie de ses circuits préférentiels. Surtout, ces 90 minutes ont permis de ranger les deux équipes en deux catégories. D'un côté, une Inter en construction, de l'autre, une Juventus en affinage.

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C’était au milieu de l’été, quelques minutes après une défaite aux tirs au but face à la Juventus à l’autre bout du monde. Là, à Nankin, on avait retrouvé Antonio Conte, dans le fond et dans la forme. Extraits : « L’intensité doit entrer dans la tête de mes joueurs, c’est le plus important. Nous devons presser, d’entrée, et ne jamais rien lâcher. Lorsque nous avons le ballon, nous devons jouer avec nos idées. Aujourd’hui, on commence à voir une identité, mais il reste encore énormément de travail. (...) Même en amical, même aux tirs au but, la défaite doit nous ronger. Nous devons vivre en permanence avec ce sentiment. Donc maintenant, on baisse la tête, et on pédale. » Testa bassa e pedalare. Du pur Antonio Conte, comme si l’on avait retrouvé en quelques semaines à peine à l’Inter celui qui avait débarqué aux manettes de la Nazionale après l’échec du Mondial 2014 avec ces mots : « Mon Italie sera fière, humble et méchante. » Comprendre : elle travaillera, plus que les autres, et n’aura pas de temps pour les politesses. Pas surprenant venant d’un homme qui appelait souvent ses joueurs, d’Arezzo à Turin, à « ne pas faire de prisonniers » et qui est comparé par certains de ses ouvriers à « un marteau » . La raison ? Antonio Conte a des idées claires et n’hésite pas à les répéter inlassablement jusqu’à ce qu’elles entrent dans le crâne de ses joueurs. Et la plupart du temps, ça marche. Et vite.



La preuve : à Milan, Conte n’aura eu besoin que d’une poignée de matchs pour imposer sa patte. La forme : le natif de Lecce a transformé l’Inter en se basant sur ce qu’il avait fait, en matière de principes et de système, avec l’Italie, entre août 2014 et juillet 2016, mais aussi avec la Juventus, avec qui il a remporté trois Serie A en trois saisons dirigées. Soit un 3-5-2, qui cherche à ressortir proprement le ballon - ce que l’Inter a notamment fait magnifiquement en première mi-temps à Barcelone (2-1) en milieu de semaine - et à prendre des risques en respectant militairement des circuits fixes où les relayeurs (Sensi, Barella) sont les piliers tactiques. Conte réfléchit globalement, jamais individuellement, et cherche avant tout à construire « un esprit » , ce qu’il a toujours fait et ce que faisait également en son temps Arrigo Sacchi, qui a un jour expliqué ceci à propos du football : « Brecht disait que les plus grands artistes ont besoin de l’autre pour pouvoir s’exprimer entièrement. Brecht, toujours lui, disait aussi qu’une pièce de théâtre sans scénario n’était qu’une improvisation négligée. Michel-Ange disait que les tableaux se peignaient avec l’esprit et non avec les mains. Moi aussi, j’ai toujours pensé que le football se jouait avec l’esprit. » Et avec un moteur : le jeu, ce qui impose une cohésion parfaite du système. Avec six victoires en six journées de championnat, l’Inter de Conte avançait bien. Place donc au défi : la Juventus, qui débarquait dimanche soir à San Siro, avec également aucune défaite dans les chaussettes, mais aussi quelques interrogations.

Trappe défensive et profondeur


Car en installant Sarri sur son banc cet été, la Vieille Dame a accepté d’effectuer un virage serré. Le défi était clair et avait été posé récemment par Sacchi dans la Gazzetta dello Sport : « Sarri arrive dans une équipe qui a tout gagné et doit désormais inculquer un football totalement différent. Cela signifie qu’il doit avant tout convaincre ses joueurs, les mettre dans sa poche et les impliquer dans ce nouveau projet. » Si Conte a fait glisser ses joueurs dans son système de jeu, Maurizio Sarri, lui, a accepté de sacrifier le sien (le 4-3-3) pour installer un 4-3-1-2 à partir du déplacement à Brescia (1-2), fin septembre. Un nouveau schéma qui a permis à l’ancien coach de Chelsea de se rassurer défensivement - six buts encaissés lors des cinq premiers matchs de la saison, un seul lors des trois précédents ce déplacement à Milan - et de mieux protéger ses ailes. C’est surtout lui qu’on a vu débouler à San Siro dimanche soir, car d’entrée, c’est justement par les couloirs (et à l’impact de Cuadrado à droite et d’Alex Sandro à gauche) que la Juve a sauté au cou de l’Inter, même si les Interisti ont d’abord réussi à déployer leur circuit préférentiel : un relayeur (ici Sensi) qui trouve la doublette offensive Lukaku-Lautaro et cherche automatiquement le latéral (ici d’Ambrosio, préféré à Candreva).



