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Les Corons, retour presque normal

Ils sont flics, infirmiers, commerçants, ferraillent à la SNCF ou dans les compagnies maritimes transmanche. Sur le papier, rien ne devrait les unir... Sauf le Racing. Ce jeudi, après six mois à ronger leur frein sans stade, les Turbulens (association de supporters sang et or) ont remis le cap vers Bollaert. Entre chants, chambrage, un peu de picole et un énorme plaisir de taper le Paris Saint-Germain, ce retour vers leur temple artésien avait tout d’une libération. Avec le masque en plus, of course.

« Allez, allez ! Tendez vos mains, là, je n’ai pas que ça à faire. » Jean-François, J-F pour les intimes, a presque le ton autoritaire à l’avant du bus : « Pas le choix, les gars. C’est le chauffeur qui l’a demandé, et c’est aussi pour vous. À chaque arrêt, gel hydro-alcoolique. » Le car n’est pas encore parti de La Fabrik, repaire des Turbulens à Calais, que le juke-box à conneries est déjà lancé. « En six mois sans stade, mes mains ont bu plus d’alcool que moi lors de toute la saison dernière » , se marre Fred, alias Coach. En l’espace de trois minutes, la quarantaine d’aficionados sang et or s’est engouffrée dans le bus scolaire, et quelques « bouteilles pour se rafraîchir » sont solidement amarrées aux sièges. « Bon les gars, depuis le temps qu’on n’est pas allés au stade, faudra pas se plaindre si le jus d’orange est périmé » , lance Geoffrey, à la cantonade. Lui, comme tous ses potes de Bollaert, a dû poireauter depuis la mi-mars.


Arrêt des championnats, arrêt des déplacements, arrêt des voyages en bus jusqu’au bassin minier tous les quinze jours... « Déjà, la trêve estivale paraît longue, poursuit Coach, employé de la SNCF. Alors là, être privé de stade autant de temps, c’était interminable. On peut voir ça comme un soulagement, même si on sait que ça ne sera pas pareil. » Seulement 5000 abonnés – ceux de la Marek, le kop lensois – étaient autorisés contre Paris. Qu’importe : la frustration était telle, au cœur de la pandémie et du confinement, que grimper à nouveau dans le bus dégouline de saveur. « Il est où, le méga ? » interroge Jean-François, le président des Turbulens (45 abonnés). Les piles ne sont pas HS, mais le mégaphone est légèrement rouillé après une demi-année au placard. Très vite, sans aucune hésitation ou presque, les chants défilent, le plafond du bus en est quitte pour quelques vibrations. « On se sent revivre » , abonde le président, qui tente du mieux qu’il le peut de faire respecter le port du masque. « J’ai l’impression d’être un gosse qui va pour la première fois à Bollaert, jure Fred. C’est une drôle de sensation. »

« Il n’y avait plus l’échappatoire du foot »


Après vingt minutes de route sur l’A26, les derniers de la troupe grimpent à bord. Geoffrey, 34 piges et barman du jour dans l’allée centrale du bus, abat sa carte de chambreur : « Oh les gars, vous en êtes seulement à deux tournées après vingt minutes ? » Policier dans le civil, le père de famille renoue enfin avec sa bouffée d’oxygène. Ce qui lui manquait le plus ? « Les copains, le bus. Ici, il n’y a pas de prise de tête. La plupart, ça fait une dizaine d’années qu’on se connaît et qu’on va à Bollaert toutes les deux semaines. » Le confinement, il l’a vécu « à travers les autres. En tant que policier, j’étais très sollicité. Et au quotidien, il n’y avait plus l’échappatoire du foot, celui qui te permet de couper de tout pendant une soirée. La seule chose que je pouvais faire, c’était courir à un kilomètre de chez moi. » Quelques rangées derrière, lunettes de soleil sur le nez et T-shirt Lens Fans ajusté, Julien roule une clope avant l’arrêt pipi à mi-parcours.


Sa dernière virée lensoise remonte à février, son ultime déplacement à janvier lors d’un nul à Guingamp : « Nous y étions allés en J9, c’était l’époque où on pouvait encore faire un dep’. Pas sûr qu’il y en ait beaucoup, cette saison. » Infirmier urgentiste à l’hôpital de Calais, il s’est pris le confinement et la crise en pleine poire. « Pendant trois mois, je n’ai vu aucun de mes proches hormis mes collègues de boulot. Je partais à 6h30 de chez moi, je rentrais à 19h. Je mangeais, je dormais. En tant que soignant, j’avais de grandes chances d’être infecté, donc il ne fallait prendre aucun risque » , explique-t-il. Et le foot, dans tout ça ? « Même à la télé, il n’y en avait plus. C’était plombant de ne pas pouvoir se dire : "Ce week-end, on va au stade." Là, c’est un semi-soulagement vu les restrictions, mais il y a du plaisir. Et puis, on n’a même pas pu fêter la montée en Ligue 1 puisqu'on a appris ça avec une vieille publication sur Facebook. »

Paris ou un autre, peu importe !


