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Leonardo-Tuchel, et s'il n'en restait qu'un

Quelques minutes après la victoire 6-1 du Paris Saint-Germain face à Angers, le directeur sportif parisien Leonardo a fait irruption dans l’auditorium du Parc des Princes. Pas pour faire des sourires, mais plutôt pour régler ses comptes avec Thomas Tuchel devant la presse.

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Les conférences de presse d’après-match de Ligue 1 au Parc des Princes se ressemblent toutes. Il y a d’un côté Thomas Tuchel qui raconte que tel ou tel joueur « est fiable » et que ce n’est jamais facile de gagner des matchs. Et de l’autre, un entraîneur dont l’équipe s’est prise une valise qui tente d’expliquer que le score est sévère et que ses joueurs ont fait ce qu’ils pouvaient. La conférence suivant PSG-Angers (6-1) n’a pas échappé à la règle, si ce n’est que Thomas Tuchel est arrivé avant Stéphane Moulin (contrairement aux habitudes, où c’est l’entraîneur visiteur qui ouvre le bal). Comme un présage de ce qui allait suivre. Alors que l’entraîneur du SCO était derrière les micros, un bruit court dans l’auditorium : « Leonardo devrait venir passer une tête, en conférence de presse. » Ça n’a pas loupé.


Quelques secondes après le départ de Stéphane Moulin, la porte s’ouvre ainsi à nouveau, et Leonardo fait irruption. Pourquoi le directeur sportif du PSG vient-il s’adresser à la presse ? Pour parler mercato, alors que celui-ci ferme ses portes le 5 octobre ? Un peu. Mais l’essentiel est ailleurs. Si Leonardo est là, c’est pour envoyer un message fort à Thomas Tuchel qui s’était plaint des transferts : « On n'a pas aimé la déclaration, le club n'a pas aimé, et moi personnellement, je n'ai pas aimé. Dans le moment qu'on vit, il y a des situations très graves. Ne pas comprendre cette situation, honnêtement, on n'a pas apprécié. Si quelqu'un n'est pas content, on parle, il n'y a pas de souci. S'il décide de rester, il doit respecter la politique sportive, les règles internes et le moment délicat que traverse le club. Une sanction ? On fait toujours les choses en interne. On n'a pas apprécié du tout. Ce n'est pas une question de mercato, c'est une question de forme. On va voir. Pour rester dans ce club, on doit être content. Avoir l'envie de souffrir pour ce club, avoir l'esprit de sacrifice. »

Florenzi, Letellier, Jesé... et c'est tout


Pour comprendre ce coup de colère de Leonardo, il faut remonter à la veille du match et à la conférence de presse d'un Thomas Tuchel réclamant des recrues : « Un effectif moins fort que l'année dernière ? Oui, c'est la réalité. On ne peut pas demander la même chose avec un effectif réduit parce qu'on doit combattre avec Liverpool, Manchester City, l'Atlético de Madrid et l'Inter, qui sont très forts sur le mercato. Le club sait de quel profil on a besoin. Maintenant, on doit attendre. Nous avons un effectif réduit, avec des joueurs qui sont souvent avec leur équipe nationale. Sans préparation, et avec le coronavirus. On va payer le prix en octobre, novembre, décembre, janvier. »



Un cri du cœur partagé par les supporters qui ont dû dire adieu à Edinson Cavani, Tanguy Kouassi, Thiago Silva, Thomas Meunier ou encore Eric Maxim Choupo-Moting. Autant de départs que les arrivées d'Alessandro Florenzi, Alexandre Letellier et le retour de prêt de Jesé Rodríguez ne suffisent pas à faire oublier. Et si Leonardo est venu se défendre en rappelant la situation économique compliquée (fair-play financier, transfert de Mauro Icardi dans le bilan comptable de cette saison), cela ne suffit pas à rassurer les supporters. Ni Thomas Tuchel, que le Brésilien a pris pour cible afin de contourner le débat sur le pauvre mercato parisien jusque-là.

Qui remportera l’épreuve d’immunité ?


Ce n’est pas la première fois que Thomas Tuchel se plaint du mercato en pleine conférence de presse. En février 2019, la cible de l’entraîneur allemand se nommait Antero Henrique. Quelques semaines plus tard, Thomas Tuchel avait remporté ce duel de testostérone avec le licenciement du Portugais et le retour de Leonardo au poste de directeur sportif. Sauf que la cohabitation entre les deux hommes n’a jamais été au beau fixe, le Brésilien ayant toujours voulu imposer son choix sur le banc (Massimiliano Allegri, pour ne pas le citer). Problème : au moment où il semblait être le plus fragile, Tuchel a finalement réussi à emmener son équipe en finale de Ligue des champions. Rendant, du même coup, son licenciement quasiment impossible.


Résultat, Leonardo use d’une autre méthode : le pousser à la faute. S’il a confirmé que les propos de Thomas Tuchel n’étaient « pas un motif de licenciement » , l’ancien défenseur du PSG a toutefois répété à maintes reprises que « le club n’avait pas aimé la déclaration » . Une situation qui doit en rappeler une autre chez l’entraîneur allemand, licencié du Borussia Dortmund en mai 2017 à la suite des désaccords avec le directeur sportif Michael Zorc... en partie en raison de divergences sur le mercato. Un scénario qui pourrait très bien se réaliser dans les prochains jours. À moins que le PSG, visiblement en manque de liquidités, n'attende la fin du contrat de Thomas Tuchel s'achevant en juin prochain. Ce qui semble certain, c’est qu'il n’en restera qu’un. Et il n’y a que très peu de chance pour que le flambeau de Leonardo s'éteigne. À moins que Thomas Tuchel récupère un collier d’immunité en Ligue des champions.

Par Steven Oliveira
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Paris a gagné, mais Tuchel se fait gronder




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