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« Le crampon made in France, c'est un peu Sophie la girafe »

Milémil, c'est la marque imaginée par Isabelle et Christophe, il y a un an et demi. Leur but ? Faire revivre l'industrie de la chaussure de foot en France, en relançant la paire de crampons made in France. Entre toucher de balle et sauvegarde d'emplois, rencontre avec Isabelle Dhume et Christophe Pinet, à la tête du projet.

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Quand vous est venue l’idée de faire des crampons ?
Isabelle : L’idée est venue d’une rencontre, en janvier 2013, entre moi, qui suis ingénieur de formation, et mon associé Christophe. J’ai pendant longtemps fait des chaussures de sport et de luxe, et je cherchais à créer une entreprise. Christophe, mon associé, est un passionné de foot. Lui en avait marre de jouer avec des chaussures qui viennent du bout du monde, qui coûtent extrêmement cher pour une qualité pas forcément au rendez-vous. Lui, à 15 ans, collectionnait les chaussures de foot des années 70. Et moi, à 15 ans, je bricolais des chaussures dans mon garage.
Christophe : C'est ça. En fait, je devais acheter une nouvelle paire de crampons. J’ai essayé de trouver des chaussures made in France, mais cela n’existait nulle part. Puis j’ai posé la question sur un forum et on m’a expliqué que cela avait disparu il’y a 30 ans, que toutes les usines françaises avaient fermées. Et Isabelle m’a proposé de lancer le truc.

Pourquoi faire du « made in France » ?
Christophe : J'ai toujours regretté qu’on ne fabrique pas des objets de tous les jours en France, c’est mon côté patriotique. Maintenant, je regarde toutes les étiquettes. Pour revenir aux crampons, ce qui m'énerve, c’est qu’il y avait des usines il y a 30 ans, mais tout a fermé. Adidas, le Coq Sportif, Rivat, tout a fermé. Le Foot, c’est le sport numéro 1 en France, il y a des milliers de passionnés, donc je voulais me lancer. Mes premières chaussures étaient faites en Allemagne, mais les Predator Accelerator étaient fabriquées en Chine ou en Indonésie. Et a 17 ans, j’avais écris à Adidas France en leur posant la question, ils ne m’ont jamais répondus !
Isabelle : Et puis le « made in France » devient très tendance, surtout dans le textile. Il y a le slip français, le béret français, le cartable français... Toutes les marques utilisent l’adjectif « français » dans leur nom. Nous, on voulait être plus subtils. C’est pas le tout de dire qu’un produit est « fabriqué en France. » Il faut que cela soit un gage de qualité. Et puis c’est une question de valeurs. Toutes les grandes marques communiquent autour du thème du combat, de la guerre, de la puissance. Nous, on voulait faire un truc plus « sport - copains. » Alors peut-être que cela fait très amateur, mais c’est notre idée.

De l’idée à la mise en pratique, cela se passe comment ?
Isabelle : On a tout mis au point de A à Z. J’ai commencé à dessiner sur la table de la cuisine. On a imaginé le volume chaussant, la semelle, les crampons ronds, traditionnels. Bien sûr, je suis allé voir des professionnels, des podologues, parce que la chaussure de foot, c’est un truc technique, on n’est pas dans l'artisanat. J’aurais pu en bricoler moi-même mais t’as pas envie que les gens se blessent avec. On achète les matériaux nous-mêmes. Après, on fait juste de la sous-traitance de main-d'œuvre, on fabrique dans un atelier à Romans.

