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Le carnet tactique de Lille-Monaco

Depuis le début de saison, So Foot revient après chaque journée de Ligue 1 sur les points tactiques marquants du week-end écoulé. Après douze épisodes et après avoir mis en avant la très grande majorité des approches des différents vaisseaux de Ligue 1, petite évolution avec le récit tactique, chaque lundi, d’une unique rencontre ou de la prestation d'un joueur. Premier volet avec la guerre des équipes jumelles remportée dimanche, à l’heure du JT, par le LOSC face à l’AS Monaco (2-1).

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Peut-être est-ce à cause des images de Milan, de celles plus fraîches de la démolition de Lorient ou tout simplement de ce que l’on raconte depuis plusieurs semaines. Peut-être est-ce à cause de la récente deuxième mi-temps livrée face au PSG, des trente premières minutes jouées à Nice ou des leçons offertes contre Bordeaux et contre Nîmes. Oui, peut-être est-ce à cause de tout cela - sans aucun doute même - que dimanche, à l’heure du flan pâtissier, le LOSC et l’AS Monaco se regardent dans le blanc des yeux pendant de longues minutes. Il y a, en même temps, de quoi claquer des dents. Quelques chiffres à la volée : troisième de Ligue 1 avant l’explication dominicale, Lille affiche la troisième meilleure attaque du pays, est la deuxième équipe cadrant le plus ses tentatives du championnat et se balade en étant la deuxième équipe de Ligue 1 concédant le moins de tirs par rencontre. Monaco, de son côté, a aussi ses références : deuxième meilleure attaque de Ligue 1, deuxième équipe qui tire le plus par match, troisième équipe qui tient le plus le ballon, équipe qui concède le moins de tirs par match, troisième équipe qui tacle le plus... Reste que si l’on rêvait ce choc étourdissant, ses premières notes sont saccadées et lentes. On se teste, on se pique, on se renifle, mais on se touche à peine. Le LOSC laisse l’ASM venir pour mieux la balayer, mais s’amuse surtout à boucher l’intégralité des circuits de sa proie du jour. Christophe Galtier lâche ici son premier message du jour, sans doute le plus important : si sa meute de Dogues sait faire exploser les pétards, elle sait surtout quadriller le terrain comme peu d’équipes de Ligue 1 et emmener ses adversaires dans une guerre de petits trous.

Le triple vitrage du LOSC


C’est ce que raconte tout de suite un début de rencontre fermé à double tour, qui voit le bloc lillois faire l’essuie-glace face à un 4-4-2 monégasque plus prudent que contre Nîmes. Si Niko Kovač s’est félicité vendredi de voir son groupe faire « automatiquement » ce qu’il demande, le Croate ordonne cette fois à ses latéraux (Henrique et Aguilar) de ne sortir que sur la pointe des pieds. Problème : en face, le LOSC, via un pressing très ciblé, ferme toutes les portes et force ainsi l’ASM à tourner en rond.


Dimanche, le plan défensif du LOSC a été simple : Yılmaz et David ont eu pour rôle de limiter au maximum les échanges entre les centraux monégasques (Badiashile et Disasi) et leur double pivot (Fofana-Tchouaméni), là où Bamba et Ikoné se sont recentrés pour couper l’accès aux demi-espaces (et donc à Diop et Martins).

Défensivement, le LOSC agit alors comme un accordéon dont le fonctionnement est simple : lorsque le ballon est dans les pieds des joueurs axiaux, Ikoné et Bamba bouchent l’accès à Diop et Martins ; lorsqu'il est joué sur un côté, l’ensemble coulisse. Ainsi, le bloc s’élargit et se rétrécit au gré des échanges monégasques.


Alors que Badiashile décale vers Caio Henrique, Jonathan Ikoné va progressivement s’écarter...


... l’international français va ensuite contrer le centre du latéral monégasque.


Cette situation va se reproduire à plusieurs reprises en première période.


Côté gauche, Bamba a le même rôle.

Cette approche défensive simple a eu plusieurs conséquences directes. Une première : dimanche, Caio Henrique n’a réussi aucun centre (sur quatre tentés), et Ruben Aguilar n’a pas été beaucoup plus en réussite. Une seconde : elle a limité l’influence avec ballon des cerveaux monégasques (Tchouaméni et Fofana), qui n’ont pu tenter qu’une vingtaine de passes à eux deux dans le camp lillois en première période. Une troisième : l’AS Monaco n’a jamais vraiment inquiété Mike Maignan avant la 90e minute, Sofiane Diop chatouillant à peine le gardien lillois au quart d’heure de jeu et Ben Yedder ne trouvant qu’un micro-espace pour armer à dix minutes de la pause. Et une quatrième : puisque André et Soumaré se sont principalement chargés d’étouffer le duo Fofana-Tchouaméni, il existait une zone d’expression pour Volland, qui a d’abord évolué un cran en dessous de Ben Yedder avant de passer en pointe après la sortie de l’international français. Malheureusement, l’Allemand, en vrac techniquement (treize ballons perdus, 69% de passes réussies, aucun dribble passé), n’a été touché que 18 fois en première période, notamment au cœur de la meilleure sortie de balle monégasque (à la troisième minute, qui a débouché sur un centre contré de Henrique), et seulement deux fois dans le dernier tiers adverse.


