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Le président des otaries

Albert Kurshutov est pilote de rallye, conseiller municipal de Yalta et manager d’un parc d’attraction où des animaux marins jouent au football. Mais depuis 2016, Albert Kurshutov est surtout le propriétaire-fondateur du Kyzyltash Bakhtchissaraï, club de la communauté des Tatars de Crimée, qu’il mène à la baguette avec de grandes ambitions, malgré l’isolement du football criméen depuis l’annexion russe en 2014.

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Et si Albert Abdourachidovitch Kurshutov était le premier président de club qui n’aimait pas le football ? « J’ai toujours pensé que c’était un jeu stupide où des gens courent juste après un ballon » , lance, pour se présenter, l’homme à la tête du Kyzyltash Bakhtchissaraï, club inscrit en première division du championnat de Crimée. Montre en or rose, bracelet serti de diamants, chevalière, Kurshutov a, pendant des années, eu des préoccupations bien éloignées du ballon rond. Le rallye, d’abord, qu’il a pratiqué pendant des années à un bon niveau, gagnant quelques courses en Ukraine. Depuis que la Crimée a été avalée par la Russie en 2014, c’est fini : le niveau du rallye russe est trop élevé pour lui, et une douleur à la colonne vertébrale ne lui permet plus de piloter. Pas grave, il lui reste son mandat de conseiller municipal de la ville de Yalta et son poste de manager général de l’Akvatoria, un théâtre aquatique d’animaux marins. Et c’est donc dans son bureau, situé entre le bassin où les dauphins du parc d’attraction s’ébattent, une « maison retournée » et une ferme de tortues, que reçoit Albert Kurshutov qui, malgré ses multiples activités et son désintérêt pour le football, a décidé de créer un club à l’été 2016.

Pour info, c'est ça une maison renversée

« À la base, des gens sont venus me voir parce que je suis conseiller municipal et qu’ils voulaient une aide financière pour créer un club de futsal, explique Kurshutov. Moi, à la base, je ne voyais pas l’intérêt. » Ce qui va accrocher l’œil d’Albert Kurshutov, c’est que ce projet prévoit en fait de donner naissance à la première équipe dédiée à la communauté des Tatars de Crimée, une population déportée en masse par Staline à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, longtemps discriminée et à laquelle notre homme appartient également. « Lorsque la Crimée était en Ukraine, il était interdit de créer des associations communautaires, mais là c’était devenu possible » , se réjouit Kurshutov. Celui-ci ne cache pas sa satisfaction d’avoir vu la Crimée « revenir » dans le giron russe, et s’insurge lorsque l’on parle d’annexion. Une position qui ne fait pas l’unanimité dans la communauté puisque la chanteuse Jamala, par exemple, a remporté l’Eurovision en 2016 sous les couleurs de l’Ukraine, et qu’en 2017, la Russie a été condamnée par la Cour internationale de justice pour discrimination envers les Tatars de Crimée.

Un stade de 600 places


Albert Kurshutov, lui, balaie tout ça d’un revers de la main. Il allume une fine cigarette Parliament et propose de se servir dans les bols posés sur la table de son bureau : pastèque, melon, confiseries, tout vient de Crimée, donc tout est bon. C’est le 2 mai 2016 que l’hôte de ces lieux a finalement créé le Kyzyltash ( « pierre rouge » en tatar-criméen), alors basé à Yalta. « On a commencé avec une équipe de futsal, puis on s’est inscrit à un tournoi à 8 contre 8, puis, en août, on a décidé de se lancer à 11 contre 11 » , déroule Kurshutov. Une évolution rapide qui ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Inscrite directement en deuxième division du championnat de Crimée (les clubs de la région n’ont pas le droit de s'inscrire en championnat de Russie), l’équipe monte en D1 dès sa deuxième saison. « On a fini troisièmes mais les deux premiers ont refusé la montée, donc c’était pour nous » , sourit l’heureux investisseur.