C’est quoi votre idée d’une belle paire de crampons ?
Christophe : Pour moi, une belle paire de crampons, c’est la Predator. Quand j’ai eu 17 ans, j’ai acheté une paire de Predator Accelerator blanches, comme Del Piero. Là, c’était la folie, le Saint-Graal, je les avais payées 1000 francs, j’étais comme un malade ! Et je me suis pris de passion pour la chaussure. Et tous les ans j’ai racheté une paire, mais que des Predators ! Je dois en avoir 60 paires ! La seule exception, c’est la Copa, j’ai la moulée, la vissée et la « stabi » . Mais sinon, que des Predators, toutes les couleurs, tous les modèles. Nous, visuellement, on voulait un truc qui se rapprochait de la Pantofola d’Oro, avec un beau cuir. Mais j’en ai racheté une paire récemment, c’était catastrophique. Au bout de deux entraînements, elles ne ressemblaient plus à rien !
Isabelle : Nous, on est revenus aux fondamentaux de la chaussure. C’est du cuir, et du coton. Point. Du coup, le toucher de balle est hyper souple, plus sensible. Après cela demande un peu plus de soin. Il faut prendre un peu de temps, les cirer, mais ça fait partie du truc. On veut quelque chose de cohérent par rapport à nous. C’est pour ça que la chaussure ne plaît pas forcément aux jeunes de 15 ans. On voulait pas d’une chaussure bling-bling. Cela veut pas dire qu’il ne faut pas faire de couleur. Le cuir, c’est une matière noble, donc même si la couleur est vive, cela reste une belle chaussure. La règle, c’est que la chaussure soit unie. Sauf pour la Coupe du monde, on va peut-être faire une version Bleu-Blanc-Rouge.

Concrètement, ça coûte combien de faire fabriquer une paire en France en comparaison avec ce que font les autres marques ?
Isabelle : Pff... Je sais même pas combien ça leur coûte en Asie. C’est sûr que ça coûte plus cher de produire en France, mais on reste dans les prix du marché, 160€ la paire. La Copa d’Adidas, elle doit être à 140 €. On a tenu à rester dans les prix du marché. C’est pour ça aussi que le made in France redevient tendance. Le web te permet de supprimer les intermédiaires, et rendre ton projet faisable. Normalement, tu as ton produit, tu le vends le double à ton distributeur, qui le vendra ensuite le double. En gros, avec des distributeurs, nos chaussures seraient vendues 300€.
Christophe : On a fait une étude sur toutes les marques haut de gamme, et on a établi que la chaussure devait coûter au maximum 159 euros, pour que les gens puissent adhérer. C’est un produit haut de gamme en cuir. Aujourd'hui une paire coûte vite entre 200 et 220 euros. J’ai même vu que la Magista de Nike allait coûter 270 euros.

Vous avez déjà eu des retours de joueurs pro ?

Isabelle : Tous les clubs et les joueurs professionnels ont des contrats avec de grandes marques. Dans tous les cas, on ne sera jamais dans ces moyens financiers-là. Ceux qui adorent nos crampons, c’est souvent les trentenaires et les quadra. C’est leur girafe Sophie, cela leur rappelle les crampons de leur enfance. Je suis allé à Valence, voir les joueurs de CFA, ils étaient intéressés, mais cela ne leur provoque aucune émotion. Après je ne te cache pas que les 15-16 ans pensent que c’est le dinosaure du crampon. En dessous de 25 ans, cela leur parle beaucoup moins. Je ne pense pas que cela intéressera les joueurs pros les plus jeunes, mais ce serait génial d’avoir le retour d’un joueur pro, rien que pour nous améliorer.
Christophe : Si on fait des chaussures fabriquées en France et qu'on a la chance qu’un joueur, un jour, foule les pelouses de Ligue 1 avec ma chaussure, ce sera la consécration.

Le but, c’est de sauvegarder des emplois ?
Isabelle : Comme on est au lancement du projet, ce serait prétentieux de dire qu’on a déjà sauvegardé des emplois. Mais on contribue à une dynamique. C’est une dynamique positive, une spirale vertueuse qui est enclenchée. Le made in France, c’est important pour le maintien de l’emploi, et puis le maintien du savoir-faire. Il y a un musée de la chaussure ici (à Romans, ndlr), mais ce serait dommage de n’avoir plus que ça pour témoigner de ce savoir-faire. Il y avait une marque de chaussures de foot à Romans jusque dans les années 80. Les chaussures s’appelaient Rivat. Mais les années 80 ont été un peu difficiles pour la fabrication française. Mais nos ouvriers y ont travaillé. Donc on a retrouvé un savoir-faire qui était presque en train de se perdre.

Propos recueillis par Paul Piquard

Pour en savoir plus sur les chaussures Milémil, rendez-vous sur le Facebook et le site internet de la marque.

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