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Le plaisir selon Godín

Devenu capitaine de l'Atlético cet été, Diego Godín connaît, à 32 ans, son début de saison le plus compliqué depuis plusieurs années. Une simple ornière sur un parcours taillé à la lutte et qui doit tout à une conception toute particulière du plaisir sur un terrain : celle du joueur qui avance à l'honneur.

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Durant de longues soirées, au début des années 1990, ils partaient, à quatre. Il y avait le père, Julio, la mère, Iris, la fille aînée, Lucie, et donc le fils, Diego. Autour : les forêts de Rosario, ville d’un peu plus de 9000 habitants, située dans le sud-ouest de l’Uruguay. Là, les parents s’occupaient de la chasse, souvent aux perdreaux, et les enfants profitaient du temps de cuisson pour filer se balader le long du ruisseau voisin. Au printemps 1990, Diego Godín a quatre ans et décide de se faire un poisson, entre deux rochers. Il chute, le courant l’attrape et le gamin file en hurlant, lui qui ne sait alors, à l’époque, pas nager. Puis, tout s’arrête, notamment les cris. Premier déclic : « Je ne sais pas comment je m’en suis sorti... Avec des bottes, un coupe-vent sur le dos, un pantalon, du courant... mais je m’en suis sorti. »


Onze années passent, Diego a quinze piges et est devenu un monstre tout terrain : l’ado empile les records nationaux de son âge en natation, scotche son monde sur une piste d’athlétisme, se débrouille en basket et ne fait pas tache sur un terrain de volley. Le foot n’est pas loin, il grandit avec les histoires qu’on lui raconte, celle de la première Coupe du monde, organisée en 1930 en Uruguay et brillamment remporté par le pays hôte, celle du Maracanaço, des succès passés, et se forge entre les traumatismes de l’enfance. Au départ, Diego Godín s’entend dire qu’il est trop frêle pour être aligné lors des matchs entre enfants, on se moque de lui, il ne dit rien. Un jour, il répond et fracasse le nez d’un autre gosse. Il a décidé : ce sera le football.

L'inconsolable


Deuxième déclic : il y a dix-huit ans, Godín est à Montevideo, seul, coincé entre les espoirs du Defensor Sporting Club. Son poste ? Numéro dix. Son quotidien ? Une tentative de construction de repères lors de la première année, pas mal de sorties, beaucoup de galères. Et une prise de conscience, lors de l’été 2002, avant de chuter : une semaine avant le début de la saison, l’entraîneur du club de la capitale décide de réduire son groupe et de se séparer de Diego Godín. De ce moment, son ancien colocataire, Mauricio Rosa Noni, racontera quelques années plus tard : « Je me souviens même aujourd’hui de le voir marcher en criant dans les vestiaires, saisir ses affaires et partir. Diego était inconsolable et nous a dit qu’il ne jouerait plus jamais au foot de sa vie. »


Un retour à Rosario et quelques bitures plus tard, il est finalement revenu sur un terrain au Cerro, un club miteux de Montevideo où l’on se douchait alors à l’eau froide et où l’on jouait le week-end en cinquième division nationale. Lors de son premier entraînement, il se fait voler ses chaussures et est à deux doigts de tout envoyer en l’air pour la deuxième fois. Mais Godín résiste, est progressivement replacé en défense centrale, commence à jouer au foot « sans prendre de plaisir » mais avec le « sens des responsabilités » , ce qui conduit automatiquement à la souffrance. Celle de prendre la peine des autres et d’ouvrir la porte à une nouvelle forme d’ambition : gagner là où l’on ne gagne jamais. À contre-courant, une nouvelle fois.


La « douce et belle responsabilité »


Diego Godín a aujourd’hui trente-deux ans, neuf trophées dans les poches (un championnat d’Espagne, une Coupe du Roi, une Supercoupe d’Espagne, deux Ligue Europa, trois Supercoupe d'Europe, une Copa América), 123 sélections internationales et quelque 253 matchs avec l’Atlético sur le CV. Autre chose ? Oui : cet été, celui que Xavi décrit comme un « défenseur extraordinaire » est devenu capitaine de l’Atlético, après les départs conjugués de Gabi et Fernando Torres, deux marqueurs de l’histoire du club qui ont soulevé la dernière C3 remportée par les Colchoneros, en mai, à Lyon. Qu’est-ce que ça représente ? « Une douce et belle responsabilité » , répond Godín, qui a refusé en août les avances de Manchester United et prolongé dans la foulée son contrat jusqu’en 2021.


Ce que ça a changé ? Rien, le défenseur central uruguayen restant un soldat fidèle de Simeone, la représentation humaine du sentiment Atlético et un type qui infuse aux adversaires quelque chose qui ne s’achète pas : celle du bon mec, au bon endroit, au bon moment. Une rareté. Et le foot, dans tout ça ? C’est la question du moment au milieu d’un Atlético quatrième de Liga, de nouveau meilleure défense du championnat (à égalité avec Villarreal, N.D.L.R.) et qui reste sur un nul solide arraché au Bernabéu (0-0) lors d’une soirée où le double défensif de Godín, José Giménez, a gratté l’ensemble des louanges.

Oui, cet homme fait des erreurs


La question, alors : depuis le début de saison, Diego Godín, quart-de-finaliste du dernier Mondial, est un casse-tête pour Simeone et un défenseur qui apprend à flancher. Lors de la première journée, à Valence, le néo-capitaine avait mal lu la trajectoire d’un centre de Wass qui a amené à l’égalisation de Rodrigo. Soit la première faute directe commise et conduisant à un but adverse par l’Uruguayen depuis six ans, rien que ça. Loi des séries : à Vigo, début septembre (2-0), Godín a glissé sur l’ouverture du score de Maxi Gómez ; face à Eibar (1-1), quatorze jours plus tard, il est au départ du but inscrit par les Armeros ; à Madrid, contre le Real, samedi soir, il s’est montré fébrile à plusieurs reprises et aura notamment perdu – sans conséquence – un ballon fou devant Asensio à vingt minutes de la fin.


Dans les chiffres, voilà donc le capitaine impliqué sur trois des quatre buts encaissés cette saison en Liga par l’Atlético. Une bizarrerie derrière une assurance : Diego Simeone ne marchera jamais sans son capitaine, même si ce dernier affiche sans aucun doute sa plus mauvaise forme depuis six ans. Lui l’assume : « Nos erreurs défensives de début de saison ? Je peux en parler à la première personne. » Une nouvelle haie sur la route à enjamber, simplement ? C’est l’idée derrière la promesse éternelle : ce type tiendra la route « jusqu’à la mort » . Une autre vision du plaisir, définitivement.



Par Maxime Brigand
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