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Le Conseil national des supporters de football est né

Trois associations de supporters (À la Nantaise, Culs Rouges de Rouen et Socios Nancy), qui prônent une implication des fans dans la gouvernance du football et défendent notamment le principe de l’actionnariat populaire, ont lancé jeudi dernier au Sénat le Conseil national des supporters de football. Le but ? Dialoguer et faire comprendre que le supporter n'est pas qu'un potentiel consommateur.

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« Parlons-nous. » C’est par ces mots que se sont terminées, jeudi 17 avril dernier au Sénat, les Assises du supportérisme en France. Ce colloque, qui regroupait de nombreux acteurs du football français et européen (FFF, UEFA, supporters, universitaires, juristes, journalistes…), a vu le jour sous l’impulsion de l’association À la Nantaise, soutenue par Supporters Direct (structure européenne fondée en Angleterre), et sur invitation du sénateur vert (politiquement) de Loire-Atlantique Ronan Dantec.

Placée sous le haut patronage du ministère des Sports, cette rencontre a cherché à dépasser le dialogue de sourds qui prévaut actuellement entre supporters de football d’un côté, et instances sportives et pouvoirs publics de l’autre. Pour leurs initiateurs, ces assises marquent le début d’une réflexion générale autour de la place des supporters dans le football moderne. « Pour une première, on est plutôt satisfaits, se réjouit Florian Le Teuff, l’un des membres fondateurs d’À la nantaise dont il est le président. Les discussions lors des tables rondes nous ont paru solides. On a su rassembler des gens de compétences différentes venant de tous horizons, des interlocuteurs sérieux et crédibles. Ça a permis d’élever le débat par rapport à la question du supportérisme qui est souvent traitée de manière superficielle. On a montré que c’est en réalité un sujet de fond. »

Les amalgames simplistes, qui voudraient que les supporters de football ne soient que des éléments violents à canaliser à tout prix et dont l’avis ne compte pas ou peu, ont été mis à mal. Les différents intervenants ont tenu à (re)mettre les associations de supporters au centre de l’échiquier, précisant les rôles positifs qu’elles peuvent jouer et rappelant qu’il n’y aurait pas de football professionnel sans supporters.

Des assises pour lancer un conseil des supporters

Au-delà d’un moment de débats, ces Assises du supportérisme (dont l’avocat Pierre Barthélémy a également rendu compte sur le site des Cahiers du football) ont été l’occasion d’annoncer la création du Conseil national des supporters de football (CNSF), sous l’impulsion d’À la Nantaise, mais aussi de la Fédération des Culs Rouges de Rouen et des Socios de Nancy. Cette volonté est née d’un constat simple, comme l’explique Florian Le Teuff : « Aujourd’hui, la voix des supporters n’est jamais entendue. D’une part, parce que les instances sont tout à fait hostiles au fait de donner la parole aux supporters. D’autre part, parce qu’il n’existe pas d’organisation représentative. » L’idée de créer un conseil national représentatif des supporters de football en France fait également suite aux recommandations exposées dans le dernier rapport Glavany sur le football durable. « Nous répondons simplement à une demande des pouvoirs publics de voir les supporters s’organiser à l’échelle nationale » , rappelle Florian.

En effet, pour justifier l’absence actuelle de dialogue, les autorités publiques et les instances du foot français soulignent que les supporters manquent d’interlocuteurs sérieux et d’organisation collective, comme l’a rappelé Cédric Dufoix de l’OM, seul dirigeant de club présent à ces assises. En se structurant et en s’élargissant, le CNSF va tenter de faire en sorte que cette excuse n’ait plus lieu d’être. « Tout le monde n’a cessé de réclamer un organisme représentatif. Maintenant il existe ! Après, le but n’est pas de faire les choses dans la précipitation, on veut prendre le temps de bâtir une structure solide qui se base sur des organisations qui sont vraiment représentatives. On va prendre le temps d’avoir des interlocuteurs de qualité, on va aller à la rencontre des gens » , précise le président d’À la Nantaise. Restent donc à définir les modes de fonctionnement et les objectifs de ce conseil, qui n’ont été qu’esquissés lors de la rencontre du Sénat.