Au fond, peu importe que ce soit Paris ou une autre formation pour renouer avec Bollaert selon ce petit-fils de Casimir, grutier dans les mines de l’Artois : « On a tendance à dire qu’on n’aime pas le foot parce que si c’était le cas, on aurait lâché Lens depuis longtemps vu nos résultats ces dix dernières années. Le kif, c’est d’être avec tes potes pour chanter. Ce jeudi matin, j’étais excité comme une puce. Je me suis réveillé à trois heures du matin, en étant déjà chaud. » « Évidemment on souhaite que Lens gagne, embraye Geoffrey, pendant que son assistant buvette renverse un fond de whisky-coca sur le sol de bus. Mais le foot est presque anecdotique. Bollaert sans 30 000 personnes, ce n’est pas Bollaert. Le plaisir est ailleurs. »


Il est sûrement à l’avant du bus où Quentin, la vingtaine et l’écharpe du Racing solidement nouée au cou, retrouve ses habits d’ambianceur sur un air de La Compagnie créole : « Au stade, au stade masqué ohé ohé ! On chante on chante on chante, au stade masqué ! » Le bus suit, à l’unisson. Quelques semaines plus tôt, l’ultra a appris que son CDD au sein d’une compagnie de ferry transmanche (Calais-Douvres) était stoppé. Fichu Covid-19, qui va flanquer à la porte environ 130 autres de ses compères du personnel navigant : « Ça faisait deux ans et demi que je bossais là-bas... Quand Boris Johnson a annoncé la remise en place de la quatorzaine au Royaume-Uni, tout le monde s’est précipité pour rentrer. Et le lendemain, il n’y avait plus personne. Résultat, on se retrouve sur le carreau parce qu’il n’y a quasiment plus de transport de passagers. »

Le bus mieux que le stade


Reprendre la route du bassin minier dans ce contexte, il n’y a pas mieux pour rebooster un moral alors que quelques fumis sont craqués à l’aire de Rely. « Je sais que pour le boulot, c’est mort jusque janvier prochain au moins. C’est un soulagement d’avoir la sensation de retrouver une vie un peu normale avec le foot, même avec le masque » , positive Quentin. Torche à la main devant quelques routiers circonspects, Jean-François a l’œil qui pétille : « Le stade me manquait, mais surtout les potes. Ça peut sembler naïf, mais j’ai le sentiment qu’avec les Turbulens, on fait partie d’une famille. On a tous des problèmes au quotidien, mais là, tu fais abstraction de tout ça. Tu refais le monde, tu ne parles pas de la pandémie... Notre match, on le vit dans le bus, pas au stade. Quand tu entends ces chants résonner d’un bout à l’autre du bus, c’est une proximité que tu ne retrouves pas en tribune. » Aurait-il quand même pu être privé davantage de gradins ? « Bon, j’avoue que j’en avais marre. J’espère un jour être un vieil ultra accroché au grillage, et continuer à chanter pour le Racing. Ça, on l’a tous en nous. »


Comme les 5000 privilégiés qui ont pu garnir l’antre artésien, et pousser les protégés de Franck Haise. Une heure avant le coup d’envoi, arrivée sur le parking de Bollaert. Coach est au taquet pour filer vers les escaliers défraîchis menant à la tribune. Ça se bouscule un peu, les stewards tentent tant bien que mal de faire respecter les distances de sécurité. Mais Fred se faufile et grimpe en Xercès, le kop étant fermé. Trois heures plus tard, Lens s’est imposé, ça s’est cassé la voix, le but d’Ignatius Ganago en a fait tomber plus d’un dans l’escalier, le moral est au beau fixe. Entre deux bouchées de frites raflées à la sortie du stade chez Sensas, le mastodonte de la frite sauce lensoise, Julien passe en mode débrief et savoure : « Putain, on a battu Paris, ça paraît dingue... » Avec son douzième homme, hors du stade.

Par Florent Caffery, sur l’A26
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