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Les invasions barbares

Une semaine après l'envahissement de terrain au stade Pierre-Mauroy, les Lillois se déplacent dans le stade le plus vide de France. Avec l'affluence de Louis-II, les dirigeants monégasques se disent sans doute qu'ils sont à l'abri et qu'ils ne risquent pas de voir les supporters de l'ASM déferler sur la pelouse. Une grossière erreur. Car qui connaît l'art de la guerre sait très bien qu'on peut réussir de grandes choses, même avec une poignée de soldats.

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Il paraît que l'herbe est toujours plus verte dans le champ d'à côté. Au fil des siècles, certains hommes plus ambitieux et plus chicaneurs que les autres ont poussé le concept un peu plus loin en partant sabre au clair toquer à la porte du voisin. Alexandre le Grand, Jules César ou Napoléon Bonaparte ont montré que pour avoir son nom dans les livres d'histoire, une bonne vieille invasion fait souvent l'affaire. Mais tout le monde n'a pas pour ambition de finir dans un manuel scolaire des éditions Nathan, et quand on est supporter de football, on a une vision moins grandiloquente du verbe « envahir » . Les Lillois en sont la preuve : l'envahissement de terrain reste une valeur sûre pour qui veut se faire remarquer, sauf que tous les hommes ne sont pas libres et égaux face à une pelouse à conquérir.


Par exemple, si on est supporter de Monaco et qu'on s’époumone avec quinze pelés dans des tribunes vides de Louis-II, on a moins de chance de réussir sa démonstration de force que lorsqu'on a quelques centaines d'ultras prêts à en découdre. Et pourtant, quand il est question d'invasion, la force du nombre ne fait pas tout. Michel Goya, ancien colonel de l'armée de terre devenu enseignant et auteur de nombreux ouvrages sur la guerre, rappelle que de petites armées ont parfois conquis de grands territoires : « C'est souvent le cas, il n'y a pas forcément de lien entre le nombre et l'efficacité. Les conquistadors, ils sont une poignée et ils s'emparent de tout le Mexique. Alexandre le Grand, c'est pareil. C'est un mec avec une relative petite armée qui s'empare de tout l'empire perse et qui va jusqu'en Inde. »

Yes we Khan


Gros bonnet de la conquête s'il en est, Gengis Khan a saccagé l'Asie au XIIIe siècle à la tête d'une armée réduite, et la légende lui prête une folle capacité à soumettre les peuples ennemis malgré des troupes peu fournies. « Une invasion, ça marche parce qu'on est mieux organisé que ceux d'en face, plus motivé, plus déterminé, et parce qu'on a pu préparer le terrain, analyse Michel Goya. Une des forces de Gengis Khan, c'était que tout le monde avait la trouille en le voyant arriver. Il y avait une politique de terreur, beaucoup se rendaient avant même de combattre. Les gens savaient que la résistance aboutirait à des horreurs. »


Autre avantage de l'empereur, une géographie propice aux razzias. Les immenses steppes mongoles offraient en effet un terrain de jeu idéal aux soldats de Gengis Khan, qui étaient d'habiles cavaliers rompus aux longues chevauchées. Goya poursuit : « Ça a été plus difficile quand ils ont pénétré en Europe. Il y a des coupures, des fleuves, des reliefs. Tout ça gêne les mouvements, la mobilité est plus facile dans des zones plates ou désertiques. Donc un terrain de football, c'est un terrain d'invasion idéal ! Il n'y a pas d'obstacles. » Surtout quand comme à Monaco, on a un rocher à trois cents mètres pour surveiller l'affaire : « Pendant une opération, c'est bien d'avoir un œil sur les évènements pour fournir l'état-major. C'est bien d'avoir des moyens aériens, des satellites, des avions, ou des gens qui sont au sol, mais qui regardent. Donc oui, un point haut, c'est un avantage. » L'invasion elle-même est finalement l'étape la plus simple. Les vrais soucis, eux, arrivent ensuite.

Plus à la mode


Car une fois sur la pelouse, on fait quoi ? On s'en prend à ses propres joueurs comme l'ont fait les envahisseurs à Lille ? Pas une bonne idée si on espère une victoire sur le long terme. Et le secret d'une invasion réussie, c'est de la rendre durable. Explications de Michel Goya : « Ça fonctionne si c'est suivi d'une occupation, lorsque le vaincu accepte sa défaite. Quand les Américains envahissent l'Irak, la guerre ne s'arrête pas car il y a des gens qui n'admettent pas leur défaite et qui veulent continuer. » De toute façon, l'époque n'est plus aux invasions et les exemples se font de plus en plus rares. En 1990, les Irakiens ont bien tenté de se payer une tranche de Koweït.


Plus récemment, on a vu les Russes squatter en Crimée. Mais ces conquérants, Michel Goya ne leur prête pas un grand avenir : « Avant, la guerre consistait à s'emparer d'un territoire. Pour accroître sa puissance, il fallait prendre la terre des autres car la richesse venait de là. Aujourd'hui, la richesse passe par d'autres éléments. Acquérir de la puissance, ce n'est plus forcément planter un drapeau quelque part. Et puis dans les mœurs, ça passe moins bien. C'est un peu passé de mode, la conquête. » Avant de poser cette question fondamentale : « Pourquoi on envahit la pelouse ? Ce n'est pas pour y rester, ni pour vivre sur place. Ça s'apparente plutôt à un raid. On pénètre sur un territoire pour détruire, puis on rentre à la maison. » Mais au-delà de l'air du temps, du peu de supporters à Louis-II ou des analyses philosophiques pour comprendre ce qui pousse un homme à franchir une barrière pour se faire tabasser par un stadier, la principale arme des dirigeants de l'ASM pour éviter les envahissements reste le passeport de Dmitri Rybolovlev. Un document frappé d'un aigle bicéphale, qui rappelle à ceux qui seraient tentés d'essayer qu'envahir la Russie n'a jamais été une bonne idée.



Par Alexandre Doskov Propos de Michel Goya recueillis par AD
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