La Moldavie, l’Azerbaïdjan et… la France !

Pour So Foot, Florian Le Teuff livre les principaux contours de ce CNSF. Tout d’abord, ce conseil sera constitué de supporters de football au sens large du terme. Le but est « d’intégrer des organisations qui sont représentatives de l’ensemble des supporters et qui ne sont pas simplement dédiées à l’animation des tribunes, à l’encouragement du club, mais plutôt à l’amélioration des relations entre les supporters et le club, au nom des principes de bonne gouvernance. Avec les groupes ultras, on se rejoint sur l’idée de défense d’un football populaire. Mais le fil conducteur de notre mouvement, c’est la définition d’une meilleure gouvernance du football. Il faudra donc un engagement des associations qui voudront nous rejoindre sur ces mêmes principes. » Chaque association souhaitant intégrer le CNSF devra présenter des gages de sérieux. « Il s’agira simplement de vérifier les statuts de l’association (pour s’assurer que c’est une organisation démocratique), les comptes (pour vérifier sa transparence) et le rapport d’activités (pour confirmer qu’elle est effectivement active) » , précise Florian.

De tels interlocuteurs existent-ils déjà au sein des associations de supporters en France ? « C’est ça le problème, répond le Nantais. Pour l’instant, ceux qui sont déjà structurés sur ces principes-là, c’est Nantes, Nancy et Rouen. D’autres commencent à entrer dans cette dynamique : le Mouvement Azur et Or de Toulon nous a rejoints et plusieurs groupes (de Metz, Paris, Lille, Martigues ou Montpellier) nous ont sollicités pour avoir des informations complémentaires. On part presque de rien. Les Assises étaient un appel aux supporters de France à s’organiser de manière démocratique pour qu’il y ait autour de chaque club des organismes représentatifs qui souhaitent se consacrer à l’amélioration des relations club-supporters, afin d’associer ceux-ci à la gestion des clubs, à l’image de ce qui se passe partout en Europe. » Comme plusieurs intervenants l’ont rappelé à la tribune du Sénat, les initiatives similaires qui ont réussi dans d’autres pays européens sont toutes parties de quelques pionniers, avant de faire boule de neige.

Le CNSF se donne ainsi pour objectif principal « la défense d’un football populaire qui reconnaît les supporters comme étant des acteurs essentiels. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de football sans supporters et il faut en finir avec l’entre soi qui règne dans le football français, qui fait partie des plus conservateurs et des plus verrouillés d’Europe. » Pour étayer ces propos, William Gaillard (conseiller du président de l’UEFA, Michel Platini) a rappelé au Sénat que sur les 54 pays reconnus par l’institution européenne de football, seuls trois n’ont pas suivi les recommandations de l’UEFA prônant la création d’un « officier de liaison » , censé faire le lien entre les supporters et la direction d’un club : la Moldavie, l’Azerbaïdjan et… la France ! S’il reste un gros travail à faire du côté des instances pour soutenir et intégrer les supporters (ce qu’a concédé Bernard Desumer, vice-président de la FFF, jeudi dernier), ceux-ci ont également du pain sur la planche pour réfléchir à leurs objectifs et, peut-être, se réinventer.

D’ailleurs, à côté des groupes de supporters, le CNSF souhaite également se « donner une crédibilité, par le biais de personnalités qualifiées. C’est ce que l’on appelle le comité d’orientation, qui sera composé de parlementaires, de personnalités des médias, de juristes, d’avocats, d’universitaires… On a besoin en France de démontrer qu’un supporter n’est pas quelqu’un dépourvu d’esprit critique et de réflexion. Ces personnes-là devraient nous apporter cette légitimité » , poursuit Florian Le Teuff.