Alors que l’ASM a réussi à s’extirper du pressing lillois grâce notamment à une passe trop rare de Disasi vers Diop, Volland est trouvé dans le cœur du jeu...


... sa remise en une touche va permettre à Fofana de se projeter rapidement avec Martins et Henrique.


Souvent seul entre les lignes, Volland n’a été que trop peu touché. Comme ici...


... ou ici.

Au parfait quadrillage lillois, il faut ajouter l’excellente gestion de la profondeur de la paire Botman-Fonte, qui a encore tout repoussé (20 ballons récupérés à eux deux, 17 interceptions, 12 dégagements), les copies musclées rendues par Tiago Djaló et Reinildo, les nombreuses chasses réussies de Benjamin André (3 ballons récupérés dans le camp adverse, 3 interceptions) et les bonnes couvertures de Soumaré.

Mauvaise occupation de l’espace


Porté par son triple vitrage efficace, c’est dans l’autre étape de son plan que le LOSC a pêché : les assauts. Plusieurs explications peuvent ici être amenées sur la table, à commencer par l’absence de Çelik, Djaló n’étant pas un latéral capable d’apporter assez offensivement, mais le principal problème lillois a surtout été la mauvaise occupation de l’espace en phase offensive : peu de jeu intérieur, peu de mouvements, des mauvais choix dans certains appels... Résultat aux citrons : une petite frappe cadrée (signée Bamba), deux autres hors du cadre, sinon rien. Voilà pourquoi.


Première séquence : à la 3e minute, Ikoné intercepte un ballon et peut trouver Jonathan David dans le dos de Tchouaméni...


... David vient alors piquer au centre en profitant de l’appel de Yılmaz, mais Bamba ne va jamais plonger...


... David va alors forcer sa passe, qui va être interceptée par Aguilar.


Deuxième séquence : alors que Bamba a le ballon côté gauche, Yılmaz vient se coller à Aguilar, laissant un gros trou à l’intérieur et cassant la possibilité d’un jeu intérieur.


Troisième séquence, alors que le LOSC peut sortir à trois avec le décrochage de Benjamin André : à droite, Djaló est trop bas et ne permet pas la progression ; à gauche, Bamba doit rentrer à l’intérieur et ouvrir le couloir à Reinildo...


... Résultat, difficile pour Soumaré de faire progresser le ballon.


Quatrième séquence : décalage fait vers Djaló dont la passe vers David est ensuite mal ajustée.


Cinquième séquence : ici, David a le ballon, mais Yılmaz ne décroche pas et Ikoné ne sert pas à grand-chose dans sa position.


Nouvelle attaque du LOSC, même trou côté gauche : Bamba doit encore recentrer et Reinildo doit prendre le couloir dans son dos...


Là, c’est José Fonte qui ne saisit pas l’occasion de casser le bloc avec Yılmaz. Le Portugais va plutôt jouer latéralement avec Soumaré.


Enfin, sur ce contre, Soumaré fait l’appel dans le même sens que Bamba. Le jeu demande qu’il parte dans l’autre sens afin d’ouvrir l’axe à Jonathan David...

Face à Lorient, le LOSC avait impressionné par sa capacité à pétiller entre les lignes avec une animation en 3-2-4-1. Dimanche, son approche offensive a été plus difficilement lisible et beaucoup moins fluide, mais les Lillois ont réussi à se créer davantage d’opportunités que les Monégasques en trouvant les espaces que l’ASM n’a jamais su trouver. José Fonte en a été l’un des principaux responsables.


Dimanche, le capitaine du LOSC n’a pas hésité à prendre des risques dans ses transmissions comme ici avec Ikoné, trouvé entre les deux milieux de l’ASM et donc en position idéale pour allumer son moteur...


Toujours José Fonte, toujours pour Ikoné, trouvé dans l’interligne, là où l’ASM n’a que rarement réussi à trouver Diop et Martins.


Nouvel espace trouvé par José Fonte vers Jonathan David...


