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Le talentueux Mr. Bostock

Arrivé à Lens cet été dans l’anonymat quasi général après trois saisons passées en Belgique, John Bostock explose cette saison sur les pelouses de Ligue 2. Une récompense bien méritée pour celui que l’Angleterre voyait comme l’un des plus grands espoirs de sa génération, mais qui a mis du temps avant de confirmer. Portrait d’un Londonien pour qui rien ne sert de courir.

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Au-delà de flatter l’ego, il y a des cadeaux qui font plus plaisir que d’autres. Quand le FC Barcelone expédie les chaussures de Ronaldinho, signées par le magicien en personne, au jeune John Bostock, quatorze ans à l’époque, et dont il est l’un des plus grands fans, le message est clair de la part du club blaugrana. Avec ce délicieux cadeau en guise d’appât, la renommée du Barça faisant alors office d’hameçon, les Espagnols pensaient sûrement pouvoir remonter facilement ce gros poisson dont tout le monde parlait en Angleterre. Il n’en fut rien. Et malgré des tentatives similaires de la part de gros clubs de Premier League comme Chelsea ou Arsenal pour attirer la bête dans leurs filets, la pépite montante du foot anglais choisira de rester fidèle à Crystal Palace en signant son premier contrat pro dans son club formateur. Plus jeune joueur de l’histoire des Glaziers (à quinze ans et 287 jours), Bostock ne va pourtant pas s’éterniser bien longtemps du côté de Selhurst Park et c’est finalement Tottenham qui coiffe tous ses concurrents au poteau et remporte la partie de pêche en ramenant le poisson au port de White Hart Lane. Mais là-bas, barré par une solide concurrence et handicapé par son inexpérience et son jeune âge, le milieu de terrain n’aura pas le temps nécessaire pour faire ses preuves. Trimbalé de prêt en prêt et de club en club (Brentford, Hull City, Sheffield Wednesday, Swindon Town et Toronto FC), John Bostock ne va jamais réussir à confirmer les espoirs que tout le pays avait placés en lui. « Il m'expliquait qu'il y avait tellement d'attente à son sujet à cette époque-là qu'il n'a pas réussi à gérer tout ce qui lui arrivait. Et le fait de se rapprocher de la religion, ça lui a fait beaucoup de bien, ça a été comme une révélation pour lui et à partir de là, il a explosé » , se souvient Romain Reynaud, qui a côtoyé le jeune homme à Louvain, quand celui-ci tentait de se refaire la cerise loin de chez lui, en Belgique. Un avis que partage Paul-José M’Poku, ailier gauche en prêt au Panathinaïkos et meilleur pote de Bostock depuis leur rencontre à Tottenham : « Ce n'est pas facile de vivre avec cette pression sur les épaules quand on a quinze ou seize ans. À cet âge-là, on n'est pas prêt pour tout ça. Du jour au lendemain, tu vois ta tête dans les journaux, tout le monde parle de toi, c'est difficile à gérer. Je pense que le club ne l'a pas non plus aidé dans ce domaine-là. Aujourd'hui, les clubs savent que quand un jeune perce et fait parler de lui, il faut à tout prix le protéger, et John n'a pas assez bénéficié de ça à l'époque. »

Va chercher bonheur à l’étranger


Pour celui qui parle de Bostock non pas comme d’un ami, mais comme d' « un frère » , les doutes à propos du talent du joueur n’ont pas lieu d’être, et les raisons de son relatif échec sont à chercher ailleurs : « J'ai toujours dit de John que ce n'était pas un joueur typiquement anglais. Il a une technique supérieure à la normale, il est élégant à voir jouer. Mais c'est aussi quelqu'un qui a besoin d'amour et de stabilité pour être au top, chose qu'il n'a pas vraiment eu en Angleterre. Avant, on l'envoyait à droite, à gauche pour grappiller du temps de jeu et l'instabilité dans une jeune carrière ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. En Angleterre, certaines personnes voulaient qu'il change sa façon de jouer et c'est pour ça qu'il a bien fait de partir. Aujourd'hui, en Belgique comme en France, on se demande encore comment ça se fait qu'il n'ait pas percé là-bas. Il était sûrement trop bridé. » Voyant le potentiel de son ami pas ou mal exploité outre-Manche, M’Poku lui conseille alors d’écouter les propositions venant de l’étranger, en particulier celles issues de Belgique. « Connaissant bien le football belge (M’Poku appartient toujours au Standard de Liège, ndlr) et la manière de jouer de John, je savais que ça pouvait être un bon tremplin pour lui. » Difficile de taper plus juste ! Dans le Plat Pays, l’Anglais bénéficie du temps de jeu qu’il mérite et sa classe peut enfin éclabousser au visage de tous. Notamment de celui d’Ivan Leko, alors entraîneur au OH Louvain, qui parvient à convaincre le joueur de rallier son équipe après une première bonne saison du côté du Royal Antwerp (2013-2014). Capitaine de l’équipe et relais privilégié du coach à l’époque, Romain Reynaud est bien placé pour l’ouvrir : « Il était fan du joueur, il l'adorait, il était très fier de l'avoir attiré chez nous. Et quand un mec comme Leko, un ancien numéro 10, international croate, qui connaît bien le ballon, réagit comme ça, on ne peut que lui faire confiance. Et puis on en parlait un peu entre nous avant qu'il arrive, on savait que ça avait été le plus jeune joueur de l'histoire à jouer en pro à Tottenham. C’est pas rien. »