En finir avec les supporters « vaches à lait »


Au-delà de ce principe de bonne gouvernance des clubs de football, le CNSF se fait fort de promouvoir le développement en France de ce qu’il appelle l’actionnariat populaire. Cette idée n’est pas nouvelle en Europe, où elle est particulièrement portée par Supporters Direct, mais les projets français sont très récents. Le but est que les supporters, par leur participation financière, aient voix au chapitre et puissent détenir un certain pouvoir décisionnel au sein de leur club. En effet, ces supporters se considèrent comme l’âme du club et regrettent d’être trop souvent perçus par les clubs et les instances comme de simples consommateurs (Florian Le Teuff a même parlé de « vaches à lait » au Sénat).

« En filigrane, il y a effectivement ce projet de monter des actionnariats populaires, d’appeler les supporters de France à s’organiser pour revendiquer le droit de prendre des participations dans le capital de leur club et d’être intégrés dans les organes de décision. Également, tôt ou tard, il faudra poser la question de la représentation des supporters dans les instances du football français. Elles (la FFF et la LFP, ndlr) intègrent en leur sein tous les acteurs du football (représentants de joueurs, des arbitres, des médecins, des administratifs…), sauf les supporters, des acteurs sans qui le football professionnel n’existerait pas » , regrette le président d’À la Nantaise. Le modèle du CNSF ? L’Allemagne. « Là-bas, la règle du 50 + 1 (50% des parts plus une doivent être détenues par des associations sportives à but non lucratif, ndlr) évite justement que des investisseurs s’emparent des clubs pour en faire leur jouet. Au nom d’une gestion responsable et durable du football en Allemagne, les supporters sont considérés comme des acteurs incontournables » , souligne Florian Le Teuff.

Fort de son expérience avec son club de Portsmouth, Colin Farmery est venu au Sénat encourager ce type de démarche. Après une rétrogradation en quatrième division anglaise à la suite de trois dépôts de bilan, conséquences des erreurs de gestion des dirigeants successifs, le Portsmouth Football Club fut sauvé de la faillite par… ses supporters. Au terme d’un appel à participation, pas moins de 2 500 supporters ont chacun acheté une action à 1 000 livres. Aujourd’hui, le club est de nouveau sur pied et l’équipe évolue chaque semaine dans un stade comble. Cet exemple parmi d’autres prouve que ce mode de gouvernance n’est pas une chimère.

Reste que les clubs ne sont pas tenus d’ouvrir le capital à des associations de supporters. D’ailleurs À la nantaise n’a pour l’instant aucun dialogue avec l’actuelle direction du FCN. De l’aveu même de ses dirigeants, l’association « prépare l’avenir » , tandis que les Culs Rouges de Rouen, par l’intermédiaire de leur porte-parole Mathieu Gudefin, se disent n’être pour le moment « qu’un caillou dans la chaussure des dirigeants » . Pour Afif Mshangama, avocat en droit du sport et co-fondateur du CNSF, « seule l’incitation politique permettra de favoriser le développement de l’actionnariat populaire. »

Il aura sans doute l’occasion de refaire passer son message puisque le CNSF entend désormais multiplier les rendez-vous avec le ministère de la Jeunesse et des Sports et les instances du football français. Chez les créateurs d’À la nantaise, l’optimisme est de rigueur : « On sait que nos rangs vont grossir. Il y a un certain consensus autour de l’idée. Les supporters de France, toutes tendances confondues ont aujourd’hui la conviction qu’il faut une coordination, sinon c’est la mort du football populaire. » « Que veulent les supporters ?, se demandait-on pour clore les débats au Sénat. Ils lancent un SOS, ils veulent dialoguer. Alors, parlons-nous. »

Par Aymeric Le Gall, avec Quentin Blandin
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