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Le pouce de San Iker Casillas

Pour la première fois en dix ans, un Clásico se déroulera sans Iker Casillas. Pendant trois mois, le saint disparaît. La faute à un pouce. Mais pas n’importe lequel. Interprétation.

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Il faut avoir un jour été coincé entre deux poteaux pour comprendre ce qui est arrivé à Iker Casillas le 23 janvier dernier. Une sortie aérienne est une affaire de tempo et de volonté. Un ralenti ne donnera jamais la mesure d’un corner brossé et flottant dans une surface. Plus le centre est brossé, plus la trajectoire est illisible. Il faut du rythme pour arriver au moment opportun au bas de la courbe. Ni trop tôt – le ballon vous passe au-dessus – ni trop tard – le ballon vous passe en dessous. Ensuite, il faut une volonté d’acier parce que le doute est l’ennemi de la sortie aux poings. Douter, c’est donner un dixième de seconde d’avantage à l’attaquant. Pour intercepter un corner, il faut jaillir et viser juste. Surtout ne pas penser. Mais le 23 janvier Iker n’y est pas. Le premier corner (3e minute) termine sur la tête de Valdez. Iker est sorti trop tôt et le ballon lui passe par-dessus. À la 18e, autre corner, autre erreur. Cette fois-ci, le saint est en retard. Il tombe au milieu du chaos. Un ballon est sans propriétaire et un gardien est dépassé. Du coup, ses mains sont là où elles n’auraient jamais dû être. Son pouce gauche traîne à mi-hauteur. Iker est dos au jeu. Arbeloa tape. Le premier métacarpe gauche du saint explose. Trois mois d’indisponibilité à l’heure où le Real joue sa saison et Mourinho sa réputation.

Tourner les pouces

Bien sûr, il serait idiot d’y voir un acte de sabotage. Personne ne met jamais une main contre un pied de façon consciente. Il y a des gestes qui, heureusement, sont incontrôlables. Aucun sportif de haut niveau ne se blesse volontairement. Un professionnel vit de son corps, il serait idiot de conclure à une irresponsable opération suicide de Casillas. Les conflits avec Mourinho, les querelles de couloirs, son remplacement par Adán, les prochains matchs décisifs contre Barcelona et United ne justifient pas tout. Prétendre le contraire est une bêtise. Pourtant il y a bien quelque chose qui cloche. Même Xavi, le footballeur qui connaît le mieux Iker, l’a remarqué : « J’ai parlé avec lui. Je l’avais déjà appelé quand son entraîneur avait décidé de ne pas le faire jouer titulaire. Cette décision m’avait déjà surpris. » Mourinho avait décidé de s’attaquer aux symboles. D’un point de vue gestion, le remplacement de Casillas était compréhensible (aucun joueur n’est indispensable). C’est au plan sportif que la décision était difficile à défendre (Adán n’est pas objectivement au niveau d’Iker, même sur un bras). Non, s’en prendre à Casillas, c’est s’en prendre à quelque chose d’intangible, quelque chose qui ne se touche pas. « Iker c’est l’âme du Real Madrid » , même Xavi le dit.

Iker Casillas n’est pas un homme impulsif. Il n’a rien d’un Guti ou même d’un Ramos. Iker est un saint parce qu’il est l’un des hommes les plus lucides au monde. Il sait garder son calme en toute circonstance. D’après José Manuel Ochotorena, entraîneur des gardiens de la Selección, c’est sa principale qualité : « La pression, c’est ce qu’il y a de plus difficile à gérer pour un gardien de but. Lui a développé une capacité particulière pour la supporter. Iker sait que nous attendons toujours des miracles de lui. Son don, c’est de savoir y répondre. La performance maximum lors de moments d’extrême tension émotionnelle, c’est le plus difficile à faire. Lui, il y arrive.  » Mais Iker est un homme. Le refoulement a aussi prise sur lui. Les conflits latents avec son entraîneur depuis plusieurs mois fragilisent les mécanismes de défense. Or, un capitaine du Real Madrid ne s’expose pas publiquement, ne prend pas partie contre un entraîneur, ne critique pas ses décisions. Un capitaine du Real représente les valeurs, l’exigence et la tradition d’une institution plus ancienne que la démocratie en Espagne. Un capitaine du Real Madrid refoule sa colère. Un capitaine du Real Madrid ne se révolte pas. Il encaisse.


Pouce

La sortie aérienne est l’une des actions les plus difficiles pour un gardien de but parce qu’elle a quelque chose à voir avec la confiance, l’assurance, la conviction. Un gardien de but qui sort mal est un gardien qui n’est pas à sa place, qui n’a pas confiance, qui n’y croit pas. Alors quand ce gardien sort et, en outre, se blesse au pouce, l’interprétation est inévitable. Le pouce, c’est le doigt qui fait du mammifère un être humain. Avec le pouce, l’Homme attrape, construit, écrit, mesure. Avec le pouce, César condamne ou gracie les gladiateurs. Avec le pouce, un gardien de but assure sa prise de balle. Iker, l’homme qui fait des miracles sur commande, celui qui pourrait faire basculer n’importe quel match à élimination directe sur un coup de génie ou un coup de pouce, cet homme qui, à lui seul, porte les espérances d’un pays de 40 millions d’habitants, cet homme-là s’est brisé le pouce sur une mauvaise sortie quelques jours avant le début des choses sérieuses avec son club. Pendant trois mois, ses pouces ne pourront plus sauver personne. Iker Casillas s’est brisé le doigt pour ne pas avoir à s’en servir, pour ne plus avoir le destin du club entre ses mains. Pour demander une pause. Pour mettre fin à une torture. Son pouce ne condamne pas, il accuse.

Par Thibaud Leplat
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