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Le jour où Basile Boli et Chris Waddle ont enregistré un disque

En 1991, deux ans après Je te survivrai de Jean-Pierre François, le duo Basile Boli et Chris Waddle accouche de l’improbable We’ve got a feeling. Un bide devenu culte.

Modififié
Article paru initialement dans le numéro 120 de SO FOOT.

« Un single chanté par deux footballeurs ? Ça ne me dit rien du tout... » Chez Amplitude, la maison d’édition qui le commercialise, We’ve got a feeling n’a pas laissé un souvenir impérissable. Pourtant, l’entreprise, basée dans le Val-d’Oise, détient bien les droits de la mignardise enregistrée par Chris Waddle et Basile Boli au printemps 1991, depuis le rachat du catalogue du compositeur Mat Camison. « Channel 4 l’a diffusée en 2002. La chanson servait de générique à l’émission Top 10 Football songs, informe Jean Claudel, le directeur. C’est la seule fois où l’on a été sollicité pour ce titre. » Quelque part entre la dance, le rap et la variété à la française, We’ve got a feeling est un ovni musical typique des années 1990, avec Waddle et Boli qui balancent des paroles vides de sens sur fond de sonorités africaines. Les deux anciens Marseillais forcent même leurs accents respectifs : l’anglais pour Chris Waddle, mais surtout le français avec l’accent africain, cher à Michel Leeb, pour Basile Boli. Question d’authenticité, sans doute...

Blind tests et virées nocturnes


Derrière cette pépite musicale se cache donc Mat Camison. Le destin de l’auteur de tubes tels que Pop corn festival ou La vie sans amour c’est pas une vie croise celui de Basile Boli à Auxerre. À l’époque, Guy Roux règne sur la Bourgogne et l’hymne à la gloire de l’AJA, composé par Camison, résonne sur l’Abbé-Deschamps. « J’avais mes entrées dans les vestiaires et c’est comme ça que Basile est devenu un copain » , explique le musicien. Passé à l’OM en 1991, Basile devient une star. Au sein du club de Bernard Tapie, Boli se rapproche vite de Chris Waddle, arrivé un an avant lui sur la Canebière : « Avec Chris, on faisait tout le temps des blind tests dans le car. Il fallait donner le nom de l’artiste, l’année et savoir chanter le refrain. » Les deux compères s’organisent également des virées nocturnes dans Marseille, lors desquelles ils font chauffer l’autoradio : « On n’avait pas le droit d’aller en boîte. Du coup, avec Chris, on se faisait des tours de bagnole en écoutant des chansons et en chantant par-dessus » , s’enthousiasme Boli. Puis, l’idée d’une expérience musicale jaillit : « Un soir, Chris se pointe avec un disque qu’il avait fait avec Glenn Hoddle. C’est là qu’on s’est dit qu’il fallait qu’on chante tous les deux. » En effet : en 1987, Chris Waddle enregistre Diamond Lights, avec son compère de Tottenham. « Avec Hoddle, on formait un beau duo : il faisait tous les ahhh, et moi je faisais les oohh » , résume Waddle. Le single atteint la douzième place des charts britanniques et leur vaut de se produire en direct sur le plateau de Top of the Pops.

Kassav, Big Ben et les girafes


Basile Boli contacte alors son ami Camison : « Il m’a appelé en me disant : "Mat, je veux chanter." Quand je l’ai recontacté pour lui montrer ma maquette, il était à Clairefontaine avec les Bleus. Je l’ai rejoint pour lui faire écouter. Ça lui a plu, et c’est là qu’il m’a dit qu’il voulait chanter avec Waddle. » Camison hésite sur le style musical à donner au duo : « Vu que je ne savais pas s’ils savaient chanter, j’ai pensé à un rap pour que ce soit plus simple. J’ai tout écrit en français, puis j’ai contacté Pamela Forest, avec qui j’avais fait tous les titres anglais de Sheila, pour qu’elle me traduise les textes de Chris. » Pour accompagner le duo, Camison fait appel au trompettiste Freddy Hovsepian et au tromboniste Hamid Belhocine, deux musiciens du groupe Kassav. L’enregistrement de We’ve got a feeling est torché en un dimanche après-midi dans un studio d’Aix-en-Provence : « Quand ils sont arrivés, ils ne connaissaient pas les paroles. J’ai dû tout leur expliquer » , avoue Camison. « Mat a dû nous reprendre plusieurs fois parce que ça partait en couilles, raconte Boli. On avait bu trop de bières, on chantait n’importe quoi. On voulait même rajouter des voix des Beatles... » Une semaine plus tard, les artistes tournent le clip, sur fond bleu. Pour l’occasion, Boli a enfilé une chemise horrible, et Waddle un costume de banquier de la City. Les zèbres, les girafes, Big Ben et les autres fruits exotiques sont incrustés plus tard, en post-production. Pour un résultat déconseillé aux personnes épileptiques.



« Une belle purge »


Le single débarque dans les bacs en mai 1991, une semaine avant la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions que Marseille dispute face à l’Étoile rouge de Belgrade, à Bari. Un coup marketing que Bernard Tapie encaisse mal : « Il s’était énervé dans L’Équipe en disant que c’était scandaleux. Il était furieux, car il ne savait pas du tout que l’on était en train de faire un disque » , se souvient Camison. Plus embêtant, la chanson ne fait pas vraiment l’unanimité dans le vestiaire de l’OM. « À l’époque, dès qu’il y en avait un qui sortait des clous, il se faisait défoncer, donc ils ont ramassé, avoue Éric Di Meco. C’était une sorte de Saga Africa en plus commercial : une belle purge. Basile adore chanter, mais le problème c’est qu’il n’a pas l’oreille musicale. » Pourtant, le morceau fait le buzz. 100 000 exemplaires de We’ve got a feeling s’écoulent en une semaine. Hélas, la concurrence de La Zoubida de Lagaf’, conjuguée à la défaite en finale de la Coupe des champions, sonne la fin de l’aventure. « Honnêtement, s’ils gagnent la Coupe d'Europe cette année-là, on vendait un million de disques » , se désole Mat Camison. Qui peut néanmoins se consoler avec cette autre information, livrée par Chris Waddle : « La chanson a été numéro 1 en Albanie ! »


Par Arthur et Gaspart Manet Propos recueillis par AJ et GM, sauf ceux de Waddle issus de Four Four Two.