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Le club qui voulait faire craquer ses joueurs

En 2009, le FC Carl Zeiss Iéna astreint six de ses joueurs à un atroce programme d’entraînement. L’idée : les démoraliser et provoquer la rupture de leur contrat pour réaliser des économies. Parmi eux, le Savoyard Hervé Bochud.

C’est dans la bucolique vallée de la Saale, en Thuringe, que les gens disent entendre battre le cœur vert de l’Allemagne. Ce soir de juillet 2009 pourtant, des vapeurs usinières s’échappent des bureaux du FC Carl Zeiss, club phare de la ville d’Iéna, ancienne contrée communiste encore flanquée du cachet « RDA » . « On te donne 20% et tu vas faire ta vie ailleurs » , lance Thomas Vogel, chef sportif de l’enseigne, à son arrière central. « Je veux 100 » , rétorque le joueur, Hervé Bochud. Le président, Peter Schreiber, s’en mêle : « À cause de toi, on est allés jusqu’au tribunal. On va te verser 50% de ce qu’on te doit et tu vas dégager ! » « 80 » « 75 » Le silence prend de la hauteur, puis s’écrase : « 75, OK. » Les poignées de main s’échangent, alors que les regards s’assassinent. Ils ne se recroiseront plus jamais.

Une démission au mégaphone


Hervé Bochud se souvient dans les moindres détails de ce grossier arrangement façon « Guy Ritchie » . Au point de conserver quelques répliques dans un porte-documents. « J’avais reconstitué tous les dialogues de la scène, au cas où il y aurait des suites » , explique-t-il. Pour ce Chambérien formé à l’AJA et aujourd’hui retraité du foot pro, ces enchères représentent le point de chute d’une sacrée envolée. Le prologue remonte à l’été 2008, quand il débarque au Carl Zeiss, avec un contrat pour deux ans, en provenance de Suisse. « Iéna venait de jouer une demi-finale de coupe contre Dortmund, donc les caisses semblaient pleines. Le club visait la montée en 2. Bundesliga. » Mais l’aventure s’articule autour d’un contexte particulier. Trois fois champion de RDA avant de sombrer dans l’insignifiance dès la réunification, le club s’agrippe à une gloire qui sent bon la rouille. « La frustration est palpable à Iéna. Un soir, après une piteuse défaite contre Stuttgart II, les supporters nous ont littéralement pris d’assaut. Pour les calmer, notre capitaine a dû annoncer la démission de l’entraîneur par la fenêtre du vestiaire où l’on s’était réfugiés, avec un mégaphone, narre Hervé. En fait, on a vécu l’archétype de la saison galère : menaces de mort proférées par les ultras, lutte contre la relégation, quatre changements d’entraîneur... » Dans cette bulle de tendresse, Iéna se sauve lors de l’ultime journée. Mais l’exercice a laissé d’affreuses traces dans le livre des comptes.

« Le directeur sportif nous a distribué un programme d’entraînement à la Full Metal Jacket. Trois séances par jour, trois semaines durant... » Hervé Bochud, ancien membre du loft hardcore du FC Carl Zeiss
C’est là, à l’été 2009, qu’entre en jeu Thomas Vogel, directeur sportif cow-boy. « À sa première conférence de presse, il a parlé de rationalisation. Quelques jours plus tard, il a convoqué six joueurs pour leur signaler qu’ils allaient être exclus de l’effectif. J’en faisais partie » , assène Hervé. Le lendemain, Bild publie une photo des six Aussenseiter, les exclus, s’époumonant sur une piste en Tartan. « L’écartement a été prononcé juste avant la mise au vert, pour marquer la séparation » , crépite Hervé. Sous son nez, il voit le car s’en aller pour la campagne thuringeoise. « Ce n’était plus de nous qu’ils avaient besoin, mais de nos indemnités. Pour nous pousser vers la rupture de contrat et ainsi récupérer les montants investis, la stratégie du chef sportif était aussi terrible que primitive. Vogel nous a distribué un programme d’entraînement à la Full Metal Jacket. Trois séances par jour, avec différents préparateurs physiques, trois semaines durant » , témoigne-t-il. Sur le Trainingsplan qu’Hervé a précieusement conservé, on voit des plages de condition physique inscrites à 8, 10 et 16 heures. Tous les jours, sauf le dimanche. Amadeus Wallschläger, un autre des exclus, se rappelle : « Lors des séances matinales, on parcourait le fleuve en long et en large. C’était usant physiquement, mais surtout mentalement. » Rapidement, la plupart des moutons noirs craquent et snobent les insupportables sessions. Vogel se frotte les mains : par leur non-présence, ils servent à leur employeur un motif royal de licenciement. « Pour éviter les absences justifiables, les physios étaient dans l’interdiction de nous recevoir, et seuls les certificats distribués par le médecin du club étaient acceptés. Bien entendu, ce dernier était de mèche » , fulmine Amadeus.

Son profil Transfermarkt trafiqué


Si ses co-légionnaires sont tombés un à un, Hervé, lui, ruisselle de détermination. Il lui reste une année de contrat, il ne la soldera pas. L’arrière central ne fait pas seulement fi des courbatures en assistant à toutes les séances de l’infernal programme, il bat carrément ses préparateurs physiques à la course : « Chasser le chasseur, c’était la provocation ultime. » Naturellement, les escarmouches mènent à la guerre. « Vogel n’arrêtait pas de me répéter que j’allais avoir des problèmes, des gros problèmes, si je continuais. Il a même trafiqué mon profil sur le site Transfermarkt, où je figurais soudain dans l’effectif de la deuxième équipe » , s’indigne-t-il. Quand l’Ostthüringer Zeitung, journal régional, demande à Thomas Vogel si ses méthodes correspondent bien à celles d’un club professionnel, le dirigeant rétorque : « Parfaitement. Et nous allons continuer dans cette direction. Les temps sont durs, il est désormais révolu de payer des joueurs dans le vide. »



De son côté, Hervé a beau s’égosiller dans tous les médias du coin, sa situation n’évolue pas. Las, il attaque par voie légale : « J’ai pris un avocat, et on a reconstitué toutes les conversations litigieuses. Aussi, j’avais gardé les résultats des derniers tests physiques où j’avais terminé troisième. C’était parfait pour casser leur argument justifiant mon exclusion par un besoin de remise en forme. » Au tribunal du travail de la ville, le juge tranche un Vergleich, soit une égalité. « Le club n’a pas reçu d’amende, mais a eu l’obligation de me réintégrer immédiatement au groupe. Sinon, une grosse sanction financière l’attendait. Pour moi, cela sonnait comme une victoire. » Mais le soir même, Vogel et le président le convoquent. « Là, ils m’annoncent que le programme continue : rendez-vous le lendemain matin, 8 heures. » Aussitôt, il riposte : « J’ai adressé un courrier au tribunal sollicitant un nouveau procès, avec une copie pour le club. Là, leur approche a enfin changé. » S’ensuivent les pourparlers improvisés dans la touffeur des bureaux du club : « Accepter le salaire de ma dernière année de contrat aux trois quarts, c’était correct. De toute façon, je voulais déguerpir. » De retour en Suisse, Hervé tape encore un peu dans la balle avant de s’engager au sein de la section helvétique de la FIFPro, le syndicat des joueurs de football professionnels. Un profil tout désigné.

Article paru dans le SO FOOT 141.


Par Robin Fasel
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