Sensi trouve Lukaku, qui s’appuie sur Lautaro avant que l’Argentin ne lance d’Ambrosio dont le centre sera finalement contré par Alex Sandro.


L’objectif de Conte est simple : attaquer la profondeur en permanence grâce à du jeu rapide et aux nombreux appels des relayeurs dont les courses multiples permettent de dynamiser l’approche de l’Inter. Ainsi, le monstre qu’est en train de bâtir Antonio Conte est une machine en perpétuel mouvement où les appels des milieux permettent l’ouverture de nombreux espaces. Grâce à ça, l’Inter a depuis le début de saison réussi à sortir avec brio le ballon, à résister à de nombreux pressings et à trouver rapidement Lukaku et Lautaro, souvent installés face à des défenses à deux centraux. Résultat, de nombreuses situations de un-contre-un sont créées, avec d’un côté, Lautaro le mobile (ce qu’était Eder à l’Euro 2016) et Lukaku pour croquer dans la profondeur (le Pellè de l’Euro 2016). Problème : dimanche soir, cela n’aura duré qu’un temps. Trop court.


D’abord, car lorsqu'on joue la Juve, aussi « fragile » soit-elle, il faut être clinique dans ses choix. Ce que l’Inter n’a pas vraiment réussi à faire, Lautaro, pourtant brillant entre les lignes, oubliant d’abord Sensi (8e) et Lukaku, pourtant souvent vainqueur dans son duel avec De Ligt, faisant de même une minute plus tard (9e).





Entre-temps, la Juventus, qui a d’abord laissé le ballon à l’Inter (53% du temps jusqu’à la demi-heure de jeu), a ouvert le score en pétant le circuit d’Ambrosio-Lautaro (très risqué sur ce coup), laissant ensuite Pjanić servir Dybala au-dessus du cerbère défensif de l’Inter et l’Argentin briller dans son duel avec Škriniar. Devant au score, Sarri a alors pu installer progressivement sa trappe défensive : Matuidi au contrôle de Barella, Sandro pour empêcher d’Ambrosio de prendre la profondeur et Pjanić pour couper les relations interlignes. Ainsi, le côté droit - son côté fort - de l’Inter a été rapidement bloqué, même si le penalty de l’égalisation est intervenu à la suite d’un centre de Nicolo Barella, mais surtout d’un pressing parfaitement coordonné côté gauche de la part de l’Inter.



Asamoah monte sur Cuadrado, Sensi sur Pjanić, Brozović sur Khedira et Barella contrôle Matuidi alors que Škriniar n’hésite pas à suivre Dybala dans ses décrochages. Ainsi, Cuadrado est obligé de dégager et de rendre le ballon à l’Inter (ce qui est arrivé à plusieurs reprises en première période). Dans la foulée, l’Inter obtient le penalty de l’égalisation.

« Voir la lumière derrière le gratte-ciel »


On parle ici du premier match : celui avec Stefano Sensi, sorti sur blessure à la trente-quatrième minute, et dont le remplacement par Vecino, combiné aux nombreuses fautes de l’Inter (12 en première période, contre 2 côté Juve), a plombé la performance interista, l’international uruguayen ayant laissé un Khedira, pourtant moyen, entrer dans son match (son influence sur la possession de la Juve est alors passé de 4,8% à 6,4%), et Brozović se démener souvent en solitaire pour combler les trous. Jusqu’ici gênée dans sa relance, la Vieille Dame a alors soudainement réussi à respirer, Matuidi bloquant Vecino et n’hésitant pas à se lâcher offensivement. La fin de première période a ainsi réveillé un problème récurrent de cette Inter, déjà vu à Barcelone : la propension des éléments défensifs à se laisser parfois aspirer par le ballon et à ouvrir des espaces pour l’adversaire.



Aspiré par le mouvement de Dybala, Brozović laisse Cristiano Ronaldo en retrait, dont la frappe est sauvée par Handanović. Sur une phase similaire, le Barça avait inscrit son deuxième but en milieu de semaine dernière.




Trente secondes plus tard, lancé entre les lignes par Pjanić, Cristiano Ronaldo dévie pour Dybala, qui aspire d’un coup deux joueurs (De Vrij + Škriniar) alors que Godín est déjà lâché. Si le but de CR7 sera refusé pour un hors-jeu millimétrique, nouvelle alerte pour l’Inter.


