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Le marathon napolitain

Il court, il court, le Napoli. Pour larguer la concurrence en Serie A, les hommes de Sarri galopent, partout, tout le temps, sur le pré. Reste à voir si cette débauche d'énergie et cette quête de Scudetto sont compatibles avec un parcours en Ligue des champions, qui se poursuit ce soir avec un déplacement à Manchester City.

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L'exercice est virtuose et il en devient forcément usant. Face à la Roma samedi soir, le Napoli a gagné pour la huitième fois en huit journées de Serie A (0-1). Et comme d'habitude, les gars de Maurizio Sarri y ont mis la manière : les courses sont coordonnées, les passes ciselées et millimétrées et l'Olimpico assiste à une ballet collectif longtemps flamboyant, où les Giallorossi, privés de ballon, sont presque spectateurs. Un spectacle qui prend pourtant soudainement fin à partir de la 70e minute. Les Azzurri piquent alors subitement du nez, laissent le cuir à la Louve et manquent même de peu de se faire rejoindre au score à deux reprises, quand Džeko touche la barre, puis lorsque Fazio décoche une tête miraculeusement sauvée par Reina.

109 kilomètres par match


De quoi identifier ce qui pourrait constituer l'une des failles principales du projet napolitain. Pour planer sur l'Italie, multiplier les dédoublements et récupérer le ballon très haut comme le souhaite Sarri, le Napoli cavale. Plus que tout le monde ou presque. Avec 109 kilomètres parcourus en moyenne par match, Naples est la formation qui parcourt le plus de distance par match en Serie A parmi les candidats aux titres, devançant nettement la Juventus, l'Inter, le Milan ou encore la Roma, la Lazio seule faisant jeu égal avec les Partenopei en matière de distance cumulée sur le pré. Lorenzo Insigne est même le deuxième attaquant qui galope le plus en championnat derrière le Laziale Sergej Milinković-Savić. Ce qui n'empêche pas Sarri de systématiquement l'aligner. Douze matchs, douze titularisations toutes compétitions confondues pour Il Magnifico. Dries Mertens en est lui déjà à dix apparitions dans le onze type. Pour l'instant, ni l'enfant du pays ni le Belge ne tirent la langue, mais Sarri n'est pas dupe : une panne d'essence arrivera forcément au cours de la saison.

Turnover déficient


Pour résoudre le problème, le grand manitou napolitain a tenté de prévenir plutôt que guérir en s'astreignant à un procédé dont il n'est habituellement pas un grand fan : le turnover. C'est même avec un onze remanié que Naples avait affronté le Shakhtar mi-septembre en C1, avec Mertens, Allan et Jorginho relégués sur le banc de touche, quand leurs suppléants respectifs, Milik, Zieliński et Diawara étaient chargés d'ambiancer la partie. Problème : rien ne se passe comme prévu, Naples est inhabituellement fébrile et s'incline 2 à 1. Un gros bide suite auquel Sarri est soupçonné par certains médias italiens de mettre un chouïa la C1 de côté, au profit du Scudetto : « Non, ce n'est pas du tout mon intention. J'ai dû mettre sur le banc des joueurs comme Mertens, oui. Certes, c'est un joueur extraordinaire et je n'aime pas ça. Mais c'est un attaquant, il a besoin d'être parfaitement frais physiquement. Il ne peut pas jouer 50, 55 matchs par saison. On n'a pas le choix, à l'occasion, on doit le préserver. »


Le technicien a d'autant moins la possibilité de prioriser le championnat au détriment de la C1 que son président, Aurelio De Laurentiis, est toujours capable de péter un câble s'il estime que ses joueurs ne sont pas au niveau attendu en Ligue des champions. Personne n'a oublié sa sortie tonitruante après la défaite de ses poulains face au Real en huitième de finale aller de C1 en février dernier (3-1) : « Les garçons ont manqué de cazzimma (ndlr, couilles en napolitain) , le seul qui a montré qu'il en avait, c'était Insigne, qui a marqué un but... Les autres n'ont pas existé, ils ont été comme paralysés face à ce monstre sacré qu'est le Real. »

Une roue de secours au mercato ?

Pas de pot pour Sarri et le Napoli, Arkadiusz Milik, le remplaçant attitré du feu follet belge, s'est explosé les ligaments croisés fin septembre. Bilan : quatre mois d'absence. Et un paquet de sueurs froides pour l'entraîneur azzurro, qui n'a plus qu'à prier tous les saints napolitains pour que Mertens tienne coûte que coûte le coup physiquement. Au moins jusqu'au mercato d'hiver, où Aurelio de Laurentiis pourra éventuellement dégainer son portefeuille pour offrir aux Partenopei un attaquant de pointe qui pourra faire office de remplaçant. En attendant, le Napoli va devoir prouver qu'il a les épaules pour maintenir la cadence. Notamment en jouant une partition irréprochable dès ce mardi soir, en rivalisant physiquement comme techniquement avec le Manchester City de Pep Guardiola.

Par Adrien Candau
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