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Le Milan donne la leçon à Barcelone

Auteurs d’un match remarquable et impressionnants d’efficacité, les joueurs du Milan AC ont fait mal au Barça. Vainqueurs 2 à 0 de Catalans incapables de faire quelque chose de leur possession de balle, les Milanais sont en ballotage très favorable avant un match retour qui s’annonce délicieux.

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74,3% de balle, trois tirs, un tir cadré. Ça, c’est pour les stats. Pour l’image, la première période des joueurs du FC Barcelone, c’est une belle soirée avec une nana sublime, de la drague qui marche du tonnerre, mais même pas un petit bisou avant de rentrer à la baraque. Au fond, il ne pouvait pas y avoir de meilleure définition du terme « stérile » que ce premier acte du Barça. Des redoublements de passes à n’en plus finir, une balle qui court, à droite, à gauche, devant, derrière, mais surtout des Milanais qui se battent comme des chiens, avec leurs moyens. Pas franchement décidés à jouer le jeu des Catalans et à tenter d’attaquer comme des ânes, les joueurs de Max Allegri ont fait ce qu’il fallait pour déjouer les pronostics. Ce soir, c’est chose faite.

Au Barça la balle, au Milan les occasions

La sale gueule de la pelouse, le bus garé devant le but du Milan AC ou la coupe de cheveux de Kevin Prince Boateng. La presse espagnole, qui cherche déjà ses excuses en cas de contre-performance du FC Barcelone ce soir, à l’embarras du choix. Dès le coup d’envoi, une longue ligne se dessine au milieu de terrain milanais, où latéraux et milieu centraux s’épaulent pour tenter de contrecarrer les plans de la bande à Messi. Et d’entrée de jeu, le résultat est plutôt efficace. Rarement pris à défaut, les Transalpins se procurent les premières occasions de la rencontre. Sur sa seule fulgurance de la rencontre, une volée lointaine du gauche, Muntari fait trembler Valdés. Toujours en mode passe à dix avec leur horrible maillot Sunny Delight, les Catalans se baladent un peu partout dans la surface milanaise, sans jamais déclencher la moindre frappe. Alors oui, les potes de Busquets, premier sur l’embrouille, se procure des corners, mais à 1m10 les bras levés, on ne fait pas grand-chose. Tranquille dans ses buts, sans la moindre tentative à stopper pour se divertir, Abbiati regarde El Shaarawy louper la première grosse opportunité de la rencontre. Parfaitement servi en une touche par Boateng, le Pharaon prend la profondeur mais, seul face à Valdés, pousse trop son ballon. C’est dommage, mais Balotelli, en tribunes, est occupé à faire rire sa gonzesse. Définitivement le meilleur. Le reste de la mi-temps, c’est l’histoire d’une équipe qui ne joue pas comme une imbécile contre le Barça. Qui sait lui laisser le ballon, mais ne pas lui laisser les espaces. Qui sait qu’elle est inférieure dans beaucoup de compartiments du jeu, mais qui ne fait pas de complexes. Illustration parfaite un peu avant la pause, quand Constant se fait enrhumer par Messi avant de sprinter sur vingt mètres pour récupérer la balle. À la pause, les visages milanais sont marqués. On craint le pire pour la seconde période.

La main de Dieu est colombienne


Sauf qu’apparemment, quinze minutes suffisent largement à se refaire une santé. Même quand on s’appelle Ambrosini et qu’on a 35 balais. Oui, les premiers qui sont à l’attaque au retour des vestiaires, ce sont les locaux. Toujours à la peine quand il s’agit de faire quelque chose de leur possession de balle lorsque ce n’est pas Getafe en face, les Catalans se font punir par le Dieu du foot. Par sa main, en fait. Sur un coup franc aux quarante mètres, le ballon est dévié par la main de Zapata façon Jeanne et Serge, Boateng traîne par là et ne se fait pas prier pour exécuter Valdés. Pan ! Coup de foudre au match de football, San Siro fait la teuf, le Grande Milan est dans la place. Car il faut bien le dire, s’il n’a vraiment pas sa belle gueule d’antan, ce Milan-là, meilleure équipe de Serie A en 2013, fait le boulot. Et comment ne pas parler du match du dernier des Mohicans ? Patron au milieu du terrain, Ambrosini réalise un match fou. D’ailleurs, Fàbregas, totalement invisible, trinque et cède sa place au sosie de Faudel, Alexis Sánchez. Finalement, le seul Barcelonais qui fout le feu à chaque accélération, c’est ce diable d’Iniesta. C’est lui qui, à un quart d’heure du coup de sifflet final, décoche une très belle frappe de loin, qui meurt près du poteau d’Abbiati. La deuxième du match pour les Barcelonais, après une tentative de Xavi en première période. Sinon, un petit bonhomme vient d’entrer en jeu. Il y a quelque temps, il jouait à Caen ; ce soir, il entre contre le Barça, mais ici, on aime dire qu’il a fait un mauvais choix. Quelques minutes plus tard, M’Baye Niang réalise un excellent choix. Dans la surface, le Français perd le contrôle de la balle, mais parvient à transmettre à El Shaarawy. Pas en réussite tout au long de la rencontre, l’Italo-Égyptien envoie un caviar en l’air à Muntari qui, d’une volée croisée du gauche, donne un tout autre sens à son mauvais match. 2-0, le Barça se fait taper sur les doigts. Dans deux semaines, le Milan pourra garer un bus, un tank et un tractopelle devant son but. L’important, il l’aura fait à la maison. Et surtout, il ne l’aura pas volé.

Swann Borsellino
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