Après la rencontre, Antonio Conte ne s’est pas caché : « Après la blessure de Stefano Sensi, nous avons perdu le fil. » Surtout, la Juve a définitivement saisi celui que lui tendait l’Inter, qui n’avait concédé que deux buts depuis le début de saison, a pris le contrôle du jeu dans la moitié de terrain interista (59% de possession dans le camp de l’Inter pour la Juve) et s’est amusée dans le dernier tiers adverse (75% de passes réussies dans le secteur, 50% dans la surface de l’Inter) avec notamment un Alex Sandro excellent (91% de passes réussies, 83% dans le dernier tiers adverse, 100% de dribbles réussies, une passe-clé, une interception) et un Pjanić de gala (100 ballons touchés, 72% de réussite dans le jeu long). Aux manettes de la rencontre, Maurizio Sarri a surtout réglé le cas de Bernardeschi, qui n’a jamais vraiment gêné les déclenchements de Brozović (Pjanić l’a mieux fait) et sur les pieds de qui Dybala est souvent venu marcher, comme pour forcer la main à son coach.



Un problème récurrent pour Sarri qui, lors de la victoire face à la SPAL (2-0), avait déjà vu Paulo Dybala décrocher à de multiples reprises dans le cœur du jeu (un secteur où la Juve avait déjà quatre éléments) sans que Ramsey, alors titularisé, ne prenne automatiquement l’espace derrière lui. L’Argentin aime prendre le ballon dos au jeu avant de se retourner, ce que Maurizio Sarri a de nouveau compris dimanche soir et c’est pourquoi le boss de la Vieille Dame a (enfin) fait entrer Higuaín dans la dernière demi-heure tout en sécurisant son système avec Bentancur, alors que l’Inter revenait doucement dans le match. L’association Higuaín-Dybala-Ronaldo n’a été conservée qu’une dizaine de minutes, mais devrait être rapidement installée pour une raison : avec ce losange, Sarri a trouvé une solution pour multiplier les combinaisons axiales rapides et pour presser haut et en bloc. Dans les cordes, Conte a aussi tenté des choses, notamment l’entrée du jeune Bastoni à la place de Godín, ce qui lui a permis d’installer un gaucher à gauche de sa défense à trois, mais n’a pas empêché la Juve d’allumer de partout (dix tirs en seconde période, cinq à l’intérieur de la surface) là où l’Inter n’a quasiment jamais été dangereuse lors des quarante-cinq dernières minutes. Conte, après la rencontre : « On a encore besoin de travailler. C’est un long processus. On ne peut pas se comparer à la Juve, qui joue dans une autre catégorie. Aujourd’hui, on travaille juste pour réduire l’écart et on est en construction. Mais si devant toi, tu as un gratte-ciel, ce n’est pas comme avoir un immeuble de 20 étages. Tu ne vois jamais la lumière. Nous devons être visionnaires et voir cette lumière derrière le gratte-ciel. »


Finalement, l’Inter est tombée logiquement à dix minutes de la fin sur un but qui résume tout ce que Sarri cherche à mettre en place : une séquence de vingt-quatre passes, de la patience et la création d’un chaos organisé soudain à l’approche de la surface adverse (un appel de Can ouvre un déplacement de Cristiano Ronaldo qui étire la défense à trois de l’Inter, où Bentancur et Higuaín n’ont plus qu’à combiner).



Dès le déclenchement de Pjanić, Ronaldo a deux solutions - Matuidi et Bentancur -, alors que les distances défensives ne sont pas respectées. La science de l’appel d’Higuaín fait le reste.


Drôle : en novembre 2012, Conte connaissait, à domicile, sa première défaite après 48 matchs d’invincibilité avec la Juve face à l’Inter (1-3). Dimanche soir, il a connu son premier revers avec l’Inter (1-2) face à la Juve, là aussi à domicile. Ce matin, il laisse la Serie A avec une confirmation (seule la Juventus décidera, encore une fois, de l’issue de ce championnat), Sarri avec de nouvelles certitudes (ce système est sans doute le bon, même si certains mécanismes de sortie de balle doivent être perfectionnés, ce que la première période a confirmé, et que Dybala doit être pour de bon positionné à la pointe du diamant) et Conte avec une confirmation : son Inter est dans le vrai, ce que la première mi-temps de Barcelone avait déjà prouvé, mais n’est pas encore assez complète pour rivaliser sur toute une saison. Pour l’instant, laissons-le avancer. Testa bassa e pedalare.

Par Maxime Brigand
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