La gauche caramel


Ses premiers pas avec Louvain ne trompent pas. « Il est arrivé un jeudi, se remémore Reynaud. On s'est entraînés le vendredi, et le lendemain, on jouait l'une des meilleures équipes de deuxième division. Il est entré pour la deuxième mi-temps, et là, ça a confirmé ce qu'on savait de lui. Il a distillé deux ou trois passes dont il a le secret et on a vu que c'était vraiment pas mal. Le week-end d'après, il était titulaire. » À peine débarqué, Bostock devient vite l’homme à tout faire, le baromètre, le maître à jouer de l’équipe. Quitte à être parfois un peu « too much » . « Il est à l'aise sur un terrain, parfois même un peu trop ! » , confirme M’Poku en se marrant. Reynaud reprend la main : « Il a vu que c'était l'homme fort de notre équipe et, du coup, il essayait d'en faire un peu trop. Des fois, il te sortait des frappes de cinquante mètres et il fallait lui dire : "John, arrête, il y a mieux à faire." Mais bon, cinq minutes plus tard, il te retentait la même et ça partait pleine lucarne ! Voilà, ça c'est John tout craché, il ne doute jamais de lui. » Une confiance en lui qui est la marque de fabrique du Londonien de naissance. Et à en croire l’ex-défenseur de Vannes, Arles et Châteauroux, qui a passé deux saisons à ses côtés, il a de quoi croire en ses forces : « Il a l'esprit anglais, dans le don de soi, dans le fait de ne rien lâcher, ça tu ne peux pas le lui enlever. Après, comparé au box to box classique, il a une technique au-dessus de la moyenne et il est vraiment décisif offensivement. Il a un pied gauche fantastique et il ne se prive pas pour s'en servir. J'ai joué avec beaucoup de bons joueurs, mais un pied gauche comme ça, franchement je n'en ai jamais vu. En plus, c’est un mec qui fait le spectacle. Sur six penaltys l'année dernière, il nous a sorti cinq panenkas. Et bien sûr, il les a toutes réussies ! En six mois, c'était devenu l'une des idoles de notre public. »

« Il sera dur à arrêter »


Six mois plus tard, si le public de Bostock a changé, la donne n’a pas évolué d’un iota. Leader technique sur le terrain, ambianceur heureux de vivre dans le vestiaire (en témoigne son imitation impeccable de Michael Jackson sur Billie Jean), Bostock s’est déjà mis les supporters lensois dans la poche. « À Lens, il a trouvé l’amour dont il a besoin pour s’épanouir et ça se voit sur le terrain, se réjouit son meilleur pote et parrain de son fils. Il a trouvé un club qui le chérit, un coach qui lui fait confiance et lui donne des responsabilités. » Lors de sa première conférence de presse avec Lens, l’intéressé avoue même que le club l’a « touché en plein cœur. » Reste maintenant à savoir ce que le futur proche lui réservera s’il continue sur sa lancée. Cette saison avec les Sang et Or, l’élégant Mr Bostock a joué l’intégralité des matchs de championnat, claqué cinq buts, offert quatre passes dé, et son nom commence déjà à circuler un peu partout dans les cellules de recrutement européennes. De quoi inquiéter des dirigeants lensois qui ont déboursé seulement 150 000 billets pour se l’offrir cet été ? « Pas sûr, répond Romain Reynaud. On n’a jamais parlé de ça tous les deux, mais je pense qu'il a de gros objectifs personnels. Je sais qu'il y a déjà beaucoup de clubs sur lui. Quand il est venu me voir ce week-end, je lui ai dit : "Ça y est, tu vas partir, tu vas avoir de belles offres", mais son plus grand souhait à l'heure actuelle, c'est de monter en Ligue 1 avec Lens et de rester au club. Ce n'est pas une girouette, comme son CV pourrait le laisser croire. Il aurait pu gagner beaucoup plus en rentrant en Angleterre ou en signant dans un gros club belge, mais il ne fait jamais de choix en fonction de l'argent. » Une vraie bonne nouvelle pour les Lensois. « Il peut aller très loin, conclut M’Poku. Moi, je sais que c'est juste le commencement pour lui. Il est lancé et il sera dur à arrêter. » Les défenses de Ligue 1 sont prévenues.



Par Aymeric Le Gall
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