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Leonardo d’Agostini : « Les meilleurs films de foot sont des films sans foot »

Fan inconditionnel de la Roma, Leonardo d’Agostini est un metteur en scène qui s’est fait plaisir pour son premier long-métrage, puisque celui-ci se déroule dans le cadre de son club de cœur. Entretien avec le réalisateur d’Il Campione, de passage à Paris avec sa compagne et co-scénariste Antonella Lattanzi, dans le cadre des 12es rencontres du cinéma italien.

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Jeune talent du football italien, Christian (interprété par Andrea Carpenzano) brille autant par ses performances sur le terrain que par ses frasques en dehors. Pour le remettre dans le droit chemin, l’AS Rome recrute Valerio (interprété par Stefano Accorsi), un tuteur chargé de le préparer au bac, condition sine qua non pour avoir le droit de jouer avec l’équipe première. Naît alors une relation complexe où chacun va tenter de combler ce qui fait défaut dans sa vie personnelle. Adoubé par la critique depuis sa sortie en Italie au mois d’avril 2019, Il Campione débarquera sur les écrans français le 29 juillet 2020.

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Pourquoi avez-vous fait le choix de faire se dérouler votre film dans le cadre d’un vrai club ? Vous auriez pu inventer une équipe fictive.
Leonardo d’Agostini : C’est une démarche très personnelle. Sans être un ultra, j’adore la Roma.
Antonella Lattanzi : Ah oui, il est devant son match tous les week-ends ! Quand tu lui demandes qui est son premier amour, il te répond...
LDA : ... la Roma, l’Unico Grande Amore, c’est d’ailleurs l’hymne du club. (Il regarde sa compagne.) Mi dispiace ! Je l’ai toujours suivie et c’est un vrai motif de satisfaction que mon premier long-métrage se déroule dans sa maison, tant au centre d’entraînement de Trigoria qu’au Stade olympique. Pour être honnête, si le film ne se déroule pas au sein d’une équipe fictive, c’est avant tout une question de réalisme. Il fallait que le background contienne deux éléments réels pour que le spectateur croit à l’histoire : la Serie A et que le personnage de Christian joue dans un véritable club. On a aussi essayé de faire en sorte que le film parle à un public international et qu’il puisse être compris en dehors d’Italie.

Et vous Antonella, vous avez une équipe préférée ?
AL (sans hésiter) : Bari, ma ville natale. Mais je ne suis pas une vraie fan de foot pour autant. Pour moi, c’était l’occasion de découvrir et d’étudier un monde que je ne connaissais pas et d’écrire une histoire sur deux hommes qui apprennent à se connaître, ce qui n’est pas forcément évident quand on est une femme. C’était donc un vrai challenge.

Qui ont été vos conseillers lors de l’écriture du script ?
LDA : On a eu la chance de travailler avec Walter Sabatini (directeur sportif de Bologne et de l’Impact de Montréal, N.D.L.R.) ainsi qu’avec un journaliste de la Stampa qui s’appelle Matteo De Santis. Les scènes de match ont été tournées grâce au renfort de l’équipe de Pise.

Comment avez-vous convaincu la Roma d’associer son image au projet ?
LDA : C’est la première équipe qu’on a contactée et ils ont accepté après avoir lu le scénario qui leur a beaucoup plu. J’en suis encore le premier surpris, car l’histoire que raconte le film n’est pas très flatteuse pour les clubs professionnels, notamment au regard du business lié à la vente de jeunes talents comme Christian.

Justement, qu’avez-vous voulu montrer à travers ce film ? Car on comprend rapidement qu’il ne s’agit pas que de foot. L’amitié, l’amour, l’éducation ou encore l’abus de confiance y tiennent une place importante.
AL : C’est l’histoire d’un garçon qui est seul, qui n’a personne autour de lui et qui a la chance de trouver quelqu’un qui ne va pas lui enseigner comment jouer au foot, ni comment étudier, mais comment vivre avec de la discipline. Pour être un champion, vous ne devez pas seulement être un bon joueur de foot, mais une personne à la fois disciplinée et bien entourée. Le personnage du professeur est d’ailleurs seul lui aussi. Au fond de lui, il est perdu et n’a personne autour de lui. Il enseigne la vie, mais il a également besoin qu’on lui enseigne à lui aussi. Et en essayant de rendre quelqu’un heureux, il devient lui-même heureux. À travers Christian, il va trouver quelqu’un qui donnera un nouveau sens à sa vie.



LDA : On est parti de l’exemple de deux vrais joueurs : Antonio Cassano et Mario Balotelli. On a beaucoup étudié leurs histoires respectives et on a trouvé qu’elles étaient assez similaires malgré des parcours différents. Ce qui nous intéressait, c’est la possibilité que Christian ne perde l’opportunité de devenir un grand joueur malgré son talent, un peu comme Cassano et Balotelli.

Antonella, le scénario que vous avez co-écrit comporte d’ailleurs une petite part biographique.
« Ma mère a été la tutrice en maths de Cassano quand il jouait à Bari. C’est pour cela qu’on a demandé conseil à ma famille, pour comprendre comment on s’y prend face à des élèves qui refusent d’étudier et voudraient quitter l’école. Cassano détestait ma mère. »
AL : Absolument, mes parents et ma sœur sont tous les trois professeurs. Et ma mère a été la tutrice en maths de Cassano quand il jouait à Bari. C’est pour cela qu’on a demandé conseil à ma famille, pour comprendre comment on s’y prend face à des élèves qui refusent d’étudier et voudraient quitter l’école. Cassano détestait ma mère. Il préférait sa prof d’italien en ce temps-là. (Entre 1999 et 2001, N.D.L.R.)
LDA : Parce qu’elle était très belle !
AL : C’est vrai, mais de manière générale, il n’aimait pas l’école. Ce n’était que lorsqu'il était sur le terrain qu’il devenait véritablement heureux et trouvait une échappatoire à sa mauvaise situation scolaire. La différence avec l’histoire de Christian, c’est qu’on a écrit l’histoire d’un jeune qui finit par devenir une autre personne malgré son attitude difficile.

