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  2. // Real/Milan (2-0)

Les jeunes au pouvoir


Plus haut, plus vite, plus fort, le juvénile Real Madrid a mangé un Milan sans ressort. Avec Mourinho, les Merengue peuvent arrêter de contempler leur vitrine à trophées et regarder vers l'avenir.

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Quelle était la spécialité italienne quand la Botte écrasait l'Europe ? Le coup de poignard à la dernière minute, certes. Profiter de la première erreur de l'adversaire, aussi. Un autre classique était de plier l'affaire en deux minutes, dans le désarroi du premier but encaissé par l'adversaire. 13e minute : premier impair du match commis par Pato, une poussée sur Xabi Alonso à l'entrée de la surface, et Cristiano Ronaldo, bien aidé par un mur milanais peu solidaire et trop poreux, ouvre la marque. Le Milan perd alors la boussole et le ballon dès l'engagement. Les vieilles jambes de l'aristocratie milanaise ne répondent plus quand la jeunesse dorée madrilène semble se démultiplier. Cristiano Ronaldo déboule, prend de vitesse Zambrotta et sert Ozil à l'entrée de la surface. Frappe déviée par le dos de Bonera, et affaire pliée (2-0, 15e)

Avant l'ouverture du score, l'orchestration madrilène tendait vers le poussif mais la la mise en route pénible des Pirlo, Gattuso et Ronaldinho avait été mise à profit pour accaparer la balle. Seedorf sera, lui, à l'ouest tout le match. Alors, faut-il se contenter de souligner le différentiel de moyenne d'âge des deux équipes pour expliquer le verdict de la rencontre ? On serait tenté de répondre par l'affirmative pour une bonne part. Face aux contre-attaques survitaminées des madrilènes, la lenteur milanaise frappe, comme le manque de complicité d'une arrière-garde fragilisée par les forfaits de Thiago Silva et d'Abbiatti, substitués par Bonera et Amelia. Le quator Di Maria-Ozil-Ronaldo-Higuain se régale, jusqu'à se montrer trop gourmand. Ainsi, Di Maria mange la part des copains à la 42e minute, alors que trois coéquipiers ne demandaient qu'à recevoir une offrande.

Dominé physiquement, le Milan AC a décidé d'envoyer de longs ballons vers Ibra, avec Pirlo et Ronaldinho en charge de son approvisionnement. Les rossoneri tentent de compenser leur manque de souffle par leurs ressources cérébrales. Pirlo surprend ainsi toute la défense merengue en plongeant dans son dos comme s'il avait encore 20 ans, mais son service de la tête pour Ibrahimovic sera capté par Casillas. Grand ordonnateur de la timide réaction rossonera, le relayeur frappe ensuite un coup-franc sur la barre (30e). Ce sera à peu près tout, le Real en terminant avec ses largesses défensives en seconde période.


Depuis leur dernière sortie dans la compétition, à l'Abbé-Deschamps, les merengue confirment les nets progrès entrevus en Liga, en particulier dans la fluidité de l'animation offensive. Et si l'on prend comme point de référence, le Real-Milan de la saison dernière, l'avancée du projet de reconquête de l'Europe est tout simplement flagrant. Dans l'intensité et par son impact physique, le Real semble à nouveau tailler pour renouer avec des printemps européens. Côté italien, en revanche, pas d'indice de renouveau malgré les brillantes individualités alignées. Allegri osera t-il mettre sur le bas côté les déclinants Gattuso et Seedorf, pour donner davantage de tonicité à son onze ? En conférence de presse, Mourinho s'était fait son homologue du soir en moquant ses trois petits matches en Ligue des champions. Un manque d'expérience qui lui a peut-être empêché de prendre des décisions radicales par peur de se mettre à dos les pontes du vestiaire. Et qui a confirmé, malgré l'exception interiste, le déclin du football italien.

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