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Le football, une certaine idée de la France

La France est loin de l’Argentine, du Brésil ou même de l’Espagne, de l’Italie ou l’Angleterre. Chez nous, le football n’est pas un sujet de conversation universelle, mais le symptôme d’une illusion perdue : la grandeur.

Nos joies sont de l’ombre. En France, quand il est l’heure de se prendre dans les bras, de célébrer les victoires les plus exaltantes, toujours cette petite musique qui reprend. Titres mondiaux, double qualification en demi-finales de C1, modèle de formation ou même histoire du football, rien n’y fait. On a beau parler aussi de l’héritage des anciens Jules Rimet (inventeur de la FIFA et de la Coupe du monde), Gabriel Hanot et Jacques Ferran (créateur de la Coupe d’Europe, du Ballon d’or), de Batteux (créateur du football Champagne), d’Arribas (inventeur du jeu nantais), de Sinibaldi (exportateur de la défense en ligne) ou d'Herrera (théoricien du catenaccio), on n’aura jamais affaire en face qu’à des moues dubitatives. Tout cela, c’est du folklore pour experts en mal de spécialité, marmonnent-ils. L’important est ailleurs.


La preuve, quand on demande à l’illustre consultant marseillais de Radio Monte-Carlo, Éric Di Meco, s’il soutiendra le PSG en finale de C1, la réponse claque comme une porte dans la gueule : « Rien que le fait qu'on se pose la question prouve que la France n'est pas un pays de football. En Espagne, quand le Real est en finale de la Ligue des champions, ça grince des dents à Barcelone et personne ne s'en offusque. Si le PSG gagne, vous savez très bien qu'aucun supporter de Marseille ne se réjouira pour Paris. » C’est vrai ça, tant pis pour nous, on n’avait qu’à aller se coucher au lieu de déranger les adultes avec nos questions d’enfants. Trop petits pour comprendre. La France « n’est pas un pays de foot » . Point. Maintenant, un suppo et au lit.

Parler football pour habiter le monde


À vrai dire, il faut admettre que chez nous, quelque chose résiste toujours à l’admiration. On ne peut s’empêcher de constater que la France est loin de l’Argentine, du Brésil ou même de l’Espagne, de l’Italie ou l’Angleterre. Chez nous, le football n’est pas un sujet de conversation universelle. Il est plutôt la pierre de touche qui permet, au détour d’un dîner trop long ou d’une réunion beaucoup trop sérieuse, de reconnaître les siens. Ici, le football est un discours d’initiés tolérant occasionnellement (généralement au moment des Coupes des monde ou de quelques exploits isolés) des intrusions dans les conversations normales. Chez les autres – ceux qui gagnent les compétitions que nous avons inventées –, la conversation de football jouit d’un pouvoir aussi intégrateur que la météo, l’amour ou l’éducation des enfants. Il est un sujet de conversation sociale par excellence. La Juventus dans le Nord de l’Italie, le Real en Espagne ou le Barça en Catalogne ont ainsi permis d’intégrer des générations entières de travailleurs montés à la ville pour une vie meilleure. Parler football dans ces métropoles, c’est rendre habitable la grande ville inhospitalière.

Très très français


Mais alors pourquoi ces critiques nous touchent-elles autant ? Et pourquoi se répètent-elles avec la même insistance quel que soit le trophée en jeu ? Peut-être parce qu’elles disent quelque chose du rapport ambigu qu’entretient la France avec le premier de tous les sports. Il faut dire qu’un pays capable de s’enthousiasmer une fois par an pour une distribution de prix littéraire (le Goncourt), qui consacre depuis que la télévision existe une soirée hebdomadaire à recevoir des écrivains (aujourd’hui La Grande Librairie), qui célèbre la dissertation de philosophie du bac chaque année comme une exception française (seule épreuve qui échappe aux innombrables réformes des programmes), un tel pays ne peut regarder l’universalisme footballistique au mieux que comme une résurgence pittoresque de la conscience paysanne française, au pire comme un dangereux obscurantisme à combattre. En réalité, ce qui pose problème dans ce que dit Di Méco, c’est qu’en regrettant toujours de n’être pas un « pays de football » , on passe à côté de l’essentiel : la spécificité du rapport français au football.


« Je vous ai compris »


Dont acte. La France a beau avoir inventé, puis gagné tous les trophées du monde, s’être hissée dans le top 3 des nations depuis vingt ans, devenue en football le Brésil de l’Europe, rien n’y fait. Une délicate mélancolie y croît patiemment comme la vigne millénaire sur les coteaux de la Garonne. Elle tient au statut éminemment ambigu qu’a confié le pouvoir politique gaulliste au sport de haut niveau depuis la fin des guerres coloniales. Mise au ban de l’ONU par ses partenaires et coupable de crimes indéfendables, la France de la IVe République, mais surtout celle de De Gaulle (rappelé au pouvoir le 1er juin 1958, c'est-à-dire une semaine avant le début de la Coupe du monde en Suède) va trouver dans le sport une manière de faire oublier les ombres coloniales et d’entretenir une folle illusion en forme de politique : la grandeur.


Les Directions techniques nationales, les centres de formation, les structures institutionnelles auront le même objectif que les centrales nucléaires, les autoroutes ou les grands discours émancipateurs : faire briller la France sur le terrain de l’imaginaire tout en faisant oublier les errances bien réelles des décennies précédentes. Tout ce qu’il se passera dès lors dans le sport (et dans le football en particulier parce qu’il attire toutes les attentions du monde) sera toujours beaucoup plus sérieux, beaucoup plus grave ici que nulle part ailleurs. Les Français le savent au moins depuis De Gaulle : on ne plaisante pas avec les rêves d’enfant.

Par Thibaud Leplat
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