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LDA : Cassano, il a commencé à Bari, avec qui il est devenu très connu, grâce à ce but contre l’Inter notamment (son premier en pro, score final, 2-1 pour Bari, N.D.L.R.). L’année suivante, il a choisi de venir à Rome, parce que sa mère lui a déconseillé de signer à la Juve, parce que c’était un club trop gros pour lui à ce moment-là. À Rome, il a joué avec Totti, et s’il n’est pas encore devenu un véritable champion, c’était quand même un petit champion. En tout cas, suffisamment pour signer au Real Madrid, où il était entouré de Capello et de Zidane. D’un côté, c’était sa consécration et en même temps, c’est là qu’il a entamé sa descente en matière de frasques.


Si le film dépeint le genre d’excentricités dont sont capables les footballeurs professionnels, il ne manque pas pour autant de souligner qu’ils peuvent faire montre d’une grande générosité en parallèle.
« Quand il jouait en Angleterre, Balotelli avait donné 1000 livres à un SDF, comme ça. C’est le genre de geste dont il est capable quand il est seul. On le connaît pour ses conneries, mais pas pour ce qu’il est en privé. »
LDA : Exactement, parce que Cassano et Balotelli sont comme ça. Quand il jouait en Angleterre, je crois que Mario avait donné 1000 livres à un SDF, comme ça. C’est le genre de geste dont il est capable quand il est seul. On le connaît pour ses conneries, mais pas pour ce qu’il est en privé. Cassano c’est pareil, il pourrait se couper un bras pour un ami.



Vous l’avez invité pour l’avant-première ?
LDA (il ricane) : Non, mais on l’a montré à Totti. Il a dit : « C’est vraiment comme ça ! Je dois le faire voir aux jeunes. » Son fils s’appelle Christian, il a 13 ans et il va probablement jouer toute sa vie à la Roma lui aussi. D’ailleurs, le protagoniste principal a été nommé d’après lui, c’est un petit hommage. Au départ, il devait être black et s’appeler Mario. Mais entre-temps, on a trouvé Andrea Carpenzano et ça a été le coup de foudre immédiat, il est si parfait pour le rôle...



L’élément perturbateur d’Il Campione intervient lorsque Christian dispense une leçon de tactique à Valerio à l’aide d’un tableau magnétique. C’est à ce moment-là que le professeur comprend que son élève est doté de grandes capacités intellectuelles qu’il ne soupçonnait pas, puisqu'il n’y connaît rien au foot. Un exemple qui rappelle celui de Franck Ribéry, dont l’élocution a souvent été moquée dans les médias français, mais qui répondait sur le terrain par un QI football hors du commun.
LDA : Ah bon ? Je l’ignorais ! J’adore Ribéry, il est dans mon équipe Fanta Calcio (une sorte de MPG italien, N.D.L.R.). Dommage qu’il se soit blessé à la cheville...


AL : C’est pareil en Italie, mais en même temps, c’est de moins en moins le cas. Quand vous regardez les premières interviews de Cassano, qui est né et a grandi à Bari, c’est pareil que Ribéry : il parle un italien bizarre. Mais l’intelligence des footballeurs est ailleurs, il faut simplement trouver le moyen de communiquer avec eux. L’intelligence, ce n’est pas seulement s’exprimer correctement en français ou en italien. Sur le terrain, on voit par exemple que ce sont des gens qui pensent beaucoup plus rapidement que la moyenne.
LDA : Et il ne faut pas oublier que les joueurs professionnels ont dû quitter leur maison très tôt. Quand j’avais quinze ans, j’avais la chance de pouvoir sortir faire la fête avec des amis de mon âge. Eux, ils ont grandi avec des adultes. Ils n’ont pas vraiment vécu d’adolescence, ils étaient déjà grands.

Quel accueil le film a-t-il reçu à sa sortie ?
LDA : Bien, mais comme le foot est une religion en Italie, tu n’iras pas voir un film sur la Roma si tu es supporter du Napoli par exemple. D’ailleurs, tous mes amis sont pour la Lazio et m’ont dit : « Je t’aime hein, mais là ce n’est pas possible. » Sinon, les critiques étaient bonnes, on n’a pas à se plaindre. Paradoxalement, les meilleurs retours sont venus de spectateurs qui ne sont pas fans de foot. Et il a plutôt bien marché quand on l’a présenté à l’étranger. À Annecy par exemple, on l’a diffusé devant plusieurs centaines de jeunes âgés de dix à seize ans, ils avaient des questions merveilleuses après la projection.

Récemment, Paolo Virzì nous racontait la difficulté à filmer le football au cinéma.
LDA : Pour moi, les meilleurs films de foot sont des films sans foot. Pas parce que le football n’est pas spectaculaire, mais juste parce que c’est difficile de le rendre spectaculaire. C’est pour ça que je trouve que The Damned United est le meilleur film du genre de ces 30 dernières années.

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AL : Oui, le foot sert finalement à raconter autre chose : l’amour, l’amitié, la dépression... C’est une petite histoire qui s’insère dans quelque chose de beaucoup plus important.

Propos recueillis par Julien Duez Photos : De Rome à Paris, Andrea Pirrello et Francesca Fago.
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