Le Portugais n’a pas non plus hésité à se projeter offensivement et a aidé le LOSC à (enfin) attaquer en nombre en fin de première période...


... au bout, Reinildo a pu trouver Bamba, dont la frappe n’a pas été cadrée.

Les balles tombées du ciel


Question au retour des vestiaires : comment faire basculer cette rencontre ? Niko Kovač n’attend pas pour apporter sa réponse : son AS Monaco va se découvrir, et le Croate va pousser ses latéraux un cran plus haut. Comme en première période, ses hommes vont alors avoir le ballon (70% du temps), mais vont désormais le plus souvent attaquer à six têtes comme sur le schéma suivant :



Cette approche exige une grande précision technique, car face à un adversaire comme le LOSC, chaque porte ouverte à une transition peut vous revenir dans les dents. C’est ainsi que l’ASM a fait exploser Nîmes et Bordeaux, mais dimanche, Monaco a eu du déchet au moment de faire basculer le ballon d’un côté à l’autre ou dans les centres. Les balles sont alors tombées entre les doigts des locaux, comme elles étaient tombées dans les mains de l’OL il y a quelques semaines...


Rapidement, le changement d’approche monégasque a ouvert des espaces...


À la 52e minute, après une mauvaise passe de Soumaré, Jonathan David va récupérer le ballon dans un duel avec Aguilar...


... le Canadien écarte ensuite vers Yılmaz, qui a un temps d’avance sur tout le monde sur son côté et peut trouver Ikoné lancé plein axe...


... la frappe d’Ikoné est contrée, David est à l’affût : 1-0 pour le LOSC.

Plutôt hors sujet avant ça, Jonathan David a alors inscrit son deuxième but en Ligue 1. Devant au score, le LOSC a ensuite fait le dos rond en profitant des quelques espaces donnés et, peu après l’heure de jeu, Burak Yılmaz, encore une fois brillant et précieux pour faire remonter le bloc, a construit le deuxième coup de couteau nordiste :


Alors que Fàbregas est au coup franc, on note que l’ASM implique neuf joueurs sur cette séquence offensive...


Quatre secondes plus tard, Yılmaz gagne un duel de la tête avec Martins...


Puis, alors qu’Ikoné a dégagé, on le retrouve au pressing aux abords du rond central !


Pressing payant puisque le ballon retombe sur Bamba, qui peut alors profiter de l’alignement défensif catastrophique de l’ASM et lancer Yazıcı et Yılmaz vers le but de Mannone...


Au bout, 2-0 pour le LOSC.

Cruel, ce deuxième but est venu punir une AS Monaco qui s’est volontairement mise sur un fil. Kovač : « Le match était plutôt équilibré, mais on paye deux erreurs commises au milieu de terrain, des fautes qu’on ne peut pas se permettre face à une bonne équipe du championnat. » Avant ça, le Croate avait fait bouger ses pions, faisant notamment entrer Fàbregas, qui a touché sa quarantaine de ballons et a permis à ses potes de trouver enfin quelques décalages dans les phases de construction. L’Espagnol a surtout sorti une passe décisive pour Pellegri, un poil trop tard...


En 30 minutes, Fàbregas a sorti quelques passes à la Fàbregas comme ici vers Diop...


... ou dans ce jeu à trois avec Martins et Fofana.


Là, il est dans sa position idéale et peut jouer avec Volland plein axe, avec Diop à sa droite ou lancer Pellegri dans le dos de Bradarić. Troisième option et 2-1.

Niko Kovač peut estimer que son AS Monaco méritait au moins un nul, la vérité est surtout que le but de Pellegri est arrivé sur la seule frappe cadrée monégasque de la deuxième période. Mike Maignan n’a jamais eu vraiment à trembler, au contraire de Mannone, qui a sorti une belle tentative de Weah en fin de match après une erreur d’appréciation de Ballo-Touré. Le technicien croate peut-il nourrir des regrets ? Sûrement, étant donné qu’il a vu son équipe avancer avec des ailes coupées dimanche et qu’il aurait peut-être pu dégainer plus rapidement Cesc Fàbregas alors que Ben Yedder a peiné à se mettre dans le rythme. Christophe Galtier, de son côté, tient son premier gros coup de la saison en Ligue 1 après avoir perdu des points à Marseille (1-1) et face à Lyon (1-1), et son LOSC peut doucement tourner la tête vers un autre col : la réception du PSG, le 20 décembre prochain, date où Lille devrait avoir récupéré Çelik et Renato Sanches. Date où les Lillois boucleront surtout une belle phase aller, dans le jeu comme dans la gestion C3-Ligue 1. C’est presque une certitude : cette équipe n’a aujourd’hui plus de petits trous.

Par Maxime Brigand