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Le match que vous n'avez pas regardé : Amedspor-Sancaktepte

En Turquie, football rime souvent avec politique. Surtout, lorsqu'il s’agit d’Amedspor, le principal club de Diyarbakir, la grande ville kurde du pays. Et tant pis si les Rouge et Vert n’évoluent qu’en TFF 2. Lig, l’équivalent de la troisième division. Pour ses supporters, Amed SK est un porte-étendard de l’identité kurde. Mais à l’occasion de la réception de Sancaktepe, les fans sont restés à la maison, huis clos oblige. C’est le match que vous n’avez pas regardé. Et eux non plus.

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Pas un supporter à l’horizon. L’hymne turc retentit dans les travées quasi désertes du Diyarbakir Stadyumu, alors que les joueurs d’Amedspor et Sancaktepe font face à la tribune présidentielle. Seuls quelques centaines de policiers remplissent les 33000 places de ce stade flambant neuf, construit à la périphérie de la ville et inauguré l’an dernier. Pour comprendre les raisons de cet étrange spectacle, il faut remonter deux semaines plus tôt, au 2 mars 2019. Amedspor, le principal club de Diyarbakir, dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, reçoit alors Sakaryaspor, une ville proche de la mer Noire. Les deux équipes se quittent sur le score de 1-1, mais le lendemain, une polémique éclate.

Agression à la lame de rasoir

Les joueurs de Sakaryaspor accusent Mansur Calar, un milieu d’Amed SK, de les avoir agressés avec une lame de rasoir, photos de leurs blessures à l’appui. Les médias turcs diffusent également des images du match où l’on voit Mansur Calar agripper avec la main certains adversaires. Difficile de juger si le joueur tient, ou non, une lame de rasoir entre ses doigts. Naturellement, les dirigeants d’Amedspor crient à la manipulation. Cinq jours plus tard, la sanction de la Fédération tombe : suspension à vie pour Mansur Calar et un match à huis clos pour l’équipe de Diyarbakir.



En ce début d’après-midi ensoleillé, c’est donc privé d’un de ses meilleurs éléments et du soutien de ses ultras qu’Amedspor se présente pour affronter Sancaktepe Belediyespor, un club de la périphérie d’Istanbul. Un silence pesant qui n’empêche pas les locaux, en maillot blanc, d’ouvrir tranquillement le score dès la 20e minute : lancé dans le dos de la défense, Gökan Lekesiz trompe facilement le gardien de Sancaktepe d’un plat du pied plein de sang-froid (1-0). Un but qui a le mérite de réveiller un peu les ardeurs des joueurs stambouliotes. Le 6e du championnat de TFF 2.Lig tente de faire valoir son rang face au 9e. Sur un centre venu de la droite, Abdülkadir Akyildiz dévie le ballon de ses cheveux blond peroxydé, mais sa tête n’est pas assez décroisée pour tromper le gardien d’Amed SK, pourtant peu serein sur sa ligne. Les joueurs de Sancaktepe insistent et, cinq minutes avant la pause, c’est Berke Yılmaz qui égalise logiquement, après un bon travail de son coéquipier Irfan Akgün à l’entrée de la surface (1-1, 40e). De retour des vestiaires, le match se fait de plus en plus haché, et il faut une reprise de volée sur la barre d’Ismaïl Düzgün, le nouvel entrant côté Sancaktepe, pour sortir la dizaine de journalistes accrédités de leur torpeur. À dix minutes du terme, c’est finalement Gökan Lekesiz, déjà buteur pour Amedspor, qui se mue en passeur décisif. Sa déviation dans les seize mètres profite à Furkan Yaman qui pique son ballon dans la lucarne gauche et donne la victoire aux siens, dans une ambiance de cathédrale (2-1, 80e).

Amendes, perquisitions et huis clos

Un succès au goût amer pour le club kurde, dans la tourmente depuis plusieurs années. Pour les Rouge et Vert, les ennuis commencent en 2014, lorsque les dirigeants de Diyarbakir Büyüksehir Belediyespor décident de rebaptiser leur équipe Amedspor. Un choix hautement symbolique et politique, "Amed" étant le nom kurde de Diyarbakir. Située sur les bords du Tigre, la ville de deux millions d’habitants est la capitale officieuse des Kurdes de Turquie. Cette minorité – qui représente entre 15 et 20% de la population turque – revendique le droit à affirmer sa propre identité. En parallèle de ce mouvement pacifiste, une organisation indépendantiste armée, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), est en guerre contre l’État turc depuis la fin des années 1970. À l’automne 2015, une guérilla urbaine éclate au cœur de la vieille ville de Diyarbakir. Les supporters d’Amedspor prennent alors ouvertement position en faveur des rebelles. La réponse des autorités ne se fait pas attendre : amendes, perquisitions et, déjà, des matchs à huis clos.


Malgré ce climat délétère, le club kurde parvient pourtant à se hisser, quelques mois plus tard, en quarts de finale de la Coupe de Turquie. Face au Petit Poucet kurde se dresse un géant venu d’Istanbul : Fenerbahçe, l’équipe favorite du président turc, Recep Tayyip Erdoğan. Alors que les affrontements entre le PKK et l’armée turque continuent de faire rage dans le sud-est du pays, la double confrontation cristallise les tensions. Après la victoire au tour précédent contre Bursaspor, Deniz Naki, le meilleur joueur d’Amedspor, a la mauvaise idée d’exhiber son bras orné du tatouage "Azadi", liberté en kurde. Le meneur de jeu allemand d’origine kurde est alors suspendu douze matchs par la commission de discipline pour « propagande idéologique » . Privés de leur maître à jouer, les Kurdes ne déméritent pas, mais sont éliminés sans surprise de la compétition par les Canaris (3-3, 3-1). Depuis ce coup d’éclat, Amed SK, empêtré dans les problèmes extrasportifs, continue de végéter dans le ventre mou de la troisième division. Deniz Naki a lui été suspendu à vie, en janvier 2018, pour avoir exprimé son soutien aux YPG, les combattants kurdes de Syrie. Quant aux fans d’Amedspor, ils se posent après chaque rencontre la même question : le prochain match à domicile se jouera-t-il, ou pas, à huis clos ?

Par Thomas Lecomte, à Diyarbakir (Turquie)
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