Pour éviter de se marcher sur les pieds avec le Rubin Yalta, l’autre club de la ville, Kyzyltash a donc décidé de déménager à Bakhtchissaraï, une commune de 26 000 habitants sur la route entre Sébastopol et Simferopol, historiquement considérée comme un centre culturel tatar. Là-bas, le club parvient régulièrement à remplir le stade de... 600 places, en attendant d’en rénover un autre qui devrait pouvoir accueillir 2500 personnes. Pour leur première saison dans l’élite criméenne, les joueurs du Kyzyltash ont terminé cinquièmes sur huit. Pas suffisant pour Albert. « Entre notre première et notre deuxième saison, j’avais remplacé tous les joueurs et le coach, dit-il. Là, j’ai fait signer l’entraîneur et les cinq meilleurs joueurs du FC Yevpatoriya, le champion en titre. » Pourquoi autant investir dans un club qui ne peut même pas s’inscrire dans les compétitions européennes ? Albert Kurshutov a une idée derrière la tête : « Cet été, avec les dirigeants de la fédération de Crimée, on va avoir un rendez-vous avec l’UEFA pour les convaincre de nous laisser nous inscrire dans les championnats du sud-ouest de la Russie, dans la région de Krasnodar. » Ensuite, le ciel sera la limite.

Neymar, l’otarie


C’est qu’Albert Kurshutov a appris à aimer le foot. « On ne peut pas faire quelque chose si on n’aime pas ça, n’est-ce pas ? J’ai compris le sens de ce jeu, c’est devenu intéressant, même si je ne serai jamais comme ceux qui suivent une équipe partout et qui changent de coupe de cheveux pour ressembler aux joueurs. » Mais Kurshutov a assisté à deux matchs de la Coupe du monde, Espagne-Portugal à Sotchi et Allemagne-Corée du Sud à Kazan. Il allume la télé pour regarder la fin de la première mi-temps d’Angleterre-Suède puis se lève et invite à le suivre : « Il est l’heure d’aller voir le spectacle ! » En face des gradins, autour du bassin de son parc aquatique, des bâches représentent des dauphins accompagnés de portraits de Lionel Messi et de Neymar en maillot du Barça. Car sa passion nouvelle pour le football, Albert Kurshutov l’a injectée dans son activité principale. Son nouveau spectacle d’animaux marins est donc intitulé « Championnat des mers de football » . On peut y observer deux otaries, deux belugas, un morse et, donc, cinq dauphins multipliant les figures avec des ballons, accompagnés d’animateurs en tenues de footballeurs. « Notre première star est une otarie née en 2016 au Brésil, veuillez accueillir Neymar » , clame la présentatrice tandis qu’Albert précise que l’homme à côté de l’animal joue dans l’équipe B du Kyzyltash Bakhtchissaraï.



« C’est le seul endroit au monde où vous pourrez voir un match de foot disputé par des animaux marins » , explique le patron, qui rejette tout soupçon de maltraitance : « En liberté, ces dauphins vivent 15 ans, ici ils en vivent 20 ! » Une fois le show terminé, il tient à montrer l’annexe de son parc. Un petit bâtiment accolé au bassin où se succèdent de petits cabinets, une douche puis une petite piscine où s’ébattent d’autres dauphins. « Ici, les enfants autistes, ou atteints d’autres pathologies mentales, peuvent venir se soigner grâce à la delphinothérapie, une pratique qui nous a été amenée par des médecins autrichiens, annonce fièrement Albert Kurshutov. J’ai vu des enfants qui ne parlaient pas en arrivant et qui s’exprimaient normalement en repartant. » Albert croit aux miracles. Malgré l’isolement du football de Crimée, il dit avoir été invité en Turquie et en Égypte pour des matchs amicaux. Et annonce sa prochaine cible : la France. « Yalta et Nice sont jumelées, par exemple, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas organiser un match. Quand on veut, on peut. Donc nous jouerons bientôt en France. » Avec un peu de chance, il trouvera bien quelques otaries à embaucher.

Par Patrick Revolut, à Yalta (Crimée)
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